Dans une nouvelle émission de Lunel-Hebdo, animée par Gilles Bonnière Soto, TV Lunel recevait un invité aussi discret que passionné : Alex Conil, auteur et photographe. À travers son dernier ouvrage Couleur Seventies, mais aussi son parcours personnel, l’entretien a offert une plongée sensible dans la mémoire, les souvenirs et notre rapport au temps.

Alex Conil ne se présente pas comme un « écrivain » au sens traditionnel du terme. Il préfère le mot « auteur », avec une modestie assumée. Pourtant, depuis près de dix ans, il consacre une grande partie de ses matinées à écrire, souvent dès quatre heures du matin, à l’heure où beaucoup dorment encore.

Une passion tardive devenue rendez-vous quotidien

Avant d’écrire des romans, Alex Conil a longtemps pratiqué une autre forme d’écriture : discours institutionnels, rapports ou textes professionnels pendant près de quarante ans au service du monde du bâtiment. Une vie passée à manier les mots, avant de laisser davantage de place à l’imaginaire et à l’intime.

Aujourd’hui, l’écriture est devenue un rituel presque sacré. Chaque matin, il retrouve son ordinateur dans une forme de rendez-vous avec lui-même. Une discipline inspirée notamment d’une phrase de Jean Hugo qu’il affectionne : il faut « donner rendez-vous à l’inspiration ».

Folco, un personnage entre souvenirs et fiction

L’entretien est revenu sur son premier ouvrage, Folco, publié en 2019. Un récit inspiré de la Petite Camargue des années 60, vu à travers les yeux d’un enfant. Alex Conil parle d’un « passé recomposé » : un mélange de souvenirs personnels et de liberté romanesque.

Le personnage de Folco n’est pas exactement lui, mais lui ressemble beaucoup. Il lui permet d’explorer les thèmes qui le passionnent : l’enfance, les transformations sociales, les paysages camarguais ou encore la transmission.

Couleur Seventies : une décennie comme personnage principal

Dans Couleur Seventies, Alex Conil retrouve Folco quelques années plus tard. Cette fois, le jeune homme entre dans l’âge adulte au début des années 70. Et plus qu’un décor, cette décennie devient presque un personnage à part entière.

Musique, politique, voyages, bouleversements culturels, liberté nouvelle, grands événements de société… à travers Folco, Alex Conil revisite une époque qui a profondément marqué sa génération. Il évoque notamment le Larzac, l’effervescence politique ou encore l’influence des transformations sociales de l’époque.

L’auteur y ajoute une autre dimension plus personnelle : celle du changement social et du sentiment d’imposture. Celui d’un enfant issu d’un milieu modeste qui découvre d’autres univers grâce aux études et à certaines rencontres décisives.

Entre photographie et écriture : le même regard

Au fil de l’échange, une évidence apparaît : chez Alex Conil, écriture et photographie semblent suivre une même logique.

Photographe passionné, il explique rechercher avant tout la beauté et la poésie dans ses images. Selon lui, une photo n’est jamais objective : elle cadre, choisit et raconte déjà quelque chose. Une approche qui rejoint celle de ses livres.

L’auteur confie même avoir réalisé récemment une photo de coquelicots qu’il affectionne particulièrement, symbole de ce regard contemplatif qu’il pose sur le monde.

Une réflexion sur notre époque… sans nostalgie

Alex Conil travaille déjà sur un troisième ouvrage, qui prendra une direction différente. Cette fois, il s’intéresse aux transformations de la société à travers des situations simples du quotidien : les cafés, la médecine, les habitudes ou encore nos façons de communiquer.

Son objectif n’est pas de dire que « c’était mieux avant ». Au contraire, il préfère confronter deux époques et laisser le lecteur construire sa propre réflexion. Une démarche fidèle à ce qu’il semble chercher depuis toujours : explorer la mémoire plutôt que juger le temps.

L’IA, photographie et nouveaux outils : un regard mesuré

En fin d’émission, la discussion a également abordé l’intelligence artificielle. Alex Conil ne cache pas ses interrogations sur certains usages, notamment dans l’univers de l’image et des créations artistiques. Il reconnaît toutefois utiliser certains outils pour des besoins techniques liés à la photographie, tout en restant vigilant sur leurs limites.

Une vision nuancée, à l’image de tout l’entretien : ouverte, curieuse et sans posture radicale.

Une rencontre entre mémoire, transmission et humanité

Avec cette émission, Lunel-Hebdo a proposé une conversation à contre-courant, loin du rythme accéléré des réseaux sociaux. Une rencontre qui parle autant d’écriture que de souvenirs, autant de photographie que de regard sur la société.

Et peut-être surtout une invitation à prendre, de temps en temps… le temps.

Cette émission est réalisée avec le soutien de notre partenaire Teraventure

TV Lunel poursuit son développement grâce au soutien d’acteurs engagés sur le territoire. Cette édition de Lunel-Hebdo autour d’Alex Conil et de son ouvrage Couleur Seventies a été réalisée avec le soutien de Teraventure, partenaire de l’émission.

Parce qu’un média territorial indépendant se construit aussi grâce à des entreprises et partenaires qui croient en la culture, aux initiatives locales et à la mise en lumière des talents du territoire.

TV Lunel remercie chaleureusement Teraventure pour sa confiance et son accompagnement.

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