Série : 2
Candidat : Stéphane Muscat
Intervieweur : Gilbert Wayenborgh
Durée : 31 minutes
Lieu : Studio TV Lunel (voir aussi la Synthèse du programme de Stéphane Muscat)
Introduction
Le programme d’un candidat aux élections à Lunel est présenté, mettant en avant 120 mesures pour améliorer la ville et répondre aux besoins des habitants, en se concentrant sur la réalisation du potentiel de Lunel et l’amélioration de la qualité de vie.
Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue dans Parole de Démocratie.
On attaque la deuxième série avec, cette fois, le programme des candidats. Dix minutes où le candidat peut expliquer son programme, puis ensuite quelques questions autour du programme, sur la façon dont il voit Lunel dans les prochains mois et dans les prochaines années.
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Stéphane Muscat.
Stéphane Muscat :
Bonjour Gilbert, merci de m’accueillir.
Gilbert Wayenborgh :
Bonjour Stéphane.
Alors, première question : quel est le programme ?
Construction du programme et méthode de travail
Stéphane Muscat :
Le programme, on vient de le formaliser, mais il ne vient pas juste pour une élection. C’est réfléchi, cela vient de loin.
On a beaucoup travaillé, et on a beaucoup travaillé avec les Lunellois, parce que c’était important pour nous. La question, c’était : comment construit-on un programme avec les Lunellois ?
Tant dans des ateliers que dans des visites de terrain, mais aussi à travers les perceptions de tous ceux qui ont travaillé avec nous.
Aujourd’hui, ce programme, c’est 120 mesures. Nous allons proposer 120 mesures aux Lunellois pour rendre Lunel plus forte. Parce que c’est cela, finalement, qui est en jeu : la capacité à répondre aux Lunellois et à leurs problématiques.
Vous savez, Gilbert, ce qui s’est passé ces dernières années est assez intéressant. On voit une ville qui, en termes d’image, a une meilleure perception, avec un centre-ville refait. Mais en réalité, la problématique est encore présente, et elle est profonde.
Ces 120 mesures, c’est la réponse aux besoins des Lunellois, parce que nous avons rencontré un certain nombre de situations importantes qui nous ont permis de créer ce programme-là.
Les deux grands principes du projet
Stéphane Muscat :
Nous sommes partis de deux principes, qui sont le résultat de notre vision de ce projet.
Le premier, c’est que nous voulons réaliser le potentiel des Lunellois. Depuis un certain nombre d’années, on explique que Lunel est une ville avec un magnifique potentiel : à un quart d’heure de la mer, entre Nîmes et Montpellier. Mais qu’a-t-on fait de ce potentiel ? Pas grand-chose, en réalité.
Quels sont les chiffres qui montrent que ce potentiel n’a pas été réalisé ? 18 % de chômage, 24 % de pauvreté, 30 % de demandeurs d’emploi chez les 15-24 ans.
Moi, je le vis sur le territoire, je le vis avec les Lunellois. Quand je les rencontre, qu’est-ce qu’ils me disent ? Ils me disent, par exemple, pas plus tard qu’il y a une semaine, j’ai rencontré Franck. Franck, c’est un jeune Lunellois qui a passé son bac, qui a fait des études à Lunel, et qui aujourd’hui me dit : “Moi, je ne trouve pas d’emploi et je ne trouve pas de logement, donc je vais partir de Lunel.”
Et c’est cela qui est en train de se passer. On est en train de se vider de notre substance, et de notre substance active. C’est ce que nous ne voulons plus, avec Envie de Lunel. Ce que nous ne voulons plus, c’est que Lunel ne réalise pas son potentiel.
Donc, nous voulons le réaliser.
Le deuxième point que nous disent les Lunellois, c’est : on veut la vie, on veut vivre.
Vie quotidienne, santé et qualité de vie
Stéphane Muscat :
Qu’est-ce que cela veut dire, “on veut vivre” ? Cela passe par des choses très simples.
Je donne un exemple très concret que j’ai vécu hier. Je rencontre un monsieur aux abrivados. Il a à peu près une cinquantaine d’années. Il me dit qu’il est diabétique. Il y a 8 % des Lunellois qui sont diabétiques. C’est important, c’est un marqueur social fort.
D’ailleurs, dans notre projet, il y a un plan diabète : mieux vivre, mieux manger, faire de la prévention, apprendre à mieux se nourrir et à prévenir cette maladie.
