Série : 2
Candidat : Bruno Gagne
Intervieweur : Gilbert Wayenborgh
Durée : 33 minutes
Lieu : Studio TV Lunel (Voir la Synthèse du programme de Bruno Gagne)

Introduction

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue dans Parole de Démocratie.

Aujourd’hui, nous faisons la série 2 avec les candidats, et elle concerne leur programme, c’est-à-dire : qu’est-ce que vous proposez ? Pendant la vidéo, vous verrez un QR code s’afficher. Il vous permettra de poser des questions aux différents candidats. Il y a un petit formulaire : vous y posez les questions que vous avez envie de poser, et puis c’est parti.

Bonjour Bruno.

Bruno Gagne :
Bonjour.

Gilbert Wayenborgh :
Alors, quel va être le programme ?


Présentation générale du programme

Bruno Gagne :
Première chose : notre programme contient 409 mesures.

C’est donc un programme qui est quand même costaud, élaboré avec l’ensemble de l’équipe, élaboré aussi après avoir consulté la population. C’est un programme qui doit répondre à des enjeux de rupture, vraiment au niveau social, au niveau économique, au niveau de la démocratie, etc.

Je ne pourrai pas développer l’ensemble du programme parce que le temps imparti va être relativement court, mais il y a cinq axes essentiels :

  • la démocratie,
  • le logement digne,
  • la bifurcation écologique,
  • l’économie locale,
  • le bien vivre ensemble.

La question du logement à Lunel est une question extrêmement importante. On sait qu’il y a plus de 1 400 personnes qui sont en attente d’un logement social pour vivre dans de bonnes conditions.

Il y a aussi les questions, bien sûr, de l’économie : comment on peut redynamiser une économie au niveau local, en travaillant les questions de proximité.

Et puis il y a la question du bien vivre ensemble.

C’est un programme qui est vraiment ancré à gauche. Je rappelle que notre liste est soutenue par La France insoumise, par le Parti communiste, le Parti de gauche et l’URC, l’Union pour la reconstruction communiste.

Notre programme, nous l’avons aussi financé, c’est-à-dire que nous avons étudié toutes les possibilités.

Pour celles et ceux qui souhaitent consulter l’intégralité du programme, il faudra aller sur notre site : unionpopulairelunel.fr. Vous allez sur le site, et vous aurez l’ensemble du programme bien détaillé, avec pas mal d’explications.

En même temps, on sait qu’on ne pourra pas tout faire au niveau de la commune. Il va falloir aussi travailler certains niveaux au niveau de l’intercommunalité. Il y a des questions qui dépendent des compétences communales, et d’autres qui relèvent de l’intercommunalité.


Axe 1 : la démocratie

Bruno Gagne :
Sur les questions de la démocratie, c’est une question essentielle, parce qu’on pense que l’on peut développer et avoir une gestion beaucoup plus démocratique au niveau de la commune.

Nous proposons, en ce qui nous concerne, la mise en place du RIC, c’est-à-dire le référendum d’initiative citoyenne communal. C’est vraiment une consultation des habitantes et des habitants sur divers sujets.

Nous proposons aussi la votation citoyenne, c’est-à-dire à partir de l’âge de 16 ans et pour l’ensemble des résidents et résidentes. Il n’est pas normal que des personnes qui paient des impôts, qui paient des cotisations, qui travaillent dans la ville de Lunel, ne puissent pas s’exprimer lors des élections. Donc la votation leur permettra de s’exprimer.

Nous allons créer 12 comités de quartier avec un budget propre. Cela veut dire qu’ils pourront mettre en place des actions décidées collectivement directement dans leur propre quartier.

Nous allons aussi laisser, durant les conseils municipaux, 15 minutes de parole citoyenne. C’est-à-dire que nous interromprons le conseil municipal pendant 15 minutes pour donner la parole à nos concitoyens, par exemple à partir d’une pétition. Nous nous engageons à répondre, soit immédiatement, soit dans tous les cas à répondre dans ce cadre-là.

Ensuite, nous nous engageons aussi sur la transparence. Cela veut dire que, si demain je suis maire de Lunel, je m’engage à publier l’ensemble de mes revenus, mon patrimoine. Ce sera extrêmement clair.

