Série : 2
Candidat : Anthony Belin
Intervieweur : Gilbert Wayenborgh
Durée : 32 minutes
Lieu : Studio TV Lunel (Voir aussi la Synthèse du programme d’Anthony Belin)

Introduction

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue à notre Parole de Démocratie.

Aujourd’hui, on va parler du programme des candidats. Sur le côté de l’écran, vous avez un QR code qui vous renvoie vers un formulaire dans lequel vous pouvez poser des questions aux candidats, questions que nous utiliserons dans la prochaine série.

Mais d’abord, commençons par le programme d’Anthony. Bonjour Anthony.

Anthony Belin :
Bonsoir Gilbert.

Gilbert Wayenborgh :
Alors, ce programme, explique-nous.


Une candidature de rupture

Anthony Belin :
C’est un vaste sujet. Aujourd’hui, je ne suis pas venu faire un discours confortable. Je ne suis pas venu rassurer le système. Je suis venu dire la vérité et proposer une rupture, parce que notre ville mérite mieux que l’habitude. Mieux que la gestion prudente du déclin. Mieux que les promesses recyclées à chaque élection.

Et je veux le dire clairement : Lunel, c’est vous. Pas l’appareil. Pas les élus installés. Vous.

Je vous le dis sans détour : une ville n’appartient pas à ceux qui la dirigent. Elle appartient à ceux qui y vivent, qui y travaillent, qui y élèvent leurs enfants.

Et, sans filtre, je vous le dis : une ville ne se redresse pas avec des discours. Elle se redresse avec des décisions.

Depuis trop longtemps, on administre au lieu de diriger. Depuis trop longtemps, on explique au lieu d’agir. Depuis trop longtemps, on excuse au lieu de corriger.

Et pendant ce temps, les Lunellois encaissent les hausses, les lenteurs, l’insécurité, le déclassement et surtout l’oubli.

Je veux parler des oubliés : des quartiers oubliés, des commerçants oubliés, des classes moyennes oubliées, des travailleurs oubliés, de ceux qui paient pour tout, qui n’ont droit à rien et qui ne sont jamais écoutés. De ceux qui, quand ils appellent la mairie pour dire : “On n’en peut plus”, entendent : “On ne peut pas.”

Vous savez, hélas, le renoncement à Lunel est devenu une méthode.

Avec l’équipe qui m’entoure, nous allons en faire une faute du passé.

Avant de développer mon programme, je veux vous expliquer pourquoi je m’engage. Je refuse la politique qui s’adapte aux problèmes au lieu de les résoudre. Je refuse la gestion qui s’autocongratule pendant que la réalité se dégrade. Je refuse le langage flou qui masque l’inaction.

Je viens d’un monde réel où une décision produit un effet, où une erreur coûte, où l’on rend des comptes. Je ne viens pas occuper un fauteuil. Je viens changer une trajectoire.

La clarté n’est pas violente, elle est courageuse.


Premier pilier : l’ordre

Anthony Belin :
Premier pilier de notre programme : l’ordre.

La sécurité, ce n’est pas une option municipale. C’est la base du contrat social local.

Quand une mère de famille change d’itinéraire pour rentrer chez elle, quand un commerçant anticipe la fermeture de son commerce, quand un senior évite une place, ce n’est pas un sentiment, c’est un échec politique.

La loi doit être respectée partout, tout le temps. Point.

La mairie doit redevenir une autorité visible, présente, ferme.

L’éclairage public sera rétabli dès le troisième jour de notre mandat.

Les délinquants seront harcelés quotidiennement.

Les effectifs de police municipale seront doublés.

La vidéoprotection sera installée partout, car protéger les honnêtes gens passe avant le confort des perturbateurs.


Deuxième pilier : le travail

Anthony Belin :
Deuxième pilier : le travail.

Une ville qui ne produit plus dépend. Une ville qui dépend recule. Une ville qui recule s’appauvrit.

Je refuse une ville qui vivrait sous perfusion. Je veux une ville productive.

Avec l’équipe Lunel c’est vous, nous fixons un objectif de créer 1 000 emplois sur le mandat. Ce n’est pas un chiffre décoratif, c’est un cap opérationnel.

Zone logistique, data center, artisanat, PME, formation. Parce que former local, c’est employer local, c’est investir local.

Je le dis aussi sans détour : je serai président de l’agglomération afin que Lunel ne soit plus spectatrice de son propre développement.