Mais lui, qu’est-ce qu’il me dit ? Il me dit : “Moi, je suis obligé de me faire une piqûre d’insuline à 23 heures. Et pour que cette piqûre se diffuse, il faut que j’aille marcher.”
Et il ajoute : “Vous savez comment je vais marcher ? Avec une lampe frontale sur le front.”
Et c’est cela le problème. Toutes ces petites choses que nous ont expliquées les Lunellois, c’est cela notre réponse, à travers nos 120 mesures. Les Lunellois le verront.
Nous avons pris tout le parcours de vie du Lunellois, de sa naissance à sa mort.
Je dis “sa mort”, et je vais commencer par cela, pardon, pour l’éliminer tout de suite, parce que ce n’est pas très gai, mais nous proposons un crématorium. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, nombre de Lunellois n’ont plus envie d’aller à Nîmes ou à Montpellier pour être enterrés dignement. Ils veulent rester ici. Et c’est cela le rôle du service public.
Tout au long de cette vie, nous apportons des réponses simples à des enjeux très simples.
Ville tenue, éclairage, sécurité et incivilités
Stéphane Muscat :
Tout d’abord, j’en ai fait un de mes axes principaux : remettre la lumière, parce que la lumière, c’est la vie.
Mais cela rentre dans quelque chose de plus global : la ville tenue. Parce que, comme nous l’expliquent les familles lunelloises, une ville, c’est comme une maison. Cela se tient, cela se range, cela s’ordonne, cela se nettoie, cela se sécurise. C’est simple : une ville tenue.
Et qu’y a-t-il dans une ville tenue ? Il y a évidemment l’éclairage, mais pas seulement.
Nombre de Lunellois m’expliquent qu’ils ont des problématiques d’incivilité. Ce sont parfois de grandes choses, parfois de petites choses.
On essaie de nous faire comprendre que la sécurité n’est plus un problème à Lunel. Moi, je regarde les chiffres : les faits augmentent. Mais peu importe, c’est le sentiment des Lunellois qui m’intéresse, c’est leur vie. Quand ils veulent promener le chien, qu’ils ont l’impression qu’il y a un point de deal à côté de chez eux et qu’en plus, c’est éteint à 23 heures, c’est un sentiment d’insécurité.
Ils nous parlent aussi du commerce déloyal. J’ai fait tous les commerces du centre-ville. Aujourd’hui, quand il y a une descente de police ou de gendarmerie à Lunel, le commerçant concerné, notamment pour la vente de tabac, multiplie son chiffre d’affaires par deux.
On veut faire revivre le centre-ville, mais il faut s’attaquer à cela. Parce que la vente de tabac dans ce pays est réglementée : on ne peut pas vendre à l’unité, on ne peut pas vendre à la sauvette.
J’ai aussi rencontré Marise. Elle avait un terrain près de l’aire d’accueil des gens du voyage. Ce terrain a été envahi. Elle a dû le vendre. C’était sa retraite. Est-ce normal ?
Toutes ces questions-là, nous voulons les régler par une ville tenue, par une ville plus sécurisée, par une implication du maire.
Nous avons fait une proposition très concrète : toutes ces problématiques d’incivilité, la circulation des trottinettes, les vélos, tout ce qui enquiquine la vie de nos concitoyens, nous proposons de déplacer le poste de police à travers un poste mobile de proximité. Ils vont rester là pour traiter le problème, ils ne vont pas simplement passer.
C’est cela, une ville tenue : la sécurité, la propreté en permanence, l’environnement, les espaces verts, et puis la voirie.
Voirie et entretien de la ville
Stéphane Muscat :
La voirie est aussi un élément de sécurisation.
Encore une fois, j’ai eu nombre de témoignages, à travers les réseaux sociaux, mais surtout en direct. Les gens me disent que la voirie est dans un très mauvais état.
Nous, nous proposons un plan voirie. C’est quoi ? On va définir les voiries qui sont en mauvais état, on va les hiérarchiser selon la sécurité, les usages et le confort. Puis, pendant six ans, on va y consacrer une somme, et cette somme permettra de rénover la voirie.
C’est le premier point : tenir la ville. Parce qu’une ville tenue est une ville respectée, respectée par ses habitants, respectée par ses visiteurs, respectée dans son environnement.
Développement économique, emploi et ambition pour Lunel
Stéphane Muscat :
Le deuxième point, c’est l’ambition.
L’ambition de sortir de cette difficulté majeure dans laquelle Lunel est plongée aujourd’hui, socialement et économiquement.