L’ensemble des élus signera également la charte Anticor de l’association anticorruption. Cela nous engage, cela nous donne des obligations à respecter.

Nous sommes aussi la seule liste à proposer ce qu’on appelle la révocation des élus. C’est-à-dire que si nous ne faisons pas le travail correctement, si nous ne respectons pas notre programme, les citoyens et citoyennes de Lunel auront la possibilité d’engager un processus, sous certaines conditions, pour demander notre départ s’ils estiment que nous ne sommes pas suffisamment compétents ou que nous ne respectons pas nos engagements.

L’idée, c’est surtout de rendre le pouvoir aux citoyens et citoyennes de Lunel.

Nous ne sommes pas là pour gérer en déléguant. Nous sommes élus pour gérer.

Je dis cela parce que l’exemple de la piscine est parlant. On a souvent tendance à déléguer la gestion au privé. Nous estimons, nous, qu’il faut renforcer le contrôle des citoyens sur tout ce qui est bien public.

Cela veut dire régie publique contrôlée par les citoyens, par les habitants, par le conseil municipal, et aussi par les responsables élus au niveau de l’agglomération.

Donc, sur les questions de la cantine, de l’eau, régie publique de l’eau, de l’assainissement, etc., nous voulons ce contrôle public et citoyen.

Ensuite, c’est pareil pour tout ce qui est du domaine sportif et culturel. Nous demandons qu’il y ait vraiment un contrôle citoyen sur tout ce qui se fait.

Par exemple, sur la culture, cela se dit beaucoup à Lunel : c’est bien d’avoir quelques artistes internationaux, mais dans les faits, on ne valorise pas du tout le tissu local, la culture locale, tous ceux qui sont investis dans la culture à l’échelle locale.

Pour les arènes, c’est pareil : qui doit diriger les arènes, comment c’est géré, etc. Beaucoup de personnes se plaignent aujourd’hui de ne pas pouvoir accéder, ne serait-ce qu’aux taureaux-piscine, parce que les prix sont devenus trop chers, alors qu’avant Lunel était connue notamment pour cela, et pratiquement tout le monde pouvait y aller en famille.


Axe 2 : le logement digne

Bruno Gagne :
Autre point très important : la question du logement.

Lunel doit retrouver des logements dignes, c’est-à-dire que les personnes puissent se loger dans les meilleures conditions.

Il est inacceptable que des familles se retrouvent à quatre ou cinq dans 30 m², qu’il y ait des logements insalubres, que des personnes handicapées, comme on peut le voir à la Roquette ou ailleurs, se retrouvent au quatrième ou au cinquième étage et n’aient même plus la possibilité de descendre ne serait-ce que pour faire leurs courses, aller voir des voisins, avoir une vie sociale normale. Ce n’est pas acceptable.

Nous proposons donc de systématiser et de contrôler le permis de louer, aussi bien dans le parc public que privé.

Nous allons créer un service vraiment spécifique au niveau de la mairie, un service logement avec des inspecteurs qui auront le pouvoir d’aller contrôler les logements en location.

Nous allons aussi mettre en place la préemption stratégique, voire, alors c’est quelque chose qui peut être rare, mais aussi la réquisition des logements vacants, au sens de la définition de l’INSEE, qui est une définition bien précise.

Pour pouvoir être logé, il faut aussi pouvoir payer son loyer. Et on s’aperçoit qu’il y a une évolution des prix actuellement.

Nous allons donc proposer l’encadrement des loyers, puisque nous sommes dans une zone tendue. Avec la préfecture, on va essayer de négocier les moyens de mettre en place cet encadrement.

Ensuite, nous avons beaucoup de personnes qui veulent accéder à la propriété, et cela devient de plus en plus difficile. Pourtant, il existe différentes lois qui permettent aujourd’hui de pouvoir accéder à la propriété dans certaines conditions.

Cela s’appelle l’accès à la propriété non spéculative. Cela peut notamment concerner les jeunes actifs, et cela peut être très intéressant pour eux.


Axe 3 : la bifurcation écologique

Bruno Gagne :
Sur un point très important maintenant : la bifurcation écologique, pour aller vers la transition écologique.