Parce que le travail crée la dignité, et la dépendance crée l’impasse.


Troisième pilier : la jeunesse

Anthony Belin :
Troisième pilier : la jeunesse.

À mon sens, on a trop abaissé l’exigence envers la jeunesse par peur de déplaire. Résultat : moins de repères, plus d’erreurs.

La jeunesse que l’on rencontre ne demande qu’une chose : moins de tolérance molle. Elle mérite une ambition ferme, du sport, de l’apprentissage, des métiers techniques, de l’innovation, un cadre, de la discipline, une projection vers l’avenir.

Nous instaurerons un partenariat avec la Caisse d’allocations familiales de l’Hérault pour que les jeunes allocataires du RSA âgés de 18 à 35 ans, qui ne justifient pas d’une situation familiale particulière, d’un enfant ou d’une recherche d’emploi active, soient conduits dans les saisons de ski ou l’été en station balnéaire pour travailler.

Ainsi, nous allons leur redonner le goût de l’effort, le goût du travail, et leur faire comprendre qu’au-delà de leur allocation RSA, ils peuvent gagner plus en travaillant plus, parce qu’ils mériteront plus.

Parce que croire en la jeunesse, ce n’est pas tout lui permettre, c’est l’élever.

Et je pense qu’à Lunel, depuis trop d’années, on a oublié d’élever notre jeunesse. On l’a encouragée dans son déclin, et cela, c’est une vraie faute politique.


Quatrième pilier : identité et culture

Anthony Belin :
Je veux maintenant parler d’identité et de culture.

Une ville sans identité devient interchangeable. Une ville interchangeable devient oubliable.

Nous assumerons enfin nos traditions, nos fêtes, notre culture populaire, nos racines, non pas par nostalgie, mais par solidité. Parce qu’une ville qui sait qui elle est sait où elle va.


Cinquième pilier : l’argent public

Anthony Belin :
Maintenant, il y a un sujet dont tout le monde parle, mais jamais avec assez de vérité : l’argent public.

Lunel, c’est vous. Donc l’argent, c’est l’argent du contribuable. Et cela, on l’a trop souvent oublié. Il a trop souvent été dépensé sans respect.

On a vu des cérémonies de vœux à 90 000 euros. On a fait des opérations de voirie, des ronds-points, à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Dès le premier jour du mandat, nous lancerons un audit financier pour dire aux Lunellois, en transparence, où en sont les finances de la ville.

Nous mettrons fin aux dépenses d’apparat.

Aujourd’hui, par exemple, le maire de Lunel a une voiture de fonction. Aujourd’hui, les élus ont des passes gratuites pour les courses camarguaises, pour les concerts, pour tout un tas de spectacles et d’événements que les Lunellois, eux, ne peuvent pas se payer. Pour les élus, c’est gratuit.

Avec nous, les élus paieront. Nous mettrons fin aux privilèges discrets.

Nous réduirons le nombre de directeurs. Je n’ai pas besoin autour de moi d’une armée mexicaine qui me dit si le panneau doit être jaune ou bleu. Je sais décider tout seul.

Nous mettrons fin à cette administration qui dit aux politiques que penser.

Ma légitimité, je l’acquerrai par les Lunellois qui me confieront leur confiance. Je vais être élu pour un cap, pour un programme. J’exécuterai ce que les Lunellois me confieront. L’administration mettra en œuvre ce que les Lunellois nous ont demandé de mettre en place, pas plus.

Aujourd’hui, on a trop de chefs, pas assez d’efficacité.

L’argent public, ce n’est pas un confort, c’est une responsabilité.

Et je le dis sans détour : les impôts locaux devront baisser.

Aujourd’hui à Lunel, 32 % de la population paie l’impôt local. Ce n’est pas assez.

Si on veut une ville qui crée de la richesse, qui n’asphyxie plus la classe moyenne, nous devons attirer une nouvelle population qui va payer de l’impôt, qui va contribuer à l’effort local, et qui ne se sentira plus visée quand les élus voteront les taux de fiscalité locale.

Parce qu’en fait, à Lunel, depuis trop d’années, ce sont les mêmes qui paient pour tout et qui n’ont droit à rien.

Nous baisserons donc la fiscalité, non pas quand tout ira mieux, mais pour que tout aille mieux.

Avec nous, ce sera moins de gaspillage, plus d’activité, plus d’emploi, plus de baisse fiscale.

Parce qu’on ne sauve pas une ville en pressurant ceux qui tiennent encore debout.