Comment est-il possible qu’une ville de 27 000 habitants n’ait pas construit une seule zone d’activité économique en 30 ans ? Comment est-il possible qu’à la sortie de l’autoroute, entre Gérone et Marseille, nous soyons la seule ville où il n’y a pas de zone d’activité ?
Ce n’est pas possible.
Je le répète : derrière les chiffres froids que j’ai cités tout à l’heure, les 18 % de demandeurs d’emploi, les 24 % de pauvreté, la progression des familles monoparentales, l’isolement des personnes âgées, il y a des hommes et des femmes. Et nous, on veut leur redonner de l’espoir.
On veut leur redonner de l’espoir en faisant deux choses : des emplois, et quelque chose de puissant à la sortie de l’autoroute.
Nous avons proposé des choses. Un stade, par exemple. Pourquoi un stade ? Certains adversaires s’excitent en expliquant que cela va coûter de l’argent. Mais nous n’avons jamais dit que ce seraient les Lunellois qui paieraient ce stade. Nous disons qu’un investisseur privé, ou peut-être même un partenariat public-privé, pourrait s’engager sur cette question.
Cela changerait l’image de la ville, cela donnerait du travail, cela permettrait de faire rentrer des ressources et des recettes. Et avec ces ressources, demain, qu’est-ce qu’on en ferait ? De la solidarité, des services culturels, des services sportifs, des services pour les petits Lunellois.
On pourrait aussi faire un parc d’attractions, parce que l’économie change l’image, parce que c’est à travers les entreprises que l’on change une image.
Mais peut-être aussi qu’on pourrait valoriser ce qui existe déjà.
Combien de Lunellois savent aujourd’hui qu’une des pièces des rotors d’Eurocopter, à Marignane, est construite à Lunel ? Personne ne le sait.
Combien de Lunellois savent qu’il y a aujourd’hui deux ingénieurs agronomes qui ont ouvert une biscuiterie de luxe vendue dans les hôtels des Émirats arabes unis ? Personne ne le sait.
Cette force-là, nous voulons en faire une ambition.
Centre-ville, flux et revalorisation urbaine
Stéphane Muscat :
Mais nous voulons aller plus loin.
Il y a un enjeu formidable : le centre-ville. 50 millions d’euros y ont été investis. Si on ne fait rien, ce centre-ville reculera à nouveau.
Notre enjeu est très simple : mettre la vie au centre-ville.
Pour y arriver, deux pôles : République et Vauban.
À République, nous ne sommes pas seulement dans la parole, nous sommes dans l’action. Aujourd’hui, nous sommes en contact avec Steven Hearn. C’est un homme qui a révolutionné la culture, et qui développe aujourd’hui le théâtre de l’IA. Il cherche des espaces de 6 000 m². Nous sommes en contact avec lui parce qu’il est intéressé par Lunel.
Qu’est-ce qu’il nous propose ? Mettre le théâtre de l’IA à Lunel.
Et nous, nous disons : banco, on t’accompagne, on y va, on fonce. Parce que cela va révolutionner l’image de la ville. On va transformer notre centre-ville dans la modernité, sans perdre notre identité.
Et derrière, qu’est-ce qu’on va avoir ? Un espace avec des salles, un auditorium, des étudiants qui vont travailler sur l’IA, des entreprises qui vont venir, et de la culture.
Mais on ne veut pas faire que cela à cet endroit-là. On veut aussi y mettre un service public. Pourquoi ? Parce que cela appartient aux Lunellois.
Qu’est-ce que cela peut être ? On pourrait y déplacer l’école de musique. On pourrait y mettre un centre avec des associations. Cela ferait venir des Lunellois. Et dans un troisième temps, si on arrive à faire tout cela, on pourrait y mettre un hôtel.
À Vauban, nous voulons faire quelque chose de mixte : d’abord du parking, parce qu’il faut nourrir le centre-ville et répondre aux enjeux de Vauban, puis de l’entreprise, du siège social, du tertiaire, et du logement.
Parce que derrière tout cela, il y a l’emploi, l’ambition, le niveau économique, mais aussi la capacité à loger.
Logement, fiscalité et attractivité résidentielle
Stéphane Muscat :
Loger peut parfois être un peu effrayant dans une ville comme Lunel. Mais moi, je dis que l’emploi et le logement vont ensemble.
J’ai le souvenir de cette jeune femme que j’ai croisée au Verger. Quand j’ai ouvert la porte, elle m’a expliqué sa situation. Elle est arrivée dans son appartement en étant en couple, ils ont eu un enfant, puis un deuxième. Et aujourd’hui, elle n’a qu’une chambre.