Là, on n’a pas le choix, puisque les experts nous annoncent peut-être +4 degrés en 2050. Avec +4 degrés, la ville devient invivable. Déjà avec les températures actuelles, cela commence à être compliqué. Les aléas climatiques, on s’en aperçoit de plus en plus.

Nous avons deux objectifs.

Le premier, c’est de réduire l’impact de la ville sur l’environnement.

Le second, c’est de nous préparer aux conditions climatiques futures. Si les choses continuent à se dégrader, il faut être prêts à y faire face, sinon on ne pourra pratiquement plus vivre ici.

Comment faire ?

L’idée, si l’on reste sur notre fonctionnement démocratique, c’est de faire participer l’ensemble de la population à cette question-là.

Nous n’allons pas décider à leur place. Ils vont participer, parce que ce sont vraiment les experts de leur domaine, de leur quartier, de leur logement. Ce sont eux qui savent exactement ce qu’il faut faire, ou surtout ne pas faire.

Nous allons planifier des actions communales ensemble : citoyens, comités de quartier, municipalité, nouveaux élus de la mairie.

Cela nous engage à la rénovation des biens privés mais aussi des biens publics, c’est-à-dire tout ce qui est sous l’autorité de la municipalité.

Cela nous engage aussi à produire de l’énergie verte. Aujourd’hui, il va falloir décarboner toute la consommation. Décarboner, cela veut dire qu’il va falloir produire notre propre énergie verte. Nous avons la possibilité, dans notre région, entre le soleil, le vent, etc., de produire notre propre énergie pour la redistribuer ensuite sur la commune, notamment dans les espaces publics.

Nous allons aussi agir sur les questions de transport, parce qu’il faut réduire les émissions de gaz.

L’idée, ce n’est pas de supprimer la voiture, mais de favoriser véritablement le transport collectif.

C’est aussi favoriser le déplacement à pied, le déplacement à vélo, notamment avec ce qu’on appelle le réseau express vélo.

Il est très facile de partir du sud au nord de Montpellier, d’est en ouest, etc., mais il faut créer toutes les conditions, les voies cyclables, etc., pour que les choses se passent extrêmement bien.


Axe 4 : l’économie locale

Bruno Gagne :
Sur les questions économiques, il faut retrouver une dynamique au niveau de la ville de Lunel.

Or, ce que je viens de dire précédemment sur la transition écologique peut nous permettre, et doit nous permettre, de retrouver une dynamique.

Si on s’engage dans la rénovation, si on s’engage dans la régie publique, cela veut dire que ce que l’on ne donnera plus aux actionnaires, nos concitoyens vont le récupérer. Ils vont donc gagner du pouvoir d’achat. Et qui dit pouvoir d’achat dit meilleure consommation.

Si on a, par exemple, la cantine gratuite, forcément on va pouvoir peut-être dépenser un peu plus en se promenant dans le centre-ville de Lunel ou ailleurs.

Il faut savoir qu’à Montpellier, avec les régies publiques, on a reçu René Revol, maire de Grabels, qui a mis en place la régie publique de l’eau dans l’agglomération de Montpellier. Il y a eu 50 % de création d’emplois pour la mettre en place, et en même temps les usagers ont vu leur facture diminuer de 25 %.

Donc c’est très intéressant, les régies publiques.

De la même manière, la rénovation des bâtiments, la production d’énergie renouvelable et verte, cela permet de créer des emplois, et des emplois qui sont non délocalisables. Ce seront véritablement des emplois fixes.

Revitaliser le centre-ville, cela passe aussi par la création d’espaces de coworking.

Nous avons un tas de locaux vides dans le centre-ville. Donc nous sommes pour arrêter ces devantures fermées. L’idée, c’est de faire venir des entreprises, des jeunes ou des moins jeunes, mais des entreprises innovantes. Permettre à des artistes, à des artisans d’art, etc., de venir et de louer à prix modique.

Nous proposons de la location à 1 euro le mètre carré dans un premier temps, pour se lancer sans prise de risque.

Cela peut permettre à pas mal de personnes de mener une activité, de redynamiser le centre-ville, en évitant que de nombreux bureaux restent fermés.


Axe 5 : le bien vivre ensemble

Bruno Gagne :
Maintenant, sur le bien vivre ensemble, je vais aller vite parce que le temps passe, et c’est vrai que le programme est dense.