Les oubliés comme priorité

Anthony Belin :
Quand je dis que je veux parler aux oubliés, c’est parce que je veux qu’ils deviennent prioritaires.

Les invisibles, et ils sont nombreux, deviendront visibles.

Les négligés deviendront centraux.

Les respectueux deviendront la référence.

Nous reprendrons les voiries de quartier.

Nous créerons un réseau de placettes.

Nous rétablirons l’éclairage partout.

Nous referons les trottoirs pour que chacun puisse se déplacer.

Nous mettrons en place le bus à la demande pour rompre l’isolement.

Lunel, c’est vous. Et quand le pouvoir local l’oublie, il faut le remplacer.

Le choix qui arrive est simple : continuer doucement et décliner, ou décider franchement et redresser.

Alors Gilbert, je ne vous promets pas le confort, mais je vous promets le mouvement. Je vous promets l’action. Je vous promets la vérité.

Le sursaut n’est pas qu’un slogan. C’est une décision.

Je suis prêt, l’équipe est prête, le projet est prêt.

L’avenir ne se subit pas, il se conquiert.

Lunel, c’est vous, et maintenant on avance.


Relance : centre-ville et attractivité immédiate

Gilbert Wayenborgh :
J’ai bien compris votre programme, du moins la manière dont vous l’exprimez.

Revenons un petit peu au centre-ville et à son attractivité immédiate.

Quels sont vos projets prioritaires pour transformer le centre-ville et renforcer l’attractivité de Lunel dès le début du mandat, dans les prochains mois, si cela se fait ?

Anthony Belin :
Les travaux qui ont été menés en centre-ville ont été menés de la façon qu’il fallait.

Je n’ai pas de sujet aujourd’hui sur ce qui a été conduit. J’ai été directeur de cabinet de Pierre Soujol. J’ai écrit la stratégie de Lunel Ose Métamorphose, réouverture des maisons closes. Donc je ne vais pas être le politique de base qui va critiquer ce qui a été fait.

En revanche, je pense qu’après avoir refait la voirie, maintenant il faut s’occuper de créer réellement un circuit marchand.

Parce qu’aujourd’hui, quand on arrive au niveau des halles, on a le sentiment qu’il y a une barrière frontalière qui se crée, et on ne va pas au-delà. Donc comment, quand on arrive après les halles, a-t-on envie d’aller vers les Caladons, rue de la Libération, rue Sadi-Carnot ?

L’enjeu, il est là.

À mon sens, il y a différents enjeux.

Premièrement : le stationnement.

Aujourd’hui, le cœur de ville, c’est essentiellement des restaurateurs, de l’activité, du commerce vestimentaire. Pour ces restaurateurs, il faut qu’on trouve des mesures concrètes.

Aussi, avec l’équipe Lunel c’est vous, on propose la gratuité du stationnement entre 12 h et 14 h pour que les actifs des zones extérieures puissent venir en cœur de ville déjeuner et repartir.

Avec cette gratuité entre 12 h et 14 h, le commerçant sait qu’il a deux heures pour servir son client de façon calme et tranquille.

Ensuite, on propose une gratuité du stationnement le samedi après-midi parce qu’aujourd’hui, on le voit, c’est un moment calme en centre-ville. On a le local de campagne derrière l’église, donc on le voit très bien, c’est très calme le samedi après-midi.

Il y a alors deux hypothèses : soit on considère que le samedi après-midi à Lunel c’est mort, c’est désert, et dans ce cas les commerçants n’ont qu’à fermer ; soit on se demande ce qu’on fait pour attirer du monde en centre-ville.

Aujourd’hui, on le voit, les efforts sont concentrés sur le dimanche matin. Il y a les concerts, les animations, le marché, tout un tas d’événements. Mais à côté de ça, il n’y a rien.

Nous, nous voulons donc concentrer les efforts sur le samedi après-midi : gratuité du stationnement, animations musicales, animations qui vont ramener de la vie, des scènes musicales dans tout le cœur de ville. Ainsi, les gens auront ce rendez-vous régulier, le stationnement sera gratuit, il y aura des animations, ils auront une raison de venir en cœur de ville.

Mais cela va s’accompagner d’une autre stratégie : l’extension du circuit marchand.

Comment est-ce qu’on étend aujourd’hui un circuit marchand ? Ce n’est pas en mettant le couteau sous la gorge des commerçants.