Je lui ai demandé pourquoi elle ne pouvait pas déménager. Elle m’a répondu : “Je ne peux pas déménager tout simplement parce qu’à Lunel, si je fais le crédit plus la taxe foncière, je ne trouverai pas, et je serai obligée de partir. Et je veux rester à Lunel.”
Nous, nous voulons changer cela. Et cela passe par la baisse de la taxe foncière, par la baisse des impôts communaux, pour redonner de l’attractivité à notre ville.
Loisirs, mobilité vers la mer et jeunesse
Stéphane Muscat :
Notre projet est simple : réaliser enfin le potentiel.
Je vous donne encore un exemple. On dit souvent : Lunel est à 15 minutes de la mer. Enfin, 15 minutes avec quatre roues, parce qu’à pied, c’est 45.
Comment peut-on présenter cela comme un marqueur du potentiel sans avoir organisé le loisir des Lunellois et des jeunes Lunellois ? Ce sont les grands oubliés de cette ville depuis des années.
Comment n’a-t-on pas mis un bus pour le loisir, pour aller à la mer, toute l’année ? Pas seulement quand il fait beau, toute l’année, pour aller boire un café au bord de mer. Nous avons aussi le droit, à Lunel, de profiter de notre potentiel.
Les familles nous disent aussi qu’elles ont besoin d’espaces de loisirs.
À Dassargues, nous voulons créer une plaine des sports, une plaine des jeux, comme cela existe dans d’autres communes, comme à Mauguio. C’est un espace où tous les Lunellois pourraient venir s’aérer, respirer.
Il y a énormément d’exemples de ce que j’ai vécu avec les Lunellois.
Solitude, lien social et aînés
Stéphane Muscat :
On pourrait parler de la solitude.
J’ai été frappé par la solitude des Lunellois.
Gilbert Wayenborgh :
S’il vous plaît, on va en reparler, parce qu’en fait, sur la solitude, on a déjà largement dépassé le temps.
Stéphane Muscat :
Pardon pour la passion.
Gilbert Wayenborgh :
Il va falloir que je m’adapte avec les autres candidats, histoire qu’ils aient aussi un peu de place sur leur programme.
Centre-ville et attractivité à court terme
Gilbert Wayenborgh :
On a parlé du centre-ville et de l’attractivité immédiate. Quels sont vos projets prioritaires pour transformer le centre-ville et renforcer l’attractivité lunelloise à court terme, en début de mandat ?
Stéphane Muscat :
À court terme, mettre le paquet sur l’animation.
Le centre-ville, il a changé de look, mais la vie n’y est pas. Aujourd’hui, je le dis, six commerces sont prêts à fermer dans le centre-ville. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas les flux.
Vous l’avez compris tout à l’heure, nous voulons créer les flux à travers trois pôles : République, le lien Arènes-République, Vauban et la gare. Nous voulons que cela rentre dans le centre-ville.
Il faudra même, à terme, créer des portes et du parking autour pour que cela fonctionne. On pourrait aussi regarder du côté de l’ancienne Disney, à côté de l’espace Castel. En face de la maison Rousseau, il y a sans doute quelque chose à faire en matière de parking.
Mais l’essentiel, c’est l’animation.
Je ne comprends pas qu’avec 50 millions d’argent public investis, on ne mette pas tout de suite la fête des associations dans le centre-ville, le festival de jazz dans le cœur de ville, Noël dans le cœur de ville.
Il faut travailler avec les commerçants, faire une sorte d’inventaire de tout ce qui est possible, organiser les assises du centre-ville, regarder tout ce qui est réalisable pour animer ce cœur de ville.
Parce que si on le laisse dériver, si on ne redonne pas envie d’y venir, il va se retopériser, les flux ne reviendront plus, les Lunellois ne reviendront plus.
Il faut donc immédiatement remettre de la vie, par tous les moyens, puis ensuite traiter cela de façon structurelle.
Nous avons aussi une idée forte qui peut se faire rapidement : une exposition photo permanente, avec des supports qui changent, pour créer toujours plus de flux.
Et puis, il y a aussi la question des platanes du cours Gabriel-Péri. On peut dire ce qu’on veut, mais ils ne vont pas être abattus, contrairement à ce que certains laissent croire. Il ne faut pas mentir, il faut affronter les réalités plutôt que les masquer.