Lunel n’est pas une ville dangereuse, contrairement à ce qui est dit par d’autres candidates et candidats.

Mais nous allons mobiliser véritablement les associations, former les agents territoriaux sur les questions de lutte contre le racisme, contre les discriminations.

Nous allons mettre en place des éducateurs de rue, renforcer la police municipale mais équipée d’armes non létales.

Nous avons deux phénomènes qui augmentent sur Lunel : les violences intrafamiliales, ou violences conjugales, et les questions de drogue. Là aussi, nous aurons un service dédié au niveau de la mairie pour vraiment lutter contre ces phénomènes.

La lutte contre la drogue, bien sûr, parce que s’il y a bien un phénomène qui touche l’ensemble des villes, c’est bien la drogue, et notamment l’explosion de la consommation de cocaïne. Cela touche tous les milieux sociaux.

Donc cela va être aussi une priorité en ce qui nous concerne.

Nous voulons aussi mettre en place des ateliers d’artistes et d’artisans dans les locaux vacants.

Et pour terminer, il y a la création d’un outil qui a été supprimé par les anciennes municipalités : la Maison de la jeunesse et de la culture.

Je ne peux pas développer plus, parce qu’on arrive déjà aux quinze minutes.

J’invite tout le monde à aller sur le site pour prendre connaissance de tout ce que nous proposons, notamment sur les questions de l’école, comment on peut renforcer les moyens de l’école, la condition animale — parce que peu de candidats en parlent — c’est-à-dire la maltraitance animale, et aussi les questions culturelles, qui sont très importantes.


Relance : centre-ville et attractivité immédiate

Gilbert Wayenborgh :
Passons aux questions.

On parle du centre-ville et de l’attractivité immédiate. Quels sont vos projets prioritaires pour transformer ce centre-ville et rendre un petit peu cette attractivité ? Je pense notamment aux commerçants.

Bruno Gagne :
J’ai rencontré pas mal de commerçants. Ils nous disent tous la même chose : oui, il y a un problème sérieux qui se pose. Mais ce n’est pas seulement maintenant. Et pourtant, le centre-ville a été rénové, et cela n’a pas modifié la donne.

Cela fait un moment que les rues sont vides, que les personnes ne consomment plus dans le commerce de proximité.

Mais il y a déjà eu des études faites, il y a plus de vingt ans. Il y a eu un livre blanc, notamment avec la CCI, pour voir comment on pouvait redynamiser. Donc c’est étonnant, quand je vois aujourd’hui certains candidats se réclamer de la CCI sur certaines listes.

Pour nous, il faut mettre en mouvement tous les acteurs. Là encore, c’est pareil : il faut mettre les habitants, les commerçants, et réfléchir ensemble, notamment à travers ce qu’on va mettre en place avec les comités de quartier.

Il faut savoir que les comités de quartier vont avoir un budget alloué. On pense à peu près à 50 000 euros par comité.

Il faut créer de l’animation. Il faut vraiment redynamiser tout cela.

Si maintenant les personnes retrouvent du pouvoir d’achat à travers la mise en place des régies publiques dans les différents domaines, si on baisse la facture d’eau, si on baisse le coût de la cantine, si on favorise l’accès au sport gratuit, à la culture, en facilitant l’accès à la culture, forcément on va permettre tout cela.

Mais pour faire revenir les gens en ville, il faut aussi que la mairie s’engage à avoir des animations tournantes dans le centre-ville.

On ne peut pas se contenter d’avoir des animations uniquement sur le cours Gabriel Péri. Il va falloir en avoir aussi, par exemple, place des Caladons, rue de la Libération, rue Sadi-Carnot, etc.

Il faut arrêter aussi de laisser ces vitrines fermées. Donc l’idée de mettre la location à 1 euro le mètre carré, au moins dans un premier temps, pour valoriser de l’activité et permettre à des jeunes de s’installer, cela peut permettre d’ouvrir tout cela.

Tout cela va dynamiser la ville et permettre aux gens de revenir en ville, sachant qu’on ne peut pas non plus faire des miracles, parce que les conditions nationales pèsent aussi : la question des salaires, celle des pensions et des retraites.

C’est aussi pour cela que notre programme s’inscrit dans cette dynamique-là. C’est-à-dire qu’on essaie de trouver des solutions efficaces au niveau local, mais aussi de responsabiliser les gens sur toutes les questions sociales, départementales, régionales et nationales.

