Série : 2
Candidat : Thierry Razigade
Intervieweur : Gilbert Wayenborgh
Durée : 31 minutes
Lieu : Studio TV Lunel (voir Synthèse du programme de Thierry Razigade)

Introduction

Thierry Razigade présente son programme pour Lunel, axé sur une gouvernance de proximité, la sécurité, la redynamisation du centre-ville, la transition climatique et la valorisation des traditions.

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue sur Paroles de Démocratie.

Aujourd’hui, c’est la deuxième série consacrée aux programmes des candidats, et j’ai le plaisir d’accueillir Thierry Razigade.

Thierry Razigade :
Bonjour. Je vous remercie de votre invitation.

Gilbert Wayenborgh :
Alors, première question, on va directement entrer dans le vif du sujet : quel est votre programme ?


Contexte et méthode de travail

Thierry Razigade :
Avant de vous parler de mon programme, permettez-moi de vous présenter le contexte dans lequel nous avons réfléchi à celui-ci.

D’abord, c’est le fruit d’un travail collectif avec l’association Lunel Réussir Ensemble. Nous avons commencé notre travail en 2022. Nous avons créé des groupes de travail et, avec eux, nous avons réfléchi sur diverses thématiques.

Nous avons également créé un journal qui s’appelle Vivo Lunel, d’où le nom de notre liste. Nous avons publié quatre numéros de ce journal et, dans les deux premiers, nous avons intégré des questionnaires pour demander aux Lunellois ce qu’ils attendaient sur différentes thématiques. Cela nous a permis de réfléchir aux éléments du programme que je vais vous exposer.

Nous avons parlé des comités de quartier et nous les avons organisés.

Nous sommes aussi partis d’un diagnostic de terrain.

Lunel est une ville agréable à vivre. Je suis très heureux de vivre à Lunel. Elle est idéalement située entre Nîmes et Montpellier, nous avons un pôle multimodal, une sortie d’autoroute, nous ne sommes pas loin de la mer ni de la montagne. C’est donc quelque chose d’exceptionnel et de très agréable à vivre.

Mais pour autant, Lunel a toujours eu un déficit d’image et elle accuse encore un retard dans divers domaines : l’éclairage public, l’entretien des voiries, et également l’emploi. Il faut donc développer l’emploi à Lunel.

Le troisième point que je voulais évoquer avant de vous présenter le programme, et qui m’inquiète un peu, c’est la baisse de l’autofinancement, qui a diminué sur ce dernier mandat d’à peu près 80 %, pour être ramené à 1 million d’euros, ce qui laisse présager peut-être des difficultés pour l’investissement futur.

Quoi qu’il en soit, le programme que je vais vous présenter, nous l’avons étudié, chiffré, et il est réaliste. Nous nous sommes basés sur les préconisations de la Cour régionale des comptes, qui estime que la ville de Lunel a une capacité d’investissement de 6 millions d’euros par an.


Gouvernance et comités de quartier

Thierry Razigade :
Pour la présentation du programme, je vais commencer par les comités de quartier, parce que je souhaite mettre en place une nouvelle gouvernance, au plus près des Lunéloises et des Lunélois.

Nous avons déjà organisé cinq comités de quartier, parce que souvent les politiques parlent, et nous avons voulu joindre les actes à la parole. Au départ, c’était pour présenter le dispositif aux Lunélois, mais également pour les écouter. Aujourd’hui, dans le cadre de la campagne, nous faisons une deuxième session de comités de quartier pour aller présenter notre programme, l’expliquer aux Lunélois et répondre à leurs questions.

Un point particulier concerne le quartier Nord. C’est un quartier qui va être en pleine extension très rapidement, puisqu’il y a la construction de la nouvelle gendarmerie qui est lancée. D’autres projets vont venir, notamment la création d’une résidence seniors à l’arrière de la future gendarmerie.

Nous souhaitons également, sur cette partie nord de Lunel, développer une offre commerciale de proximité, parce qu’aujourd’hui il y a très peu d’offres commerciales dans ce quartier.