Dans cette logique, nous avons une proposition très concrète : une structure temporaire qui, en attendant que les arbres reprennent de la dimension, soit belle, visible, “instagrammable” comme disent les jeunes, et donne envie de venir.
Tout ce qu’on pourra faire pour mettre du flux, on le fera.
Bien-être des habitants
Gilbert Wayenborgh :
On est bien sur une échéance de six mois, quelque chose comme cela ?
Stéphane Muscat :
Exactement.
Gilbert Wayenborgh :
Et le bien-être des habitants, on en fait quoi ?
Stéphane Muscat :
Le bien-être des habitants, c’est notre idée absolue, notre objectif absolu. Toute politique municipale, toute politique publique, a pour objectif de faire mieux vivre ensemble, tous et partout.
Gilbert Wayenborgh :
Et vous l’imaginez comment ?
Stéphane Muscat :
On l’imagine de la façon suivante : notre projet couvre l’ensemble de la vie des Lunellois, du petit âge au scolaire, des actifs aux aînés.
Je vais revenir sur la solitude, parce que par nature, c’est du mal-être.
Le nombre de portes que j’ai poussées où j’ai vu des personnes en grande solitude m’a attristé et effrayé. Je me suis dit qu’on ne pouvait pas ignorer cela.
J’ai en tête cette personne proche du centre-ville, relogée après l’incendie de son appartement aux Roses. Elle m’a dit quelque chose de terrible : “Si je n’avais pas mon animal de compagnie, je serais morte.”
Cela remue.
Et cela, on l’a retrouvé à de nombreuses reprises.
Je vais vous donner un exemple très concret pour les aînés. Quand nous proposons, avec Envie de Lunel, de faire un repas de Noël sans condition de ressources pour les aînés, cela coûte de l’argent. Et parallèlement, nous proposons d’arrêter les vœux coûteux qui sont organisés aujourd’hui, parce que je crois que cela est plus important.
Pourquoi faire cela ? Pour qu’ils se rencontrent, pour qu’ils soient moins seuls. C’est cela, le bien-être.
Lorsque nous proposons de créer une mutuelle pour les maîtres d’animaux de compagnie, c’est à cette dame que je pense, parce qu’elle consacre presque tout son argent à soigner son animal, qui est son seul lien avec la vie.
Je ne dis pas de grandes choses, ce sont des petites choses, parce que nous avons été dans le détail.
On pourrait donner bien d’autres exemples.
À Dassargues, demain, la plaine des sports.
On s’est aussi aperçu qu’il y avait des enfants qui ne mangeaient pas à leur faim. Nous savons que la gratuité doit toujours être maniée avec prudence, mais nous allons proposer une journée gratuite de cantine pour tous les Lunellois.
L’objectif, c’est qu’ils se rencontrent, qu’ils mangent mieux, qu’ils aient une éducation à la nourriture pour éviter de devenir diabétiques. Et ensuite, qu’ils puissent tout simplement manger, et qu’il y ait de la mixité.
C’est cela, le bien-être. Cela passe aussi par la culture, le sport, les projets culturels forts.
Nous pensons qu’il y a des pépites autour de l’école de musique. Nous pensons que nous sommes la ville Victor Hugo, avec Victor Hugo mais aussi Jean Hugo. Il faut faire évoluer les esprits, et nous voulons le faire pour tous les Lunellois, pour tous les petits Lunellois.
Le bien-être, c’est aussi très simple : dans deux ans, chaque classe sera équipée d’un ventilateur au plafond pour que, dès les mois de mai et juin, être dans une classe à Lunel soit plus agréable.
C’est aussi adapter la ville à cela.
Le bien-être, c’est aussi travailler sur le pouvoir d’achat. Si on n’a plus d’argent, on vit moins bien.
Alors comment fait-on ? D’abord, on baisse les impôts. Ensuite, on fait le transport gratuit.
Pourquoi le transport gratuit ? Parce qu’aujourd’hui, les grands bus à Lunel sont vides. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Lunellois. Toute la journée, ils les voient passer, et ils sont vides.
Quand on fait gratuit, on espère les remplir, créer un appel d’air, faire que le service public soit réellement utilisé.
On veut aussi créer une petite Pescaline. Nous l’avons appelée ainsi. C’est un petit véhicule six places qui ferait sud-nord, nord-sud, est-ouest, ouest-est. On pourrait l’appeler en levant le bras, on pourrait descendre à n’importe quel moment.