Nous avons vraiment un projet politique que nous souhaitons porter jusqu’au bout.


Timing des premières mesures

Gilbert Wayenborgh :
Et en termes de timing, quand est-ce qu’on verra les premiers effets, les premières décisions, et les effets qui suivront ?

Bruno Gagne :
Les premiers effets, on peut les voir relativement vite.

Déjà, avec la mise en place des comités de quartier avec un budget alloué, cela va permettre aux gens de se retrouver, de réfléchir ensemble, avec tous les acteurs de la ville, et de porter leurs propositions.

Donc cela, c’est à effet immédiat.

Par exemple, tout ce qu’on appelle votation, cela peut se mettre en place immédiatement.

Il y a plein de choses comme cela qui vont se faire extrêmement rapidement.

Mettre les animations en ville de façon régulière, par exemple. Une commerçante historique de Lunel me disait que, à l’époque, les commerçants aidaient les jeunes à faire les puces des jeunes, par exemple, dans la rue de la Libération. Cela ne se fait plus. Et pourtant, avec la participation que la mairie pouvait leur fournir, les subventions, ils pouvaient offrir le café, les croissants, le chocolat.

Il y avait plein de choses qui se faisaient et qui ne se font plus. Pour redynamiser la ville, c’est assez facile de remettre ce genre de choses en œuvre.

Donc les premiers impacts, pour tout ce qui est animation, peuvent se voir dès la fin de l’année 2026.

Pour l’installation des jeunes, des artisans, de l’artisanat, des PME, PMI, du coworking, dans les deux ou trois ans qui viennent, forcément, cela va se mettre en place. Il faut déjà que le budget soit là, il faut aménager les locaux, rénover certaines choses. Cela ne se fait pas en un claquement de doigts.


Bien-être des habitants

Gilbert Wayenborgh :
Le bien-être des habitants. Quelle est la mesure prioritaire que vous prendriez pour améliorer concrètement le bien-être des Lunellois ?

Bruno Gagne :
Pour améliorer le bien-être des Lunellois, la première chose, je pense, c’est que tout le monde puisse être logé dignement.

C’est une question essentielle.

Ensuite, c’est faire vivre l’ensemble des quartiers, pas seulement le centre. Parce que ce que l’on entend aussi, c’est qu’il y a eu un effort de rénovation du centre, sans que cela entraîne forcément une redynamisation économique du centre. Mais il va falloir que l’on s’intéresse à tous les quartiers.

On ne peut pas dire qu’il y a le centre, et plus rien autour.

Ce que l’on entend aussi, c’est la dégradation des voies publiques, le manque d’aménagements pour les loisirs. Il n’y a pas d’espaces de rencontre dans certains quartiers, des lieux où les gens peuvent se retrouver, discuter, réfléchir ensemble.

Nous proposons aussi d’avoir des espaces ludiques, c’est-à-dire des espaces où les personnes puissent se retrouver, s’occuper, échanger.

La fête des voisins, par exemple, c’est quelque chose qui existe mais qui est très peu pratiqué à Lunel. Ne serait-ce que cela. Donc c’est redynamiser tout cela.

Redynamiser une ville, c’est vraiment demander aux gens ce qu’ils souhaitent, les accompagner, et surtout leur permettre d’aller au bout de leurs envies, de mettre en place ce qu’ils ont décidé.

Gilbert Wayenborgh :
Donc quelque part les rassembler à nouveau, les faire parler ensemble.

Bruno Gagne :
C’est ça.

Parce que les experts de la commune, ce sont les habitants. Les solutions, il faut les trouver avec eux. On ne va pas les trouver sans eux.

Je ne crois pas que n’importe qui, qu’il soit élu maire, conseiller ou adjoint, puisse construire quelque chose sans prendre en compte les aspirations des personnes, sans prendre en compte ce qu’elles demandent véritablement, comment elles expriment leurs besoins, et comment on peut transformer ces besoins en solutions.

Donc forcément, cela va se construire avec eux.

Ce que nous proposons notamment en termes de démocratie, c’est justement cela : développer ces espaces pour qu’on puisse trouver des solutions ensemble très rapidement.

