Série : 2
Candidat : Lise Flores
Intervieweur : Gilbert Wayenborgh
Durée : 31 minutes
Lieu : Studio TV Lunel (Voir la Synthèse du programme de Lise Flores)

Introduction

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue sur Parole de Démocratie. Aujourd’hui, nous faisons une série sur les programmes, et j’accueille avec grand plaisir Lise Flores.

Lise Flores :
Bonjour. Merci.

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour. Alors, c’est quoi le programme ?


La méthode de construction du programme

Lise Flores :
Je vais d’abord parler de la méthode, je vais la rappeler puisqu’on en a parlé la dernière fois, mais peut-être que vous n’avez pas vu le précédent épisode.

La méthode, c’est que nous sommes allés à la rencontre, pendant deux ans, des habitants pour essayer de comprendre ce qui faisait leur fierté de vivre à Lunel et quelles étaient les choses qui ne leur convenaient pas.

Nous avons récupéré tout ce qui avait été dit et proposé par les gens. Ensuite, notre travail a été de classer tous ces thèmes et toutes ces propositions, de façon à ce que cela soit entendable dans le récit des municipales et de façon à porter la parole des citoyens pendant la période des municipales 2026.

Notre liste s’est constituée sur cette base-là, c’est-à-dire avec des gens qui adhèrent à la méthode et aux propositions qui en résultent.

Le programme s’est donc constitué sur la base de ce qu’ont dit les gens. Ce qui ressortait, c’est que les gens sont très fiers d’habiter à Lunel, parce que c’est une ville à taille humaine, parce qu’il y a un environnement agréable, naturel, agricole, avec des traditions locales qui plaisent à beaucoup, et une multiculturalité qui plaît également à beaucoup de gens.

Donc cela, ce sont des choses qu’il faut préserver.

Parallèlement, évidemment, il y a des choses qui ne leur plaisent pas : la précarité, le fait qu’il y ait beaucoup de pauvreté, le taux de chômage très important dans certains quartiers, avec 30 % de personnes au chômage. Cela, c’est problématique.

Et puis il y a aussi certains problèmes plus concrets, comme les problématiques de déchets, ou les problématiques de circulation, avec des gens qui se plaignent, à juste titre, de la confrontation entre les pistes cyclables et les piétons.

Le programme s’est donc constitué là-dessus.


Les trois grandes catégories du programme

Lise Flores :
Le résultat, c’est que nous avons classé tout cela en trois grandes catégories :

  • préparer l’avenir
  • préserver
  • protéger

Préparer l’avenir, c’est préparer la ville de telle sorte qu’elle soit prête non pas pour les prochaines élections municipales, mais sur le long terme, pour 20 ou 30 ans, afin que les gens, et nos enfants, puissent avoir une trajectoire de vie positive pour leur avenir.

Ensuite, préserver, c’est préserver la ville qu’on aime, c’est-à-dire toutes les choses dont j’ai parlé tout à l’heure, et donc garder une ville à taille humaine.

Enfin, protéger, c’est protéger tous les habitants.

La protection, ce n’est pas forcément mettre de la police partout et des caméras de vidéosurveillance. Quand les gens se sentent en insécurité, ce qui est ressorti de nos enquêtes, c’est par exemple l’histoire des trottinettes — cela revient vraiment énormément — ensuite le fait de ne pas avoir de trottoirs sécurisés, la nuit comme le jour, et donc de se sentir en insécurité dans les circulations.

Il y a aussi l’augmentation des problématiques de drogue, les violences intrafamiliales, ce sont des choses qui sont ressorties.

Donc, dans “protéger”, nous parlons de protéger pour prévenir ce genre de problématiques. Et tout ce qui concerne la protection, c’est aussi se sentir protégé si on a un salaire, si on a un logement, si on mange à sa faim et si on a une alimentation saine.

Donc la protection est entendue ici au sens large du terme.