Sécurité publique

Thierry Razigade :
Je vais parler également de la sécurité publique. C’est un peu ma spécialité, puisque j’étais directeur principal de police municipale. C’est donc un domaine que je connais bien, puisque j’ai également été chef de la police municipale de Lunel pendant sept ans.

Je ne vais pas vous parler d’une augmentation des effectifs, parce qu’aujourd’hui nous avons une police municipale forte de 39 agents. Si on ramène cela au ratio habituel, on est normalement à un agent pour 1 000 habitants. Si l’on estime la population de Lunel à 27 000 habitants, on devrait avoir 27 policiers municipaux. Nous en avons 39.

Je ne parlerai donc pas d’un renforcement des effectifs, mais plutôt d’une modernisation des moyens donnés aux policiers municipaux pour leurs missions, mais également au travers du CSU, le Centre de supervision urbain. Il existe aujourd’hui des dispositifs techniques qui permettent d’améliorer l’opérationnalité sur le terrain.

Je suis également favorable à l’extension des pouvoirs de police des policiers municipaux. Aujourd’hui, il y a un projet de loi qui a été débattu au Sénat et qui va passer à l’Assemblée nationale. Je suis favorable à l’évolution de ces compétences, de manière à ce que les policiers municipaux soient plus autonomes dans leurs missions.

Je vous parlerai également du développement de la vidéoprotection, mais pas uniquement sous l’angle de la lutte contre la délinquance. Nous avons quand même 80 caméras. Je voudrais aussi mettre en avant un autre usage, dont on parle moins : l’utilisation de la vidéoprotection pour lutter contre les incivilités et les dépôts sauvages.

Dans les zones de garrigue, on peut aussi parler de pièges photographiques, parce que nous avons un gros problème de dépôts sauvages dans ces secteurs. Cela nous permettrait d’identifier les auteurs de ces dépôts.

Je souhaite également développer, en lien avec les comités de quartier, le dispositif voisins vigilants. Les services de gendarmerie et de police forment alors les habitants afin d’obtenir des informations sur un circuit court. C’est important à signaler.

Je souhaite aussi une réorganisation de la police municipale pour renforcer les effectifs en début de nuit, parce qu’aujourd’hui, en hiver, nous n’avons qu’une seule patrouille de police municipale de nuit, et j’estime que c’est nettement insuffisant.

En revanche, je tiens à préciser que, pour moi, la police municipale est la police de proximité par excellence, et je souhaite qu’elle le reste, puisque c’est le maire qui définit la doctrine d’emploi. Je souhaite donc m’organiser en ce sens pour que les policiers municipaux soient au plus près de la population.


Redynamisation du centre-ville

Thierry Razigade :
Nous abordons ensuite, dans notre programme, la redynamisation du centre-ville.

Aujourd’hui, beaucoup de travaux ont été faits, et c’est beaucoup plus joli qu’avant, il faut le reconnaître. Mais force est de constater qu’en ce qui concerne la redynamisation, tout reste à faire.

Dans ce sens, nous avons un projet phare, qui est certainement l’un des grands projets du programme : que va-t-on faire de l’hôpital ?

Nous sommes partis du constat que, l’été, nous avons un outil qui s’appelle les arènes, qui nous permet d’organiser beaucoup de choses : des concerts, des soirées. Mais l’hiver, nous n’avons pas d’outil de ce type.

Nous avons donc réfléchi à un équipement qui pourrait nous permettre de faire venir des gens en centre-ville. Cet outil, c’est une salle multimodale qui pourrait être configurée en 500, 1 000 ou 1 500 places, de manière à organiser des séminaires et des congrès en semaine, et des spectacles le week-end.

Pourquoi 1 500 places ? Parce qu’aujourd’hui, quand on fait venir un artiste, il faut atteindre un seuil de rentabilité. Cet outil nous permettrait, en tout cas nous l’espérons, de faire venir des gens en centre-ville. Quand vous allez à un spectacle ou quand vous en sortez, vous allez peut-être manger un morceau ou boire un verre en ville, et c’est l’objectif de ce projet.

