Dans Lunel’Actu, Gilles Bonniere Soto reçoit Patrick Favre, un artiste autodidacte qui transforme objets, vitrines et supports inattendus en œuvres colorées et pleines d’humour. À l’occasion de son exposition à Palavas, il revient sur son parcours artistique, ses inspirations et sa manière très libre de créer.
Un artiste qui refuse les étiquettes
Invité de l’émission Lunel’Actu, Patrick Favre se décrit lui-même comme un véritable touche-à -tout artistique. Peintre, illustrateur, décorateur, il travaille sur tous les supports possibles : toiles, murs, vitrines, bois… et même parfois des objets inattendus.
« Du moment que le support s’y prête, je peins dessus », explique-t-il.
Si son travail est souvent rapproché de l’illustration et de la bande dessinée, Patrick Favre revendique surtout une approche spontanée et libre de l’art, où l’humour et la couleur occupent une place centrale.
Ses œuvres, souvent inspirées du monde de la BD ou du cartoon, cherchent avant tout à provoquer une émotion simple et directe : le sourire.
L’art comme passion… et comme liberté
Contrairement à de nombreux artistes, Patrick Favre n’a jamais souhaité vivre de son art.
Ce choix est assumé. Pour lui, conserver son activité artistique comme une passion lui permet de rester totalement libre dans sa création.
« Je fais ce que je veux, quand je veux, comme je veux. Je ne veux pas qu’on me dise ce que je dois faire. »
Cette liberté lui permet notamment de refuser certaines commandes ou certains sujets lorsqu’ils ne correspondent pas à son univers créatif.
Loin de la contrainte professionnelle, l’art reste pour lui un besoin personnel et une manière de s’exprimer.
Une créativité nourrie par l’observation et la récupération
Autodidacte, Patrick Favre explique que ses idées viennent souvent de manière spontanée.
Il lui arrive de récupérer des objets dans la rue ou parmi des jouets usagés pour les transformer en sculptures ou en installations artistiques. Assemblés, collés puis peints, ces objets prennent une nouvelle vie.
Dans son exposition actuelle, on retrouve par exemple une œuvre surprenante : une grande girafe décorée de figurines et d’objets détournés, évoquant presque un jeu d’échecs ou une installation ludique.
Cette démarche s’inscrit dans une logique proche du street art et de l’art de récupération, où les objets du quotidien deviennent matière à création.
De la vitrine de Noël aux fresques monumentales
Depuis plus de vingt ans, Patrick Favre réalise également des décorations de vitrines, notamment pour les fêtes de Noël.
Ses réalisations se retrouvent dans plusieurs villes de la région : Montpellier, Palavas, Carnon ou encore Saint-Jean-de-Védas.
La peinture sur vitre est même l’un de ses supports préférés :
« La vitre est un support incroyable. La peinture glisse dessus, c’est très agréable à travailler. »
Parmi ses réalisations les plus marquantes figure une fresque monumentale réalisée chez un particulier : une vue de New York avec taxis jaunes et références artistiques, peinte sur une cage d’escalier de plus de six mètres de hauteur.
Un projet ambitieux qui lui a demandé près de trois semaines de travail.
Une inspiration venue de multiples artistes
Grand amateur d’expositions et d’art en général, Patrick Favre reconnaît être influencé par de nombreux artistes.
Parmi ses références figurent notamment :
- Salvador DalĂ
- H.R. Giger
- Jean-Michel Basquiat
Mais il insiste sur un point : ces influences sont souvent inconscientes, issues de toutes les images et œuvres observées au fil des années.
Une exposition personnelle Ă Palavas
Aujourd’hui, Patrick Favre présente une exposition à la médiathèque Saint-Exupéry de Palavas.
Cette exposition rassemble principalement des œuvres personnelles :
dessins, peintures, sculptures et assemblages réalisés à partir d’objets récupérés.
Pour l’artiste, l’essentiel reste le regard du public.
« Ce qui m’intéresse, c’est le ressenti des gens. Même si les critiques sont négatives, je continuerai à créer. »
Un livre d’or est d’ailleurs mis à disposition des visiteurs afin de recueillir leurs impressions.
L’art comme émotion
Au moment de conclure l’entretien, Patrick Favre rappelle ce qui, selon lui, constitue la fonction principale de l’art :
provoquer une émotion.
Si ses œuvres font sourire, surprennent ou amusent, alors l’objectif est atteint.
Et c’est peut-être là toute la force de son travail : un art libre, coloré et joyeux, qui invite simplement à regarder le monde avec un peu plus d’imagination.