Préparer l’avenir : emploi, formation et trajectoires de vie

Lise Flores :
Plus en détail, préparer l’avenir, cela veut dire qu’il faut parler d’emploi, forcément. Parce que pour préparer l’avenir, il faut proposer des trajectoires de vie.

Une trajectoire de vie pour un jeune, cela va être par exemple pouvoir vivre dans sa ville, s’y former puis y travailler.

Cela veut dire que la commune doit avoir une proposition sur le long terme pour proposer un emploi qui soit attractif, non seulement aujourd’hui mais aussi dans les années à venir.

Cela ne s’invente pas. Il suffit d’aller sur internet et de regarder les recherches du gouvernement sur les emplois en tension. On les connaît déjà pour les années à venir.

C’est tout ce qui est autour de l’agriculture et de l’agro-industrie, tout ce qui est service à la personne, parce que dans le sud de la France en particulier, nous avons une population assez âgée, et qui en plus vieillit.

Donc aujourd’hui, si on est à 30 ou 35 % de personnes de plus de 65 ans, dans 10 ou 20 ans, cela sera 40 %.

Préparer la ville, cela veut dire la préparer aux réalités futures, donc au vieillissement de la population dans les années à venir.

Quand on parle de sécuriser les trottoirs, ce n’est pas juste pour quelques personnes, c’est pour nous tous, y compris pour nous dans les années à venir, quand nous ferons partie des personnes à mobilité réduite qui auront besoin d’être sécurisées dans leurs déplacements et dans leur vie quotidienne.

Il y a aussi les métiers de la rénovation des bâtiments, la rénovation énergétique, tout ce qui concerne les médias, internet, etc. Voilà des thèmes sur lesquels il faut orienter la commune pour être sûr de disposer d’emplois futurs.

Et parallèlement, pour que cela serve aux Lunellois, plus qu’à faire venir d’autres gens tout en gardant notre chômage local, il faut mettre en place des formations qui correspondent à ces emplois d’avenir.

Donc notre idée, c’est de mettre en place tout ce qui concerne les formations sur ces sujets, puis de faire venir les entreprises dans ces thématiques-là, pour que lorsqu’elles arrivent, elles disposent sur place des personnes nécessaires pour faire leur travail.

Voilà.


Préserver : densifier sans bétonner, garder une ville à taille humaine

Lise Flores :
Ensuite, la question de la préservation.

Préserver notre cadre de vie, garder notre ville à taille humaine, cela veut dire que lorsque l’on va faire venir toutes ces entreprises, par exemple, la question n’est pas de faire plein de zones d’activités économiques et de bétonner partout, à tout-va, en faisant venir des gens, alors qu’on sait très bien ce qui se passe : cela vide et tue le centre-ville.

Les zones d’activités économiques, depuis les années 1980, on voit bien le résultat : on fait venir des entreprises, elles sont en concurrence avec les autres zones d’activités économiques et avec le centre-ville, et on voit des centres-villes totalement désertés à cause de cela.

Donc préserver la ville, cela veut dire qu’on densifie, qu’on crée du logement, qu’on répond aux besoins d’emploi, de logement, etc., mais sur la même ville.

Par exemple, une zone d’activité économique, si on la densifie correctement, avec de la mixité d’usages, une bonne organisation des circulations, des parkings, etc., on peut arriver à récupérer 30 à 50 % d’activités supplémentaires sur une même zone.

Donc si on fait cela sur toutes les zones de la ville, est-ce qu’il est nécessaire d’en construire d’autres ? Cela, c’est une étude à réaliser, par exemple.

À ce que j’en sais, elle n’a pas été réalisée. Peut-être, mais cela reste un mystère.

Donc préserver, cela veut dire que l’on reconstruit la ville sur les zones qui sont densifiables. Évidemment, on ne va pas le faire en centre-ville, on ne peut pas monter de deux étages supplémentaires sur le centre-ville. En revanche, on peut le faire sur une zone d’activité économique. On le voit partout en France : on met des commerces au rez-de-chaussée et, au-dessus, on peut mettre des immeubles, et donc créer du logement assez facilement.

