De la renaissance du Réveil Pescalune dans les années 1980 aux spectacles de rue contemporains, Jocelyne Sainte-Croix incarne un parcours artistique fait de passion, d’adaptation et de création collective. Invitée de Lunel-Hebdo aux côtés de Gilles Bonnière Soto, la musicienne revient sur plus de quarante ans d’engagement musical et délivre un message inspirant, notamment aux jeunes femmes qui souhaitent suivre une voie artistique.


Une histoire qui commence avec la renaissance d’une fanfare lunelloise

Tout débute en avril 1980, à Lunel. Alors que la fanfare historique Le Réveil Pescalune renaît après des années d’arrêt, les premiers enfants découvrent pour la première fois un instrument de musique. Parmi eux, les frères de Jocelyne… puis Jocelyne elle-même, quelques mois plus tard.

À une époque où il n’existait pas encore d’école de musique structurée, cette fanfare devient un véritable tremplin. Plusieurs musiciens aujourd’hui reconnus y ont fait leurs débuts. Pour Jocelyne Sainte-Croix, cette expérience fondatrice révèle déjà deux éléments essentiels :
la puissance du collectif… et la naissance d’une vocation.


De la Peña à la compagnie de spectacle : l’art de se réinventer

Après les années fanfare vient le temps des Peñas, formations festives emblématiques du Sud, mêlant cuivres, saxophones et répertoire populaire lié aux traditions camarguaises.
Mais rester figé n’a jamais été une option.

Avec la Peña Vidourlenque, Jocelyne et ses musiciens choisissent d’évoluer vers une forme plus moderne :
un véritable orchestre de rue, intégrant chanteuses, sonorisation mobile, décors, costumes et créations thématiques.

Cette transformation marque un tournant professionnel.
La troupe devient une compagnie de spectacle, capable de proposer des univers variés :
fanfare américaine de commémoration, spectacles marins, univers steampunk, arts de rue immersifs…
Un mot résume cette philosophie : adaptabilité.



La force du collectif et l’émotion du public

Chez Jocelyne Sainte-Croix, la musique n’est jamais solitaire.
Elle se vit en famille, entre frères, sœur, beau-frère et désormais nouvelle génération.
Elle se vit aussi dans la rue, au contact direct du public.

Certaines prestations laissent une empreinte particulière :
les commémorations de la Libération, où les spectateurs revivent leur mémoire intime,
ou encore les grands carnavals et festivals, où la musique devient émotion partagée.

Ce lien humain explique son refus d’une carrière solo sur bande enregistrée.
Pour elle, la musique doit rester vivante, collective et en direct.


Créer sans cesse, entre inspiration et réalité technique

Imaginer un spectacle est une chose.
Le produire en est une autre.

Écriture musicale, conception de costumes, stockage, logistique, répétitions…
Derrière la poésie de la rue se cache une véritable entreprise artistique.

Les idées naissent parfois d’une envie, parfois d’une commande.
Elles mûrissent longtemps, bifurquent, se transforment…
jusqu’à trouver leur forme juste.
Comme en peinture, il faut savoir donner le dernier coup de pinceau.


De Lunel à Monaco : quand les réseaux ouvrent les portes

Après des décennies de scène locale et régionale, de nouvelles opportunités apparaissent.
Un producteur repère la compagnie sur les réseaux sociaux et envisage une prestation au Casino de Monaco pour la Saint-Patrick.
Preuve que la visibilité numérique peut aujourd’hui prolonger le bouche-à-oreille artistique.

Un rêve ?
Plutôt la confirmation d’un travail accompli avec constance.


Croire en ses rêves, surtout pour les jeunes filles

En conclusion de l’émission, Jocelyne Sainte-Croix adresse un message simple mais puissant :
croire en ce que l’on veut devenir… et travailler pour y parvenir.

Elle rappelle qu’on lui a autrefois dit qu’une fille ne pouvait pas jouer en Peña.
Sans détermination, sa carrière musicale n’aurait jamais existé.

Son conseil résonne comme une invitation universelle :
faire ce que l’on aime, le faire sérieusement…
et ne jamais renoncer à ses rêves.

CML Productions