Quoi qu’il en soit, c’est un projet qui se réalisera à plus ou moins long terme, car il faudra faire les travaux, les études, rechercher les financements. Il faudra donc aussi avoir des projets à très court terme pour redynamiser le centre-ville.

Pour moi, il faut mettre sur le même pied d’égalité les gens qui vont faire leurs courses dans les zones commerciales et ceux qui viennent en centre-ville. Pour y parvenir, je ne propose pas le stationnement gratuit, sinon ce sont les riverains qui prennent les places, mais je propose une heure de stationnement gratuit, de manière à ce que les gens puissent faire leurs courses et repartir sans avoir à payer.

C’est une des mesures qui pourra être mise en place très rapidement.

Il faut bien évidemment continuer la réhabilitation du centre-ville, avec la construction de logements et de foyers, et augmenter l’offre de stationnement au niveau de la gare. C’est important, afin que les gens puissent venir plus facilement en centre-ville.

Il faut aussi utiliser tous les leviers à notre disposition pour animer ce centre-ville : la signalétique pour les commerces, mais aussi les animations, la communication, la culture, les festivités et les traditions.

Aujourd’hui, beaucoup de collectivités ont fait le choix d’implanter des cellules commerciales à bas coût pour favoriser l’installation de commerces. Mais si on réfléchit un peu, si vous avez un pas-de-porte à 300 euros par mois et que vous ne vendez rien, à un moment, vous allez fermer.

Le pari que nous faisons, c’est donc d’amener des gens en centre-ville, de faire travailler nos commerçants, et ensuite le commerce se fera de lui-même dès lors que nous aurons du monde qui viendra faire ses courses en centre-ville.

Bien évidemment, on ne peut pas faire cela tout seuls. La collectivité ne peut pas agir seule. Je propose donc également d’aller rencontrer les commerçants, un peu dans le même esprit que les comités de quartier, afin d’établir des partenariats.


Emploi, développement économique et zones d’activité

Thierry Razigade :
La redynamisation, c’est plus large que le centre-ville. Il faut l’envisager à l’échelle de la ville. Et, comme je vous le disais tout à l’heure, il faut essayer de développer l’emploi local.

Je tiens quand même à rappeler que c’est une compétence de la Région et de l’Agglomération, et que le maire n’est pas seul décisionnaire en la matière. En revanche, il se doit de défendre les intérêts de sa ville. C’est ce qui me paraît très important.

J’entends aujourd’hui certains proposer de nouvelles zones commerciales. Moi, je proposerais d’abord de finir ce que nous avons commencé. Nous avons la zone d’activité économique des Dardaillons, et il reste encore 4 hectares à acquérir. Faisons donc venir des entreprises dans cette zone, continuons le travail de requalification sur celle des Fournels, avant d’envisager de construire une nouvelle zone d’activité économique à la sortie de l’autoroute.

Il faut également faire attention à cet emplacement, parce que nous avons des contraintes hydrologiques. On ne peut pas développer l’offre commerciale en mettant en danger la sécurité des Lunélois, car il y a une problématique d’eaux de ruissellement et de risque d’inondation pour la ville de Lunel. Ce sont donc deux projets qu’il faudra mener ensemble.

Nous proposons également de développer des espaces de coworking, car il y a aujourd’hui une forte demande dans ce domaine.

Et puis, soyons un peu visionnaires, un peu fous. Pensons aussi à notre part d’artillerie, aujourd’hui un terrain appartenant à l’État et situé en pleine ville. Je pense qu’il va falloir développer un partenariat public-privé pour y implanter des bureaux d’entreprises. Cela nous permettrait aussi de développer l’emploi à Lunel.


Climat, énergie et ville résiliente

Thierry Razigade :
Nous abordons aussi le côté climatique avec une ville de Lunel plus résiliente face au réchauffement climatique.