Voilà, c’est cela la mixité dans les zones d’activité.


Préserver : arbres, eau, désimperméabilisation et ville éponge

Lise Flores :
Dans la préservation, il y a aussi la prise en compte de notre bien-être au quotidien, et en particulier l’été.

Il fait chaud, et de plus en plus chaud. On sait qu’on a des périodes de sécheresse, on sait qu’on a des périodes d’inondation.

Préserver notre ville, cela veut donc aussi dire l’adapter en plantant le plus possible d’arbres.

Beaucoup parlent de végétalisation, mais il ne s’agit pas juste de planter des fleurs pour faire joli, d’autant que les fleurs utilisent de l’eau. La vraie question, c’est de planter des arbres pour avoir de l’ombre, et donc faire baisser les températures en ville.

C’est aussi éviter les revêtements imperméables. On l’a vu sur tout le centre-ville : on a des revêtements imperméables et cela crée ce qu’on appelle une ville en entonnoir. L’eau ruisselle, elle va dans les égouts, elle part dans le canal et ensuite directement à la mer.

Ce qu’il faut faire, c’est créer une ville éponge, c’est-à-dire désimperméabiliser les sols pour que l’eau traverse, soit nettoyée par la terre, et arrive dans les nappes phréatiques.

Et là, miracle, on se retrouve avec plus d’eau dans les nappes phréatiques, et en plus une eau de meilleure qualité.

Donc préserver, c’est aussi préserver notre alimentation en eau, parce qu’on sait déjà qu’il y a des pollutions au niveau de l’eau du robinet et qu’on a ces périodes de sécheresse. Il faut donc traiter le problème à la racine et préserver cette ressource.


Protéger : prévention, médiation et sécurité du quotidien

Lise Flores :
On en arrive au troisième volet, qui est celui de la protection.

Ce que nous constatons, c’est que les réalités des problématiques de sécurité, c’est-à-dire les violences qui peuvent être enregistrées au niveau de la gendarmerie, ce sont surtout des violences intrafamiliales et des problématiques d’addiction.

Sur ces problèmes-là, ce qui fonctionne, c’est un vrai travail de proximité, c’est-à-dire développer des médiateurs de quartier, des médiateurs qui vont faire de la prévention sociale, et aussi travailler en lien étroit avec la police et les différents services d’éducation, etc.

Il faut constituer un comité qui réunisse tous ces acteurs-là.

Donc le sujet, c’est vraiment la prévention sur les questions de protection.

Et cela passe aussi par l’aménagement urbain, parce que je parlais tout à l’heure des trottinettes et de la nécessité d’adapter la ville à demain et au vieillissement de la population.

Il faut mettre en place des trottoirs qui soient vraiment distincts des pistes cyclables pour que chacun soit protégé dans son espace, et que les gens puissent davantage se déplacer sans utiliser leur voiture.

Il faut aussi réduire l’envie d’utiliser la voiture par des transports publics efficaces.


Transports, mobilité et jeunesse

Lise Flores :
Les gens prennent leur voiture surtout pour aller travailler, pour déposer leurs enfants à l’école, etc.

Donc ce qu’il faut, c’est étudier précisément les déplacements pour mettre en place un réseau de transport qui soit cohérent. Et là, il faut travailler avec les autres agglomérations, avec celles de Nîmes, de Montpellier, mais aussi avec le Nord-Hérault, pour mettre en place des transports qui aillent directement vers les zones d’activité comme Lattes, etc., afin que les gens puissent, plus facilement qu’en voiture, se déplacer en bus vers leur lieu de travail.

C’est aussi une facilitation pour les jeunes, parce que le constat, c’est qu’il y a pas mal de jeunes qui doivent renoncer soit à des études, soit à des stages, soit à des alternances, parce qu’ils ne disposent pas de transports suffisants pour aller vers les lieux d’emploi.