Gilbert Wayenborgh :
Très rapidement, vous pouvez dater un petit peu ?

Bruno Gagne :
C’est quelque chose qui va durer sur le mandat, bien sûr, mais d’ici trois ans, c’est clair qu’on aura fait un grand pas en avant. Cela, c’est évident.


Vision de Lunel en 2050

Gilbert Wayenborgh :
Quelle vision vous avez de Lunel en 2050 ?

Bruno Gagne :
En 2050, déjà, est-ce qu’on va pouvoir vivre normalement à Lunel ?

Parce que, comme je disais tout à l’heure, si les températures augmentent de plus de 4 degrés et que les conditions climatiques se dégradent de cette façon-là, il n’est pas certain qu’on puisse vivre de la même façon en 2050 que maintenant.

Donc, en ce qui nous concerne, si on a réussi la transformation écologique, la bifurcation écologique, la transition écologique, si on a réussi à protéger l’habitat, si on a réussi à protéger notre environnement, si on a créé les conditions de pouvoir vivre correctement dans une ville apaisée, alors on aura gagné notre pari.

On aura une ville non émettrice de carbone. Déjà, cela, c’est important. Une ville beaucoup plus végétalisée qu’elle ne l’est actuellement.

L’idée, c’est de réduire le chômage, à travers la mise en place de tout ce dont je parlais précédemment, pour avoir des emplois durables.

Ce serait aussi une ville qui pourrait devenir une référence en termes de démocratie, c’est-à-dire dans son mode de fonctionnement, avec la participation permanente des citoyens et des citoyennes.

Par exemple, votre émission, il faut développer cela : l’expression directe des personnes, pour pouvoir les entendre. Il faut qu’il y ait en permanence ces espaces où l’on puisse s’exprimer, être entendu. Mais pas seulement être entendu : derrière, il faut des prises de décisions concrètes qui améliorent la vie des gens.

Donc, ce que je peux dire pour conclure là-dessus, ce n’est pas forcément ce qu’ils retiendront de ce que j’aurais fait, ou de ce que l’équipe municipale aura fait. Ce qui sera important, c’est ce qu’eux auront fait. C’est-à-dire comment on aura associé l’ensemble de la population à toute cette démarche.

Ce qui va être important, c’est que, dans les années futures, les gens puissent dire : oui, on a fait quelque chose de très positif ensemble dans notre ville.

Donc, en 2050, pour conclure, je dirais que Lunel sera une ville d’union populaire, fière et solidaire.


Développement économique et préservation du cadre de vie

Gilbert Wayenborgh :
Quel équilibre imaginez-vous entre le développement de la ville, le développement économique, et la préservation du cadre de vie ? Cela reste comme quelque chose de très fragile : d’un côté il faut développer l’économie, de l’autre il faut préserver le cadre.

Bruno Gagne :
On ne peut pas continuer à faire ce qui s’est fait jusqu’à maintenant, c’est-à-dire l’étalement urbain sans préserver notre espace naturel.

Nous, en ce qui nous concerne, c’est inscrit dans le programme : il faut d’abord bâtir sur la propre ville, sur l’existant.

Il suffit d’aller voir les zones artisanales et commerciales de Lunel : il y a beaucoup d’espaces où l’on pourrait redynamiser actuellement de l’économie. Ce n’est pas la peine de s’étendre.

On a plutôt intérêt à préserver l’espace.

Notre proposition de développer une cantine bio gratuite à terme s’inscrit là-dedans. Dans un premier temps, je rappelle, ce ne sera pas gratuit pour tout le monde tout de suite, mais dès la première année pour les personnes en dessous du seuil de pauvreté.

Si on veut s’engager sur du bio gratuit, avec tout ce que cela comporte, création d’une cuisine municipale, cela veut dire qu’il va falloir travailler avec tous les producteurs locaux. Donc il va falloir augmenter aussi la production autour de Lunel.

Cela veut dire qu’il va falloir travailler correctement et acheter les produits des producteurs, des agriculteurs à proximité de la ville ou en tout cas de l’agglomération, parce que l’on sait que sur la ville elle-même il n’y aura pas suffisamment de terres agricoles pour nourrir toute la population de Lunel. Il va donc falloir élargir le périmètre.