Aujourd’hui, quand on se promène dans le centre-ville de Lunel, on a quasiment un commerçant sur deux qui est sur le point de fermer, parce que les prêts qui ont été accordés pendant le Covid vont commencer à être remboursés. Les commerçants voient les charges arriver les unes après les autres. Ils ont le couteau sous la gorge.

Si on regarde autour de nous à 200 mètres à la ronde, il y a peut-être 10 à 15 commerçants qui vont fermer dans les quatre prochains mois.

La solution, à mon sens, elle est simple.

Si on veut que Lunel garde une dynamique commerciale, il faut que la ville, propriétaire d’une majorité de commerces, propose des loyers préférentiels.

Comment cela fonctionne ? Quand j’étais collaborateur du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, on a mis en place une opération proactive. On attirait des vitrines commerciales, on leur proposait un loyer préférentiel et, à la fin de l’année, on discutait d’un intéressement.

Imaginez rue de la Libération une boutique de vêtements pour hommes qui, au lieu de payer 1 100 euros par mois pour 110 m², se voit proposer 1 euro pour l’année. À la fin de l’année, en fonction du chiffre d’affaires, la mairie prendrait un intéressement.

Le commerçant, lui, se dit une chose : je vais payer 1 euro pour l’année. À la fin de l’année, en fonction de mon chiffre d’affaires, je donnerai un pourcentage à la mairie.

Vous voyez, aujourd’hui, au lieu d’avoir une rue de la Libération où les commerçants ferment les uns après les autres, on aurait une rue qui vit, une rue dynamique, une rue où les commerçants se battraient pour s’installer.

Aujourd’hui, cela, on l’a perdu.


Les galeries Lunelloises et la rue Sadi-Carnot

Anthony Belin :
Il y a un autre sujet stratégique, c’est celui des galeries Lunelloises.

La mairie a un projet immobilier avec un peu de social à l’intérieur. Moi, cela me gêne. Parce qu’en fait, on paupérise toujours plus ce cœur de ville, on le tire vers le bas, on ramène toujours le même type de population et on ne fait pas en sorte de l’élever.

Aux galeries Lunelloises, à mon sens, il n’y a qu’une seule issue possible : il faut qu’un promoteur privé puisse le prendre en main pour y faire une résidence senior.

Pas une résidence senior à 4 000 euros par mois où les seniors ne pourront pas se loger, mais une résidence senior avec une dizaine d’appartements tout confort, au pied du commerce de proximité, de première nécessité. Parce que le senior vit en centre-ville, consomme en centre-ville, dort en centre-ville et mange en centre-ville. On a besoin aujourd’hui de cette population en centre-ville.

Ensuite, on se décale rue Sadi-Carnot, où là l’enjeu est différent.

Aujourd’hui, quand on se promène rue Sadi-Carnot, on a l’impression d’être ailleurs qu’à Lunel. Pour le dire très clairement.

Cela me pose question de façon très claire.

On a le temple, les immeubles à l’arrière côté rue Sadi-Carnot : cela devrait être une vitrine pour le centre-ville, sauf qu’aujourd’hui cela devient un fardeau.

On a plusieurs hypothèses. Soit on accepte ce déclin — moi, je ne m’en satisfais pas — soit on définit des stratégies pour reprendre en main le secteur.

Le temple doit être transformé en temple de la gastronomie.

J’ai rencontré, quand j’étais directeur de cabinet de Pierre Soujol, Glenn Viel, chef de l’Oustau de Baumanière, trois étoiles Michelin aux Baux-de-Provence. Il est prêt à monter un restaurant gastronomique, une pâtisserie haut de gamme, et être le repère de la rue Sadi-Carnot.

Et autour de cela, une fois qu’on a cette locomotive, parce qu’aujourd’hui l’enjeu c’est d’attirer des locomotives, on attirera de l’artisanat, des artisans, de l’art.

Tout ce qui s’est perdu dans cette rue Sadi-Carnot.

Aujourd’hui, rue Sadi-Carnot, si vous voulez aller vous faire coiffer ou tailler la barbe, vous avez du succès. Si vous voulez manger un kebab, vous avez du succès. Si vous voulez acheter une guitare, vous avez encore un peu de chance.

Mais demain ce ne sera plus possible.

Donc si on le reprend en main, si on envoie un signal sur ce que sera le centre-ville de demain, alors à mon sens, on peut redresser les choses. Sinon, la rue Sadi-Carnot sera perdue.