Donc cela, c’est quand même un gros problème.

Si on veut protéger notre jeunesse, il faut aussi lui proposer les moyens d’avoir un parcours de vie efficace.

Et en plus, la diminution du trafic automobile dans la ville améliore la qualité de l’air, et donc la santé publique.


Parcs de proximité et réduction de la circulation automobile

Lise Flores :
Dans notre programme, nous avons deux axes particuliers.

D’abord, la réalisation de parcs à moins de 300 mètres de chaque habitant.

Pourquoi moins de 300 mètres ? Et qu’est-ce qu’un parc ? Ce n’est pas forcément les petits pins ou le parc Jean Hugo. C’est au moins quelques arbres, un banc, un toboggan, un lieu pour que les enfants, les jeunes puissent sortir, pour qu’il y ait du lien social, etc. C’est cela un parc, ce n’est pas forcément un grand espace gigantesque.

Et pourquoi moins de 300 mètres ? Parce que ce sont tout simplement les préconisations de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé. Quand on a un parc pas très loin de chez soi, on y va. Donc on sort, on est moins enfermé, et on développe moins de maladies liées au manque de mobilité.

Ensuite, sur les mobilités automobiles, l’objectif est de diminuer de 30 % en 5 ans le nombre de voitures sur les grands axes.

C’est quelque chose qui aurait pu être fait depuis longtemps et qui n’est pas fait. Par le développement des alternatives, on peut y arriver, et tout cela, c’est à la fois une politique environnementale et une politique de santé publique.


Relance : centre-ville et attractivité immédiate

Gilbert Wayenborgh :
On va passer un petit peu aux questions parce qu’il y a quand même beaucoup de choses à dire.

Le centre-ville et son attractivité immédiate, ou plus largement la ville. Quels sont vos projets prioritaires pour transformer le centre-ville et renforcer l’attractivité de Lunel dès le début ?

Lise Flores :
Je suis contente que vous disiez “ou la ville”, parce qu’on parle beaucoup du centre-ville et de son dynamisme, c’est vrai que c’est un sujet, mais on a tendance à oublier que dans les autres quartiers aussi, il y a des commerçants, et que l’on voit beaucoup de commerces qui ferment ou qui sont en souffrance.

Il faut vraiment prendre en compte la globalité du commerce à Lunel.

Dynamiser le centre-ville, dynamiser les alentours pour que les commerces soient actifs et puissent vivre correctement de leur activité, cela passe déjà par le fait que les gens aient de l’argent.

Si on est dans une ville où un cinquième de la population, ou même un quart dans certains quartiers, est en dessous du seuil de pauvreté, évidemment les gens ne vont pas aller dépenser leur argent dans les commerces. Ils vont aller faire leurs courses dans le supermarché le moins cher de la ville, c’est logique.

Donc si on veut que les gens réutilisent les commerces de proximité et les commerces locaux, il faut déjà qu’ils aient suffisamment d’argent.

La deuxième chose, c’est qu’il faut qu’ils vivent dans la ville.

Ce qu’on voit actuellement, c’est qu’on a du logement qui se développe autour de promoteurs immobiliers. La ville vend des terrains à des promoteurs qui vont faire des lotissements fermés. On a beaucoup de lotissements fermés qui se créent.

Je suppose que les gens se sentent plus sécurisés à venir à Lunel à cause d’un imaginaire autour de la ville qui est, à mon sens, totalement dénué de fondement, puisque l’on est quand même très tranquilles à Lunel.

Donc ils créent ces lotissements fermés, et cela participe à la chute des commerces, parce que les gens vivent dans leur lotissement fermé, vont travailler à Montpellier, sortent en voiture, participent à l’augmentation du trafic, et finissent par faire leurs courses à proximité de leur lieu de travail ou sur le chemin du retour.

