Dans les ruelles du centre historique de Sommières, certaines vitrines attirent le regard plus que d’autres. Au 11 rue Antonin Paris, un lieu interpelle immédiatement : galerie ? Atelier ? Boutique ? Un peu des trois à la fois.
Pour cette nouvelle rencontre de Lunel Actus, Gilbert Wayenborgh est allé à la rencontre de Raphaël Rispal, plus connu sous son nom d’artiste Rafart, illustrateur et créateur passionné qui a fait de la créativité sans limites son terrain de jeu.
Un parcours atypique entre Londres et Sommières
Raphaël n’est pas issu d’un parcours artistique classique. Originaire de Dijon, il a connu un virage déterminant lors de son passage à Londres. Fasciné par un artiste qu’il admirait depuis longtemps, il a repris ses études afin d’intégrer une formation artistique qui lui permettra finalement de transformer une passion en métier.
Après plusieurs années en Angleterre, un choix de vie l’amène à parcourir différentes régions françaises avant qu’un coup de cœur inattendu ne le conduise vers Sommières.
Et pourtant, il n’y connaissait personne.
Aujourd’hui, son atelier est devenu un lieu identifié par les habitants et les visiteurs du centre-ville.
Une philosophie simple : tout peut devenir support de création
Chez Rafart, presque tout peut être transformé.
Une guitare, un casque, une paire de baskets, une moto, un meuble, un mur ou même un vieux baril industriel : chaque objet devient un terrain d’expression.
Sa méthode repose avant tout sur l’échange. Les clients arrivent avec un objet ou une idée, parfois très précise, parfois totalement floue. Au fil des discussions, l’univers graphique se construit progressivement avant de prendre forme sous les pinceaux, les bombes ou l’aérographe.
Son approche reste volontairement ouverte :
« Je customise tout ce qui m’intéresse. »
L’artiste derrière plusieurs fresques visibles à Lunel
Les habitants de Lunel ont peut-être déjà croisé certaines créations de Rafart sans forcément connaître son nom.
Récemment, la Ville lui a confié plusieurs projets de fresques urbaines. Parmi elles :
- une création avenue du Vidourle
- une fresque près de la gare
- une autre rue de la Ciboulette
- un travail réalisé avec l’artiste Alex Paranoiac Smile
Chaque projet est pensé en fonction du lieu et de son identité : l’eau près du Vidourle, les plantes aromatiques rue de la Ciboulette, ou encore une relecture historique autour de la gare de Lunel.
Des œuvres réalisées entièrement à la bombe, parfois sur plusieurs semaines selon les conditions météo.
Un atelier où la créativité se transmet
Mais Rafart ne crée pas seulement pour lui.
Son atelier accueille également des enfants, des adolescents et des adultes lors d’ateliers créatifs très particuliers. Ici, il ne s’agit pas de reproduire tous la même chose.
Chacun arrive avec son projet personnel : peindre une trottinette, détourner un objet, créer un portrait ou expérimenter une idée. Son rôle consiste surtout à accompagner, guider et parfois… provoquer des surprises.
L’artiste explique même provoquer volontairement certains « accidents créatifs » :
Une trace imprévue, une erreur ou une tache deviennent souvent le point de départ d’idées nouvelles.
Une philosophie qui résume assez bien sa vision de la création : sortir du cadre pour découvrir autre chose.
Des projets qui prennent une nouvelle dimension
Aujourd’hui, Raphaël développe également une activité autour du mobilier urbain personnalisé.
Il récupère des matériaux, notamment des barils industriels, pour les transformer en tables ou éléments décoratifs destinés aux restaurants et établissements touristiques.
Une manière supplémentaire de prolonger son idée centrale : créer du neuf avec de l’existant.
Une rencontre à découvrir sur TV Lunel
Au-delà de l’artiste, cette rencontre révèle surtout un personnage passionné, accessible et profondément attaché à l’idée que la créativité appartient à tout le monde.
L’interview complète est à retrouver sur TV Lunel.
📍 Rafart — 11 rue Antonin Paris à Sommières
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Une rencontre… dix ans plus tard
Cette rencontre avait aussi une saveur particulière pour Gilbert Wayenborgh. La première fois qu’il avait poussé la porte de l’univers de Rafart remonte à une dizaine d’années. À cette époque, il était encore principalement connu comme artiste photographe et commençait à peine son virage vers la vidéo et l’audiovisuel.
À l’époque déjà, l’atelier de Raphaël Rispal intriguait. Un lieu atypique, débordant de couleurs, d’objets détournés et d’idées créatives. Un endroit difficile à classer, mais impossible à oublier.
Dix ans plus tard, les parcours se croisent à nouveau. Entre-temps, Gilbert a développé son activité autour de la vidéo, de la WebTV et des médias territoriaux, tandis que Rafart a poursuivi son propre chemin artistique, multipliant les créations, les ateliers et les projets urbains.
Un détail qui donne une dimension particulière à cette interview : parfois, certains lieux et certaines rencontres marquent plus durablement qu’on ne l’imagine.









