Du 3 au 11 avril, Lunel accueillera une nouvelle édition du festival Traversées. Né il y a plus de quarante ans autour de passionnés de cinéma, cet événement culturel propose chaque année une immersion dans le cinéma méditerranéen et indépendant, avec projections, rencontres et ateliers. Invités de l’émission Lunel’Hebdo animée par Gilles Bonnière Soto, Stanislav Demidjuk et Bruno Jocteur ont présenté les grandes lignes de cette 42ᵉ édition.
Un festival né d’un engagement culturel et citoyen
Le festival Traversées s’inscrit dans une histoire déjà longue. L’événement est né au début des années 1980 autour de l’association Pêche d’Images, à l’initiative notamment d’enseignants et de passionnés de cinéma liés au lycée Louis-Feuillade.
À l’origine, il ne s’agissait pas seulement de proposer des projections. Le projet répondait aussi à une volonté plus large : utiliser le cinéma comme un outil de dialogue et de rapprochement entre les cultures, à une époque marquée par des tensions sociales et des questions liées au racisme.
« Le cinéma est un vecteur populaire qui permet de partager la culture et de rassembler les gens », rappelle l’équipe du festival.
Au fil du temps, les Rencontres du cinéma méditerranéen, comme s’appelait autrefois le festival, ont évolué pour devenir Traversées, un nom qui symbolise parfaitement l’esprit du projet : traverser les frontières, les imaginaires et les cultures.
Une ouverture sur toute la Méditerranée… et au-delà
La Méditerranée reste naturellement le fil conducteur du festival. Espagne, Italie, Grèce, Maroc, Tunisie ou Liban figurent régulièrement parmi les pays représentés dans la programmation.
Mais Traversées ne se limite pas à cet espace. La section « Échos du monde » permet également de découvrir des films venus d’autres horizons.
« L’idée est de faire découvrir des œuvres fortes que l’on ne voit pas toujours dans les circuits habituels », expliquent les organisateurs.
Le festival assume ainsi une programmation tournée vers le cinéma indépendant et d’auteur, tout en revendiquant une volonté d’accessibilité.
Contrairement à certaines idées reçues, Traversées ne s’adresse pas uniquement aux cinéphiles avertis. Les organisateurs insistent sur leur volonté de proposer des films capables de toucher un public large, à condition d’être curieux et ouvert à la découverte.

Près de soixante quinze films
La 42ᵉ édition du festival proposera une programmation particulièrement dense.
Pendant neuf jours, les spectateurs pourront découvrir près d’une soixante quinze de films, entre longs-métrages, courts-métrages et documentaires.
Plusieurs sections rythmeront cette édition :
- MéditerranéO, consacrée aux films du bassin méditerranéen
- Échos du monde, qui ouvre la programmation à d’autres pays
- L’heure espagnole, un focus sur le cinéma espagnol
- Deux compétitions de courts-métrages, l’une dédiée à l’Occitanie, l’autre à la Méditerranée
- Des séances pour le jeune public
- Des projections documentaires
Au total, la sélection est le résultat d’un travail de programmation conséquent. Pour les seuls courts-métrages, les organisateurs reçoivent parfois plus d’une centaine de films, dont seule une petite partie est retenue.

Une soirée d’ouverture festive
La soirée d’ouverture, organisée à la salle Georges-Brassens, donnera le ton de cette nouvelle édition.
Au programme :
- une compétition de courts-métrages méditerranéens,
- un concert de jazz,
- un apéritif convivial,
- puis la projection du film d’ouverture « Sauvage », tourné dans les Cévennes et présenté en avant-première.
L’événement sera gratuit, fidèle à la volonté du festival de rester accessible au plus grand nombre.
Un festival tourné vers la jeunesse
Traversées conserve également une forte dimension pédagogique.
En partenariat avec le lycée Louis-Feuillade, le festival organise les Rencontres Ciné-Jeunes, qui permettent à des lycéens venus de plusieurs établissements de participer à des projections et à des ateliers avec des professionnels du cinéma.
Ces moments d’échanges participent à ce que les organisateurs appellent l’éducation à l’image, un axe important du festival depuis ses débuts.
Un festival qui rayonne dans l’agglomération
Depuis plusieurs années, Traversées s’est également développé au-delà de Lunel.
Des séances décentralisées sont proposées dans plusieurs communes de l’agglomération, comme Marsillargues, Saint-Just, Saint-Sériès, Boisseron, Lunel-Viel ou encore Gallargues.
Les communes choisissent elles-mêmes les films parmi une sélection proposée par l’équipe du festival.
L’objectif est clair : permettre au cinéma de circuler sur l’ensemble du territoire et toucher un public plus large.
Un événement porté par des bénévoles passionnés
Malgré son ampleur, le festival repose sur une équipe relativement réduite.
Un noyau d’une demi-douzaine de bénévoles travaille toute l’année à la préparation de l’événement, épaulé par d’autres volontaires pendant le festival.
Cette organisation artisanale n’empêche pas Traversées de proposer chaque année une programmation ambitieuse, soutenue par plusieurs partenaires institutionnels comme la Région, le Département ou encore le CNC.
Mais pour les organisateurs, l’essentiel reste ailleurs.
« Le cinéma est une fête, et surtout une fête qui se partage », résument-ils.
Rendez-vous du 3 au 11 avril
Avec cette 42ᵉ édition, Traversées confirme sa place dans le paysage culturel local.
Un festival à taille humaine, passionné et engagé, qui continue de faire de Lunel un lieu de rencontres cinématographiques autour de la Méditerranée et du monde.
Rendez-vous du 3 au 11 avril à Lunel et dans les communes voisines.