L’idée, c’est donc à la fois de créer de la richesse en créant de l’emploi qui serve vraiment les Lunellois, et à la fois de créer du lien social en travaillant sur l’aménagement urbain, les parcs, la diminution des voies trop importantes, avec des espaces de vie conviviaux, et surtout de travailler de près avec les commerçants pour qu’il y ait une vraie communication entre la ville, les commerces, les associations et les habitants, pour créer cette dynamique.

Par exemple, dans le secteur associatif, il y a beaucoup de choses qui se font et on n’est même pas au courant. Il faut adhérer à la page Facebook de telle association pour savoir quelle activité elle propose, alors que l’on pourrait tout à fait utiliser les médias de la collectivité pour valoriser tout cela.


Les premières actions concrètes

Gilbert Wayenborgh :
Comment cela se traduirait dans les prochains mois ? L’élection faite, vous êtes décisionnaires. Les premières actions ?

Lise Flores :
C’est difficile de parler de premières actions, parce que vous voyez bien que c’est un ensemble de choses nécessaires, et qu’il manque en fait la substance de base.

Par exemple, une des premières actions, ce serait de demander à la police municipale de faire un comptage réel des véhicules qui passent sur les grands axes, puisque l’on dispose de tout ce qu’il faut pour faire ce comptage, mais il n’est pas fait.

Il faudrait donc avoir un comptage réel de quand il y a plus de véhicules, quand il y en a moins, afin de pouvoir travailler précisément sur les alternatives.

Il y a aussi l’accompagnement des enfants à l’école, donc travailler avec les parents pour choisir les bonnes méthodes.

Il y a la rencontre avec les commerçants, avec les associations, pour vraiment déterminer leurs besoins et proposer quelque chose qui soit efficace.

La priorité, c’est vraiment rencontrer les gens, les entendre et mettre en œuvre ce qu’il faut pour répondre à leurs besoins.

Par exemple, on ne peut pas juste aller voir une association de foot et lui dire : vous avez besoin d’un terrain de foot ? D’accord, on va faire un terrain de foot. Puis une autre association de foot demande aussi un terrain, alors on en fait un autre, et on se retrouve avec uniquement des terrains de foot dans toute la ville. Ce n’est pas possible.

Ce n’est pas le foot que je cible en particulier, cela pourrait être du tennis aussi. Donc il faut mutualiser toutes ces attentes pour voir comment on peut répondre à tout le monde de façon efficace.

Et mettre de la justice, de l’équité dans l’ensemble des échanges avec les habitants, les commerçants et les associations.

Gilbert Wayenborgh :
Donc au début, cela va être surtout du dialogue.

Lise Flores :
Oui. C’est nécessairement cela, puisque c’est ce qui manque.


Le bien-être des habitants

Gilbert Wayenborgh :
Le bien-être des habitants, vous en avez déjà beaucoup parlé. Quelles sont les mesures prioritaires pour améliorer cela concrètement ?

Lise Flores :
C’est toujours pareil : les gens sont bien quand ils n’ont pas peur du lendemain.

Donc pour être bien, il faut vraiment travailler urgemment sur la question de l’emploi. C’est vraiment le nerf de la guerre, c’est disposer des finances pour vivre.

Ensuite, le bien-être passe aussi par le fait d’avoir des lieux de vie et des espaces d’expression.

Nous avons donc prévu de mettre en place des maisons de quartier. Il faudrait qu’il y en ait au minimum à moins d’un kilomètre de chaque habitant, donc au moins trois dans la ville dans un premier temps.

Ces maisons de quartier seraient des lieux avec des médiateurs, avec des espaces de vie pour les jeunes où ils puissent répéter, créer, proposer, avec une forme de démocratie locale où l’on puisse aussi aider les gens dans leurs démarches, etc.

Donc cela, je pense que c’est déjà un point nécessaire.