L’enjeu, c’est de savoir comment, aujourd’hui, en partant du parking du canal, on arrive à connecter la rue Sadi-Carnot et à élargir le circuit marchand.

Si on y parvient, on aura tout réussi.


Le bien-être des habitants

Gilbert Wayenborgh :
Parlons du bien-être des habitants. Quelle est votre mesure prioritaire pour améliorer concrètement le bien-être des Lunellois ?

Anthony Belin :
Le bien-être, c’est large. Une mesure prioritaire aussi, c’est large.

Il y a différentes façons de voir la chose.

Aujourd’hui, quand on rencontre les administrés dans les quartiers, tous les samedis matin, ils ne demandent qu’une chose : être écoutés.

Je vais encore y revenir, mais quand j’étais directeur de cabinet de Pierre Soujol, j’ai lancé quelque chose : Allô Monsieur le Maire. Cela fonctionnait très bien.

On répondait aux sollicitations des administrés en 48 heures. On apportait une réponse aux problèmes soulevés en 72 heures.

Allô Monsieur le Maire a changé de sexe et il ne fonctionne plus.

On a laissé la réponse municipale se transformer en inaction municipale. Au lieu d’apporter des réponses, on trouve des excuses. Et cela, ce n’est plus possible.

Donc, de façon très simple, la première chose qu’on apportera à l’administré, c’est des réponses, une écoute.

Ensuite, d’une façon plus générale, on va remettre les quartiers au cœur des priorités. Parce qu’en fait, depuis trop longtemps, les quartiers sont oubliés de la chose publique.

Vous le verrez, notre programme ne promet pas de grands projets. Il ne promet pas un stade à la sortie de Lunel. Il ne promet pas un cinéma, une piste de bowling ou je ne sais quoi.

Il promet du factuel, du concret, de ce dont les gens ont besoin.

On va s’occuper du trottoir devant chez eux, de la voirie devant chez eux, on va rétablir la lumière, on va mettre des caméras partout dans tous les quartiers résidentiels, on va créer un réseau de placettes.

On ne va pas faire du superficiel. Je n’ai pas besoin de nourrir mon ego.

Aujourd’hui, plutôt que de nourrir l’ego d’un élu, les Lunellois ont besoin qu’on s’occupe de leur quotidien. Et cela a été oublié depuis bien trop longtemps.


Une mairie opérationnelle dès le lendemain de l’élection

Gilbert Wayenborgh :
Donc on peut s’imaginer un “Allô Monsieur le Maire” opérationnel à nouveau au lendemain des élections ?

Anthony Belin :
Ah oui, je pense sincèrement.

Déjà, ce sera une priorité qu’on réponde aux gens.

Tous les samedis, on est sur le terrain et les gens nous disent : “J’ai appelé parce que la branche qui est sur ma maison tombe sur mon terrain et c’est dangereux.”

Tous les samedis, on nous dit : “J’ai un tas de feuilles qui s’accumule devant mon portail et c’est à moi de ramasser.”

Cela, ce n’est pas acceptable.

À un moment donné, il faut arrêter le délire.

On paie des impôts comme personne, et quand on a besoin de la mairie, ils ne sont jamais là. Par contre, quand il y a besoin de porter des barrières ou de monter une cérémonie de vœux à 90 000 euros, ils sont là.

Il faut arrêter le délire.


Vision de Lunel en 2050

Gilbert Wayenborgh :
Passons à la vision de Lunel en 2050.

Anthony Belin :
Déjà, je suis jeune. Donc je serai encore là en 2050.

Cela sera un territoire qui aura recréé de la richesse, où l’on aura réussi à faire de la sortie d’autoroute un pôle d’attractivité économique.

À mon sens, entre Perpignan et Nice, Lunel est une des rares communes de France à disposer d’une sortie d’autoroute sans zone d’activité économique.

Aujourd’hui, Masse de Bagier, on a 62 hectares à aménager, qui peuvent créer environ 1 000 emplois avec de la logistique et un data center, et qui permettraient de rééquilibrer sociologiquement la ville.

Pourquoi c’est important ?

Parce qu’aujourd’hui, je vous le disais en début d’interview, 32 % de la population paie l’impôt sur le foncier.

Si on a envie de réduire l’effort sur la fiscalité des Lunellois, il faut élargir l’assiette fiscale.

Comment va-t-on y parvenir ?