Nous avons un projet de Smart City. Le projet de ville intelligente peut être découpé en deux parties : une partie confort et une partie économie. Moi, je souhaite travailler d’abord sur la partie économie : comment économiser l’électricité, comment économiser l’eau, en régulant les usages qui en sont faits.

Nous sommes dans un pays où il y a du soleil. Je ne comprends pas pourquoi la ville de Lunel est encore en retard et n’a pas pensé à installer des ombrières sur ses parkings publics.

Nous avons également un grand terrain, l’ancienne décharge de la ville de Lunel, qui est idéalement placé. Nous proposons d’y créer une ferme solaire. On ne pourra jamais rien construire dessus, et cela nous permettra d’alimenter notre éclairage public ainsi que nos bâtiments communaux.

Il y a aussi un gros travail à faire sur les bâtiments communaux, qui ne pourra pas se faire en une seule fois, je le concède, sur l’isolation, mais également sur l’équipement en panneaux photovoltaïques lorsque c’est possible.

Je voudrais donner une priorité à nos écoles, parce que chaque année, aux mois de mai et juin, on parle des difficultés rencontrées par les enseignants et les élèves à l’intérieur des établissements. Puis on part en vacances et on oublie le sujet.

À partir de là, je serais favorable à l’installation de photovoltaïque sur les écoles, de manière à pouvoir mettre en place une climatisation, par exemple, pour faciliter le travail des enseignants et des élèves.


Caserne Vauban, associations et stationnement

Thierry Razigade :
Un autre gros projet que nous avons, c’est l’aménagement de la caserne Vauban.

Nous souhaitons regrouper un maximum d’associations à l’intérieur de cet édifice, avec la création d’un accueil unique, mais également un partenariat renforcé avec les associations, avec des contrats d’objectifs.

Nous souhaitons aussi créer, derrière la gendarmerie, à Vauban, un parking. À l’intérieur, il y a de l’espace aujourd’hui sous-utilisé, et cela permettrait d’avoir des places de stationnement supplémentaires dans ce secteur de la ville qui en manque cruellement.


Équipements sportifs

Thierry Razigade :
Il faut également créer et moderniser nos équipements sportifs. Quand on est candidat, on parle des projets, mais il faut aussi entretenir l’existant.


Traditions et projet autour de Lournel

Thierry Razigade :
Je finirai par les traditions.

Moi, je suis très attaché aux traditions. C’est un véritable moteur d’attractivité pour notre territoire. Je prendrai l’exemple du Revivre de Lunel cette année : les taureaux n’étaient pas là, et les personnes non plus. D’où l’importance de ces traditions.

Nous avons un projet sur Lournel. Je souhaite recréer Lournel comme elle était il y a plus de cinquante ans. Nous sommes en zone Natura 2000, donc on ne peut pas faire n’importe quoi. L’idée, c’est de recréer Lournel telle qu’elle existait, de manière à ce que, quand on prend le côté droit du canal, on puisse faire une promenade, sauter le Dardaillon avec une passerelle, et arriver à Lournel pour que cela devienne une promenade dominicale pour les Lunélois, mais également un projet pédagogique.

Je sais également qu’une association de raseteurs souhaiterait aller sur ce site-là, et j’y serais favorable.


Conclusion générale du programme

Thierry Razigade :
Pour conclure rapidement, je ne ferai pas de politique spectacle. Ma volonté, c’est de faire de la politique autrement, en privilégiant les idées aux idéologies, avec une équipe de Lunélois et de Lunéloises compétents.

Je souhaite mettre la compétence en face de la délégation, ce qui nous permettra de gagner du temps. Ma devise serait : servir avec proximité, transparence et efficacité.

Gilbert Wayenborgh :
Ça, c’est dit. Passons aux questions.

Je me suis dépêché, mais je ne sais pas si j’étais dans les temps.

Thierry Razigade :
À peu près.


Centre-ville et attractivité immédiate

Gilbert Wayenborgh :
J’ai trois blocs de questions. Il y a le centre-ville et l’attractivité immédiate. Quels sont vos projets prioritaires, là, sur les six mois à un an à venir, qui vont se voir de façon concrète ?

