Dans cette émission de la série Paroles de Démocratie, Anthony Belin, tête de liste « Lunel c’est vous », expose sa vision pour l’avenir de la ville. Son discours s’inscrit dans une logique clairement assumée de rupture politique, avec un ton direct et volontiers conflictuel vis-à-vis du fonctionnement municipal actuel.

Son projet repose sur plusieurs piliers structurants : la restauration de l’ordre public, la valorisation du travail, une exigence accrue envers la jeunesse, la défense de l’identité locale et une gestion plus stricte de l’argent public.

Le candidat affirme vouloir engager un redressement de la ville, qu’il considère aujourd’hui fragilisée par des années de renoncement politique et de gestion insuffisamment efficace.

« Une ville ne se redresse pas avec des discours. Elle se redresse avec des décisions. »


Un discours de rupture avec le système municipal

Dès le début de l’entretien, Anthony Belin insiste sur le fait qu’il ne se présente pas pour rassurer ou prolonger les pratiques politiques existantes. Il affirme vouloir rompre avec ce qu’il décrit comme un système municipal installé dans l’inaction.

Son discours s’articule autour d’un clivage clair : d’un côté les habitants qui subissent les difficultés quotidiennes, de l’autre une organisation municipale qui n’aurait pas répondu à leurs attentes.

Il affirme vouloir parler au nom de ceux qu’il appelle les « oubliés » : habitants des quartiers, commerçants en difficulté, classes moyennes ou travailleurs qui auraient le sentiment de contribuer davantage qu’ils ne reçoivent.

« Le renoncement à Lunel est devenu une méthode. »


La sécurité comme premier socle du redressement

Pour Anthony Belin, la question de la sécurité constitue la base de toute politique municipale. Il considère que l’insécurité ne relève pas d’un simple ressenti, mais d’un problème politique qui doit être traité avec fermeté.

Parmi les mesures évoquées figurent notamment le doublement des effectifs de police municipale, l’installation massive de dispositifs de vidéoprotection, ainsi qu’un retour d’une présence municipale forte et visible dans la ville.

Il propose également le rétablissement rapide de certains services publics de base, comme l’éclairage urbain dans certains secteurs.

Dans son approche, la sécurité doit être une démonstration claire de l’autorité municipale.

« La loi doit être respectée partout, tout le temps. Point. »


Le travail comme moteur du redressement économique

Le second pilier de son projet concerne le travail et le développement économique. Anthony Belin oppose régulièrement la logique de production et d’activité à celle de dépendance sociale.

Son objectif affiché est la création de 1 000 emplois sur le mandat, notamment à travers le développement d’activités économiques nouvelles, comme des zones logistiques, l’accueil d’entreprises artisanales ou industrielles, et la mise en place d’un data center.

Il insiste également sur la nécessité de mieux articuler formation et emploi local afin de permettre aux habitants de bénéficier directement du développement économique.

Pour lui, le travail constitue un levier central pour restaurer la dignité et redynamiser l’économie locale.

« Le travail crée la dignité et la dépendance crée l’impasse. »


Une vision exigeante de la jeunesse

Anthony Belin développe également une vision très normative de la jeunesse. Selon lui, la société aurait progressivement abaissé ses exigences envers les jeunes générations.

Il estime qu’il faut au contraire réintroduire davantage de cadre, de discipline, d’apprentissage et d’effort. Il défend notamment le développement de l’apprentissage et la valorisation des métiers techniques.

Il évoque aussi la possibilité de dispositifs permettant de remettre certains jeunes en activité professionnelle, notamment à travers des expériences de travail saisonnier.

« Croire en la jeunesse, ce n’est pas tout lui permettre, c’est l’élever. »


L’identité locale comme facteur de cohésion

Dans son discours, Anthony Belin associe également identité locale et cohésion collective. Il considère qu’une ville doit assumer ses traditions, ses fêtes et ses racines culturelles pour conserver un sentiment d’appartenance.

Pour lui, une ville qui perd son identité risque de devenir interchangeable et de perdre son attractivité.

« Une ville qui sait qui elle est sait où elle va. »


Une critique forte de la gestion de l’argent public

La question de l’argent public constitue un autre axe majeur de son discours. Anthony Belin critique ce qu’il considère comme des dépenses inutiles, des privilèges accordés aux élus ou une administration municipale trop lourde.

Il propose notamment un audit financier dès le début du mandat, la suppression de certaines dépenses jugées superflues, ainsi qu’une réduction du nombre de postes de direction dans l’administration.

Son objectif affiché est de redonner à l’argent public une fonction prioritaire de redressement et d’efficacité.

« L’argent public, ce n’est pas un confort, c’est une responsabilité. »


Redynamiser le centre-ville et l’activité commerciale

Sur le centre-ville, Anthony Belin reconnaît que certains travaux de rénovation étaient nécessaires, mais estime qu’ils ne suffisent pas à relancer l’économie locale.

Selon lui, l’enjeu principal est désormais de créer un véritable circuit commercial attractif, capable d’attirer les habitants et les visiteurs.

Parmi les mesures évoquées figurent la gratuité du stationnement à certaines heures, l’organisation d’animations régulières, ainsi que des dispositifs municipaux pour soutenir l’installation de nouveaux commerces.

Il propose également de mettre en place des loyers commerciaux préférentiels dans certains locaux appartenant à la ville afin de faciliter l’installation d’activités économiques.

« Après avoir refait la voirie, maintenant il faut créer réellement un circuit marchand. »


Une municipalité plus réactive face aux habitants

Anthony Belin défend également une mairie plus opérationnelle, capable de répondre rapidement aux demandes des habitants.

Il propose notamment la mise en place d’un service municipal permettant de signaler des problèmes quotidiens et d’obtenir une réponse rapide, dans un délai de quelques jours.

Cette approche repose sur une vision très concrète du rôle municipal : résoudre les problèmes du quotidien, qu’il s’agisse de voirie, d’éclairage, d’entretien ou de sécurité.

« Les Lunellois ont besoin qu’on s’occupe de leur quotidien. »


Une vision économique ambitieuse pour Lunel

À plus long terme, Anthony Belin imagine une ville qui aurait retrouvé une attractivité économique forte. Il évoque notamment le développement d’activités autour de zones économiques, de projets logistiques ou d’infrastructures numériques.

Son objectif est de recréer de la richesse locale et d’élargir la base fiscale de la ville afin de pouvoir réduire la pression fiscale sur les habitants.

« Lunel sera un territoire qui aura recréé de la richesse. »


Ce qu’il faut retenir de l’intervention d’Anthony Belin

À travers cette émission de Paroles de Démocratie, Anthony Belin propose un projet municipal marqué par une volonté de rupture avec les pratiques politiques actuelles.

Son programme repose sur plusieurs priorités clairement identifiées : rétablir l’ordre public, remettre le travail au centre de la politique municipale, soutenir les commerces et l’activité économique, renforcer l’autorité de la mairie et replacer les quartiers et les habitants au cœur de l’action publique.

Son style politique se distingue par un ton direct, affirmé et fortement structuré autour des notions d’autorité, de décision et de redressement.

« Le sursaut n’est pas qu’un slogan. C’est une décision. »