Il faut attirer une population qui va travailler, qui va payer de l’impôt, qui va s’installer à Lunel et qui va créer de la richesse.

Pendant trop longtemps, Lunel a subi sa population. Aujourd’hui, Lunel doit choisir sa population.

Si on parvient à la choisir — par exemple quartier Villa Blanche — on va créer un quartier CSP+, qui va choisir de venir vivre à Lunel, qui va payer de la fiscalité locale. On va élargir l’assiette fiscale. On va passer de 32 % à 45 %.

Si on a ce delta qui augmente, l’effort individuel va être diminué d’un peu moins de 1 000 euros. 1 000 euros de moins sur une fiscalité locale, c’est énorme.

Cela va permettre d’attirer la classe moyenne, qui aujourd’hui a le sentiment de ne jamais être écoutée, et qui va réussir à être enfin entendue et avoir droit à des choses.

Cette classe moyenne, aujourd’hui, j’en fais partie, vous en faites partie. Il faut la considérer à sa juste valeur.

Quand on voit la classe moyenne aujourd’hui, elle nous dit : “Je suis père ou mère de famille, j’ai voulu mettre mon enfant en crèche, ce n’était pas possible pour moi parce que je gagne trop d’argent.”

Les gens qui nous écoutent entendent cela trop souvent.

Aussi, ce qu’on mettra également en place, c’est un quota de places réservé pour les enfants dont les deux parents travaillent.

Parce qu’aujourd’hui, Lunel a fait du social une impasse plutôt qu’un tremplin.

Nous avons, en 2026, 24 ans pour changer de logiciel.

Il faut que le travail devienne la norme. Il faut que l’effort devienne la référence. Et il faut que le collectif permette à la ville de se sublimer.

Si on ne parvient pas à cela, Lunel sera spectatrice de son propre déclin.

Le développement économique est une priorité. Masse de Bagier et le Dardaillon sont des secteurs priorisés et prioritaires.

Et si une autre offre politique devait être choisie en mars, ce serait dangereux pour l’avenir du territoire.

Très clairement, Lunel ne peut pas se permettre aujourd’hui de se passer de création de richesse, de création d’emploi.

On a besoin aujourd’hui — c’est mon métier — j’ai créé des zones d’activités économiques dans l’Europe entière. Aujourd’hui, je crée des data centers dans l’Europe entière.

Un data center, c’est un centre de formation aux métiers du numérique. Ce sont des métiers qualifiés, de la main-d’œuvre qualifiée, de la main-d’œuvre de base qu’on fait évoluer. Et en fait, on peut s’appuyer sur la main-d’œuvre locale qu’on fait évoluer et à qui on apporte des compétences supplémentaires.

À Lunel, ce que je regrette aujourd’hui, c’est qu’on se satisfait de laisser les gens dans la situation dans laquelle ils sont. Parce qu’on considère que si on ne les fait pas s’élever, ils continueront à voter pour nous.

Et cela, c’est triste, parce que c’est du clientélisme électoral.

Moi, je ne veux pas de cela.

Je considère qu’un administré qui, plutôt que de se satisfaire de son RSA ou de sa situation, trouve un emploi, trouve une situation, trouve une issue au marasme dans lequel il est, même s’il ne m’en sait pas gré, cela m’est égal.

Par contre, s’il est plus heureux de vivre, j’en serai le premier heureux.

Si je m’engage aujourd’hui, c’est pour cela : pour que les gens qui vivent dans la merde aujourd’hui ne soient plus dans cette merde demain.

Gilbert Wayenborgh :
Donc quelque part, en 2050, tout le monde va être heureux.

Anthony Belin :
Je ne sais pas. Ceux qui n’ont pas envie de travailler continueront à ne pas travailler.

Par contre, on leur fera comprendre, après avoir fait une ou deux saisons au ski ou en station balnéaire, qu’ils ne sont pas les bienvenus ici.


Conclusion

Gilbert Wayenborgh :
Anthony, on arrive à l’heure fatidique.

Je vous dis à très bientôt. Merci pour cet entretien et pour le programme.

Anthony Belin :
Merci à vous.

Gilbert Wayenborgh :
J’invite tous les spectateurs qui regardent Parole de Démocratie à scanner le QR code, à poser des questions aux candidats, et nous les prendrons dans une prochaine émission qui aura lieu certainement au mois de mars.

Merci beaucoup. Merci Anthony.

Anthony Belin :
Merci.

Gilbert Wayenborgh :
Et puis à très bientôt.