Thierry Razigade :
Sur le centre-ville, je viens d’en parler tout à l’heure. Des dispositions concrètes : déjà, le parking du canal. On doit revoir son fonctionnement, parce que j’ai entendu dire que les gens étaient fortement mécontents.

On fera donc en sorte de faciliter l’accès à ce parking et également sa rotation.

Je vous ai parlé tout à l’heure d’une heure de stationnement gratuit en centre-ville, c’est quelque chose qui peut se faire assez rapidement.

Ensuite, il y a le partenariat avec les commerçants. Si nous sommes élus, si je suis élu avec mon équipe, nous nous rapprocherons des commerçants pour leur faire des propositions, les écouter, leur permettre de faire des contre-propositions, et partir ensemble sur un projet. Eux ont intérêt à agir, parce qu’il faut qu’ils aient de la vie dans leur activité, et nous, nous avons intérêt à agir parce que nous promettons la redynamisation, et il va falloir s’y atteler.

Gilbert Wayenborgh :
Donc tout cela, en quelques mois, reste faisable ?

Thierry Razigade :
Oui, cela reste faisable. D’abord, il y aura le vote du budget. Vous avez vu dans les journaux qu’il faudra s’y atteler avant le 30 avril. Ensuite, nous partirons sur ces mesures, qui pourront être mises en place très rapidement.

Il y a aussi la signalétique pour aider les commerçants, et peut-être aussi les propositions que les commerçants eux-mêmes nous feront, que nous pourrons discuter et mettre en place rapidement.

Gilbert Wayenborgh :
Donc vous prenez, quelque part, le bon essor entre la population, que ce soit les commerçants ou les habitants, à travers vos comités de quartier, pour avoir des échanges.

Thierry Razigade :
Oui, on peut parler d’un partenariat. J’accorde une grande importance à l’écoute. Il faut écouter les gens.

Je ne vais pas dire oui à tout. Nous saurons dire non. Mais quand on dit non, il faut expliquer pourquoi on dit non. Les gens sont capables de comprendre. Et si une décision est expliquée, même si on n’est pas d’accord, elle est mieux acceptée.

Ce sont des échanges.


Bien-être des habitants et vie quotidienne

Gilbert Wayenborgh :
Le bien-être des habitants : quelle est la mesure prioritaire que vous prendriez pour améliorer concrètement le bien-être des Lunélois ?

Thierry Razigade :
On peut parler de l’éclairage public. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je vais avoir recours au solaire pour pouvoir remettre en état l’éclairage public sans avoir un surcoût.

Aujourd’hui, le chantier de l’éclairage public n’est pas fini. Une tranche a été lancée pour 2025-2026, mais une fois que ces travaux seront réalisés, il ne faut pas oublier que, pour traiter toute la ville de Lunel, il faudra encore trouver entre 2 millions et 2,5 millions d’euros.

D’où notre vision d’utiliser le solaire, qui est ensuite une énergie gratuite, pour amortir les coûts de l’éclairage public.

Je vous parle aussi de l’état de nos voiries, parce que je sais que, sur les réseaux sociaux, tout le monde demande leur réparation. Je ne vais pas faire de promesses du type : “Ne vous inquiétez pas, si je passe, toutes les voiries seront impeccables.” Non. Les voiries, c’est un éternel recommencement. Il faut leur accorder un budget pluriannuel, et le tenir, de manière à réaliser les travaux en fonction de l’état de dégradation, de la fréquence d’utilisation, et de critères objectifs.

Cela me paraît important. Il faut prioriser en fonction de ces éléments.

Donc ce sont des chantiers qui commenceront à se réaliser, au moins partiellement, d’ici la fin de l’année. Je l’espère.

Il y aura le vote du budget, nous regarderons les capacités financières de la ville, et nous ferons en sorte de faire le mieux possible avec les moyens qui nous seront alloués.

Gilbert Wayenborgh :
Qu’est-ce que vous changeriez dans la vie quotidienne des habitants ?