Mais tout cela, cela va développer de l’emploi.

Et derrière, on veut aussi créer une conserverie, c’est-à-dire, à terme, vers la fin du mandat, non seulement avoir la cantine municipale qui fonctionne avec des produits locaux bio, mais aussi, si on a une surproduction, remettre cela dans les circuits de vente et aider les producteurs à vendre leurs produits à des prix défiant toute concurrence.

Donc on peut très bien conjuguer développement local, écologie et développement économique.

Sachant que l’on favorisera forcément sur Lunel l’implantation d’entreprises qui s’inscrivent dans ce parcours vert, c’est-à-dire sur le photovoltaïque, sur l’isolation des bâtiments, pour qu’il y ait moins de déperdition énergétique, etc.

Tout cela, oui, on peut le conjuguer, en le faisant ensemble.


La trace qu’il aimerait laisser

Gilbert Wayenborgh :
Quel rêve aimeriez-vous laisser à long terme sur Lunel ?

Bruno Gagne :
Pour moi, ce n’est pas ma personne qui est importante.

Je ne me suis pas présenté pour avoir une statue au milieu de Lunel, pas du tout.

Je pense qu’on doit penser à nos concitoyens, et surtout l’idée, c’est que s’ils se rappellent d’une chose, ce soit celle-ci : on a bien fait les choses ensemble. On a avancé ensemble. On a pu transformer Lunel ensemble. On a pu la redynamiser ensemble.

C’est cela, surtout.

Qu’on ait une vie beaucoup plus solidaire, où les gens soient contents de vivre dans cette ville.

En plus, Lunel, moi je la connais depuis pas mal d’années maintenant. Il y a tout ici. Il y a le milieu associatif.

L’idée, c’est aussi de vraiment renforcer le lien avec les associations, leur donner les moyens de pouvoir travailler, de pouvoir agir.

Il y a un tas de bonnes volontés à Lunel. Donc là-dessus, je n’ai pas de doute.

Ce n’est pas ma personne qui compte le plus dans ce débat-là. Je ne suis qu’un élément, un acteur comme les autres, pour tenir tous nos objectifs.

Mais ensemble, on va y arriver.

Gilbert Wayenborgh :
Avec vous d’ailleurs.

Bruno Gagne :
Pourquoi pas.


Dernier message aux électeurs

Gilbert Wayenborgh :
On a quasiment fait le tour des questions. Peut-être un dernier mot pour les électeurs ?

Bruno Gagne :
Oui. Je pense que nous sommes face à des enjeux lourds.

Je reviens sur l’histoire de la piscine, comme cela au moins c’est clair : ce n’est pas possible de continuer à fonctionner de cette façon-là.

Cela veut dire quoi, quand des élus décident d’un mode de gestion privé ? Cela veut dire que lorsque j’achète mon billet, que ce soit pour les arènes, la piscine, la cantine ou ailleurs, une partie du prix du billet va partir dans la poche des actionnaires.

C’est cela que cela veut dire.

Et nous, cet argent-là, on veut le récupérer.

Je pense qu’on est face à des défis majeurs par rapport à cela. Si les personnes prennent véritablement conscience de ces enjeux-là, il va falloir qu’on change la municipalité.

Il faut dire oui à une équipe qui modifie tout cela aujourd’hui, une équipe qui change le mode de fonctionnement, qui favorise le bien public, qui favorise la vie des gens, qui essaie d’augmenter le pouvoir d’achat, de développer l’économie sur le territoire.

Et cette équipe, nous vous la proposons.

C’est cela que je veux dire.

Gilbert Wayenborgh :
Il va falloir voter pour l’Union populaire.

Bruno Gagne :
Voilà.

Gilbert Wayenborgh :
Malheureusement, le temps imparti est dépassé. Merci beaucoup.

Bruno Gagne :
Merci à vous.

Gilbert Wayenborgh :
Et puis moi je dis aux spectateurs : à très vite pour une autre vidéo avec un autre candidat.

Mais surtout, regardez bien les QR codes qui sont sur le côté des vidéos. Ils vous permettent de poser vous-même des questions aux différents candidats.

Bruno, merci encore.

Bruno Gagne :
Merci.

Gilbert Wayenborgh :
Et puis à très bientôt pour une autre vidéo.