Ensuite, le fait d’améliorer l’accès aux services. Ce qui serait bien, c’est qu’on arrive rapidement à montrer aux gens que l’accès aux services administratifs est facilité, ainsi que leurs déplacements.

Et puis leurs espaces de vie collective, donc les parcs, etc. Travailler sur ces questions-là de lien social, de parc, d’accès au service public, de valorisation du territoire et de l’activité des associations.

Gilbert Wayenborgh :
Vous prévoyez cela à quelle échéance ?

Lise Flores :
C’est immédiat. La nécessité absolue, c’est d’améliorer la vie des gens, donc il faut commencer par là.

La création des maisons de quartier suppose de trouver des lieux qui soient achetables ou déjà dans le patrimoine de la collectivité. Cela, c’est un travail qui se fait avec les habitants également. Donc, de toute façon, il faut commencer par la discussion avec eux.

Mais la mise en place de médiateurs sociaux, par exemple, cela peut se faire très rapidement.

On avait récemment l’APS 34 qui intervenait sur la ville, mais aussi à Marsillargues, à Lunel-Viel. Ils étaient sept encore il y a deux ans, et aujourd’hui ils ne sont plus que deux.

Donc comment fait-on pour faire de la prévention aux addictions ou aux violences intrafamiliales, par exemple, quand on est deux pour tout ce territoire ?

Cela, c’est quelque chose que l’on peut faire très rapidement.

Gilbert Wayenborgh :
Donc, si je comprends bien, ces mesures-là, on peut en voir les effets dans l’année, ou dans les deux ans ?

Lise Flores :
Oui.


Vision de Lunel en 2050

Gilbert Wayenborgh :
Votre vision sur 2050. Vous avez évoqué tout à l’heure ce que vous laisseriez à nos enfants, ou à notre vieillesse. Comment vous voyez cela ?

Lise Flores :
L’objectif, c’est qu’en 2050, on ait à Lunel une ville qui soit adaptée à 2050, et pas une ville qui soit encore en retard.

En 2050, nous allons avoir certaines problématiques que l’on connaît déjà.

On sait que le niveau de la mer augmente. Il existe des cartes à horizon 2050, 2100, etc. Cela, c’est une réalité.

On sait aussi qu’il y a une baisse de la qualité de l’eau, et surtout des quantités d’eau potable accessibles.

Pourquoi ? Parce que la montée du niveau de la mer ne veut pas dire qu’on va se retrouver avec la plage à Lunel. Cela veut dire que l’eau salée remonte par en dessous, par ce qu’on appelle le biseau salé.

Plus les nappes phréatiques s’assèchent, plus l’eau salée remonte par en dessous. On se retrouve donc avec des nappes phréatiques qui se salinisent et des sols qui se salinisent.

Cela veut dire que les terres agricoles deviennent salées, donc inexploitées.

À Lunel, on est encore assez préservés de cela. En revanche, toute la partie arlésienne, toute la partie biterroise sont déjà confrontées à ces problématiques. Et même si vous en parlez à certains agriculteurs vers Mauguio, ils vous diront que le problème existe déjà. Même chose avec certains manadiers : dans certaines zones, cela se salinise trop vite.

Donc ce problème-là va arriver.

Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Le Lunellois reste encore assez préservé. Donc on a une responsabilité qui va au-delà de la seule problématique lunelloise. Il faut impérativement préserver les terres agricoles sur notre secteur, parce que cela ne sert pas seulement nos petits problèmes de Lunellois, cela sert bien au-delà.

Préserver les terres agricoles, c’est préserver, racheter des terres agricoles, installer des agriculteurs, et donc leur proposer un revenu digne.

Tout le monde aime bien dire qu’il protège les agriculteurs, cliquer sur Facebook, partager si tu aimes les agriculteurs, etc. Mais dans les réalités, les agriculteurs sont en souffrance, et cela ne va pas s’améliorer.