Thierry Razigade :
La vie quotidienne des gens, c’est rapprocher les élus des administrés.

Je propose aujourd’hui les comités de quartier. C’est la première étape : les créer, les faire fonctionner. À partir de là, on peut faire beaucoup de choses. On peut organiser des animations dans les quartiers, travailler entre comités de quartier, et ensuite envisager des budgets participatifs.

Mais je suis quelqu’un de méthodique. Chaque chose en son temps. Aujourd’hui, je propose la création de comités de quartier, de les faire fonctionner, de les écouter, d’agir en conséquence, puis ensuite, lorsque tout cela sera en place, de développer le dispositif pour le bien-être de tous.

Il y a également, on l’a évoqué, l’éclairage public et l’état des voiries.

L’animation en fait aussi partie, bien sûr. L’animation, la culture, ouvrir la culture à tous : cela me paraît important. Nous avons à Lunel un capital qu’il faut mettre en avant et valoriser.


Salle multimodale et calendrier

Gilbert Wayenborgh :
Vous montriez tout à l’heure l’espace culturel avec cette salle multimodale. Vous parliez de 500, 1 000, 1 500 places modulables. Vous voyez cela quand ? Cela va se faire tout de suite ?

Thierry Razigade :
Non, je vais être très honnête avec vous. Si on prend en compte le fait que l’hôpital sera récupéré à la fin du premier trimestre 2027, le temps de lancer les études en amont, de rechercher les financements, d’organiser les travaux, de les réaliser et que l’équipement soit livré, je pense qu’on est plutôt sur un horizon 2030.

C’est pour cela que nous n’attendrons pas pour prendre des mesures immédiates afin d’essayer de redynamiser notre centre-ville.


Vision de Lunel en 2050

Gilbert Wayenborgh :
Quelle est votre vision de Lunel en 2050 ? Je sais que c’est loin, mais…

Thierry Razigade :
Une ville idyllique.

Un éclairage à LED, des routes parfaites, des parcs où les gens puissent se promener. Je souhaite que ce soit une ville apaisée entre deux grosses agglomérations, en jouant sur notre qualité de vie.

Je pense que la qualité de vie est quelque chose qui sera de plus en plus recherché, parce qu’on vit dans des espaces urbains avec de plus en plus de densité. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir une ville à taille moyenne.

Quand j’avais fait mes questionnaires, ce n’est pas une science exacte, ce sont des tendances, mais une très forte majorité de Lunélois souhaitait que leur ville soit autour de 30 000 ou 35 000 habitants, pas plus, avec des immeubles de hauteur modérée, R+2 maximum.

J’en ai déduit qu’ils souhaitaient privilégier la qualité de vie plutôt que la quantité, et ne pas faire du développement du nombre d’habitants un objectif en soi.

Bien sûr, cela va avec le commerce, les entreprises, et tout ce qui en découle.

Gilbert Wayenborgh :
Heureusement.

Thierry Razigade :
Oui. J’en ai parlé tout à l’heure : le développement économique est important, tout à fait, de manière à ce que nous ayons de l’emploi local.


Position de Lunel entre Nîmes et Montpellier

Gilbert Wayenborgh :
Comment voyez-vous la position de Lunel entre Nîmes et Montpellier ?

Thierry Razigade :
Ce sont deux grosses agglomérations. Nous ne pouvons pas leur ressembler. Nous ne pouvons pas les concurrencer.

Il faut que nous ayons de bonnes relations avec elles, mais que nous gardions notre âme, notre culture, notre manière de vivre à Lunel.

Il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui, il faut parler de Lunel, mais aussi de l’Agglomération. Lunel, c’est un peu moins de 26 500 habitants, mais l’Agglomération, c’est 50 000 habitants.

L’objectif, c’est donc aussi de travailler à l’échelle de l’ensemble du territoire, et que Lunel ait vraiment le rôle d’une ville centrale.


Rôle de l’Agglomération

Gilbert Wayenborgh :
Et l’Agglo, quel rôle va-t-elle jouer là-dedans, vis-à-vis de votre équipe ?