Cela, je l’ai beaucoup entendu de la part des personnes âgées du Nord. Pas plus tard qu’il y a trois jours, j’étais à Pascalet, et une mamie m’a interpellé. Elle m’a dit : “Moi, je veux aller au centre médical à l’hôpital et je ne peux pas, parce que mon bus ne passe pas près de chez moi, j’arrive mal à l’attraper, je ne veux pas prendre la voiture, et je ne peux pas y aller à pied.”
Je lui ai répondu : “Madame, on a la solution avec Envie de Lunel, c’est la Pescaline.”
Et vous savez quoi ? Elle passera aussi dans le centre-ville. Donc, on permettra aussi aux personnes âgées qui ne se déplacent plus facilement de revenir dans le cœur de ville.
Voilà, c’est cela le bien-être : de grandes et de petites choses.
Je l’ai dit au début : 120 mesures. 120 mesures qui répondent à ce que les Lunellois nous ont demandé, à chaque situation où nous avons compris que cela répondait à un objectif d’intérêt général.
Pas de clientélisme. Pas aller chercher une population et pas une autre. Non : tous les Lunellois, et partout.
Vision de Lunel à long terme
Gilbert Wayenborgh :
Nous arrivons quasiment à la fin, à quelques minutes près. Comment voyez-vous l’image que les Lunellois auront de vous en 2050, de ce que votre municipalité aura fait d’ici là ?
Stéphane Muscat :
On s’en fiche de l’image qu’ils auront de moi. Ce n’est pas mon sujet.
Si je veux devenir maire avec l’équipe d’Envie de Lunel, c’est parce qu’il y a de la compétence. Parce que nous sommes capables de changer cette ville par la compétence.
Nous aurons une équipe formidable, sans doute la plus belle. Je suis prétentieux, et vous m’en excuserez, mais sans doute la plus belle. Par la compétence, par l’engagement, par la connaissance de la ville.
Elle ne sera pas faite juste pour répondre à mon ego. Je l’ai déjà dit : mon ego a été servi ailleurs.
Ce qui m’intéresse, c’est comment on projette Lunel en 2050.
Je l’ai dit : Lunel doit avoir passé ce cap de la réalisation de son potentiel. Cela veut dire que le bus doit aller à la Grande-Motte, que la zone d’activité doit produire des emplois, et que les Lunellois, et particulièrement les jeunes Lunellois, doivent rester à Lunel au lieu de partir ailleurs.
Je vais donner un seul curseur.
Chaque année, Le Journal du Dimanche sort un classement des 500 villes où il fait bon vivre. Lunel n’y est pas. C’est une anomalie.
S’il y a un vrai enjeu demain, un vrai combat à mener, ce sera celui-là : faire entrer Lunel dans ce classement des 500 villes de France où il fait bon vivre.
Et là, en 2050, tout ce qu’on a dit depuis tout à l’heure, on l’aura réalisé.
Voilà un vrai marqueur qui permet d’évaluer les politiques publiques que nous proposons.
Échéance et ambition de mandat
Gilbert Wayenborgh :
Selon vous, à quelle échéance on sera dans cette dynamique ?
Stéphane Muscat :
Il faut beaucoup d’humilité face à la chose publique, dans un contexte très compliqué, difficile, où les réponses simples sont souvent dangereuses.
Mais l’enjeu, c’est évidemment de le faire dès le premier mandat, ou en tout cas de s’en rapprocher le plus possible.
En tout cas, mon objectif, mon obsession quotidienne, ce sera que Lunel devienne une des 500 villes de France où il fait bon vivre.
Conclusion
Gilbert Wayenborgh :
On arrive, cher Stéphane, à la fin. On a largement dépassé.
Stéphane Muscat :
Je leur ai déjà fait gagner du temps, vous voyez.
Gilbert Wayenborgh :
Merci en tout cas pour vos réponses et votre programme.
Je vais dire aux Lunellois qu’ils peuvent également flasher le QR code. Ils arriveront sur un questionnaire que nous avons mis au point pour tous les Lunellois et pour tous les candidats, sur lequel ils peuvent poser des questions qui s’adresseront, dans une prochaine série, également à vous.
Et puis on essaiera de vous questionner dessus.
Stéphane Muscat :
On va bientôt se revoir alors.
Gilbert Wayenborgh :
Avec plaisir.
Stéphane Muscat :
Merci.
Gilbert Wayenborgh :
Merci beaucoup et à très bientôt pour Parole de Démocratie.
Stéphane Muscat :
Merci.