Thierry Razigade :
Déjà, l’Agglo, sur le développement économique, c’est une compétence de l’Agglomération. Je vous l’annonce de nouveau.

Et vis-à-vis de mon équipe, quand on va à l’Agglo, il faut rassembler. C’est un EPCI, un établissement public de coopération intercommunale. Le mot coopération a tout son sens.

C’est un endroit où 14 maires décident pour un territoire. Ce n’est pas un maire qui décide pour l’ensemble du territoire, ni un président seul, ce sont 14 maires qui s’entendent autour de projets.

Gilbert Wayenborgh :
Et les projets que vous avez pour l’Agglo ?

Thierry Razigade :
Je vais vous tenir le même discours que tout à l’heure : chaque chose en son temps.

Vous savez qu’aujourd’hui l’Agglo a un gros investissement à réaliser, qui est la piscine intercommunale. Réalisons cet investissement, travaillons pour qu’il fonctionne le mieux possible, puis ensuite nous regarderons les capacités financières de l’Agglomération.

Je rappelle quand même que l’Agglomération a un autofinancement à hauteur de 2 millions d’euros, et que la piscine représente un investissement de 24 millions d’euros hors taxes.

Gilbert Wayenborgh :
Effectivement, cela fait beaucoup.


Héritage et trace laissée à Lunel

Gilbert Wayenborgh :
Quelle trace aimeriez-vous laisser à long terme à Lunel ? Vous vivez à Lunel.

Thierry Razigade :
La trace que j’aimerais laisser, c’est de développer un bien-vivre ensemble à Lunel.

C’est le plus important : bien vivre ensemble. Apprendre à se connaître, vivre ensemble, pas vivre les uns à côté des autres, mais vivre ensemble et faire des projets ensemble. Cela me paraît important.


Effets visibles dès la fin de l’année

Gilbert Wayenborgh :
Donc, dans votre programme, dès la fin de l’année, on aura déjà des effets visibles ?

Thierry Razigade :
Bien sûr. Je vous en ai indiqué quelques-uns au cours de notre entretien.

Oui, il y aura des effets visibles. Il va y avoir un gros travail de recensement, de regarder ce qui peut être fléché.

Je vais vous prendre un exemple simple : l’éclairage public. Vous savez que lorsque vous payez votre facture d’électricité, il y a une taxe qui revient à la ville. Vous connaissez le montant de cette taxe ?

Gilbert Wayenborgh :
Non.

Thierry Razigade :
Cela représente à peu près 700 000 euros par an en moyenne. Je considère donc que si cet argent avait été affecté à l’éclairage public, en faisant un calcul rapide, 4 x 7 = 28, on aurait pu, en quatre ans, rétablir l’éclairage public sur l’ensemble de la ville.

Donc, si je suis élu, je veux être très clair : cette somme-là sera affectée à la rénovation de l’éclairage public.

Gilbert Wayenborgh :
D’accord.


Message final aux Lunellois

Gilbert Wayenborgh :
On arrive quasiment à la fin. Est-ce que vous avez encore un message à passer aux Lunellois ?

Thierry Razigade :
Oui. Je ne vais pas dire “votez pour nous”, mais regardez notre programme, regardez le programme des autres concurrents, réfléchissez, et prenez la bonne décision.

Gilbert Wayenborgh :
D’accord. Merci beaucoup Thierry Razigade, avec Vivons Lunel. J’aurai certainement le plaisir de vous recevoir encore avec les questions des internautes, enfin de toute la population lunelloise. Vous verrez à côté de la vidéo qu’il y a des QR codes : scannez-les, et vous arriverez sur un petit questionnaire sur lequel vous pouvez poser des questions directement au candidat, questions que nous utiliserons pour la série 3.

Thierry Razigade :
Ce sera avec plaisir que je reviendrai vous voir.

Gilbert Wayenborgh :
Merci beaucoup Thierry Razigade, et à très bientôt.

Thierry Razigade :
Merci à vous.