Donc la responsabilité de la commune, c’est d’installer des agriculteurs et de faire en sorte que cela fonctionne, de faire en sorte que l’on ait une alimentation locale de qualité.

Encore une fois, c’est un sujet de salubrité publique, de santé publique : quand on mange bien, on est en meilleure santé que quand on mange mal.


Échange sur la salinisation et les terres agricoles

Gilbert Wayenborgh :
J’ai une question qui me titille là-dessus. Si vous installez des agriculteurs sur des terrains qui vont devenir légèrement salinisés ?

Lise Flores :
Pas à Lunel justement.

Nous disposons de terres agricoles de très bonne qualité, notamment sur la partie où est prévue la déviation, qui ne se fera probablement jamais et qui sert de faux nez pour ne pas dire qu’on n’a rien fait sur les alternatives à la voiture.

Tout le sud de Lunel, entre Lunel et Lunel-Viel, ce sont des terres agricoles de très bonne qualité.

Gilbert Wayenborgh :
Et qui peuvent être noyées par l’eau de mer à un moment ou à un autre ?

Lise Flores :
Pour l’instant non, elles ne sont pas dans les zones inondées.

Le problème, ce n’est pas d’avoir la plage à côté de nos maisons, c’est le sous-sol.

Ici, cela monte plus des deux côtés qu’ici, donc on est plus préservés et on a vraiment la nécessité de préserver davantage les terres agricoles autour du Lunellois qu’ailleurs.

Et puis on a encore le nord de l’Hérault quand même.

Gilbert Wayenborgh :
Oui, oui. Petit à petit, Lunel est à 40 ou 50 mètres.

Lise Flores :
Le problème, c’est le sous-sol, pas l’altitude de la maison.


La carte postale de Lunel en 2050

Gilbert Wayenborgh :
Si vous deviez décrire Lunel en 2050, quelle carte postale aurions-nous ?

Lise Flores :
La carte postale, c’est que l’on risque d’avoir, justement avec cette montée des eaux, pas mal de moustiques. Ce n’était pas une plaisanterie.

Mais notre objectif, c’est de proposer une trajectoire qui soit enviable, qui donne envie d’y aller.

Si l’on applique notre projet, on a une alimentation de qualité et de proximité, on a la possibilité de se projeter quand on est enfant, quand on est jeune, vers une formation qui débouche vers un réel emploi local, et surtout on a une ville dans laquelle les gens se parlent, une ville joyeuse, une ville dynamique, une ville où on a envie de rester et de vivre.

Une ville en vie.

Gilbert Wayenborgh :
Oui.


La trace qu’elle aimerait laisser

Gilbert Wayenborgh :
Si votre mandat se fait, quelle trace aimeriez-vous laisser ?

Lise Flores :
La trace, ce serait que lorsque l’on travaille tous ensemble, entre habitants, on arrive à faire quelque chose de bien, beaucoup mieux que lorsque des ego ont très envie d’être au pouvoir.


Chômage, types d’entreprises et stratégie économique

Gilbert Wayenborgh :
Vous parliez tout à l’heure du chômage. Comment va-t-on faire venir les entreprises ?

Lise Flores :
En réalité, la question n’est pas seulement comment on va faire venir les entreprises. La première question, c’est : quel genre d’entreprises a-t-on envie de faire venir ?

Ce sont des entreprises et des organismes de formation qui travaillent sur les sujets qui seront en tension dans les années à venir, et qui le sont déjà.

Tout à l’heure, on parlait du vieillissement de la population. Aujourd’hui, on a déjà un déficit d’aide à la personne.

Comment fait-on pour que les métiers de l’aide à la personne soient valorisés ?

Par exemple, dans notre programme, il y a la création d’une régie de l’aide à la personne. Cela veut dire un service public de l’aide à la personne, pour que les gens aillent plus facilement vers ces métiers-là, que l’on arrive à régler le problème des personnes qui ont besoin de ces aides et qui ne les trouvent pas actuellement, et surtout anticiper l’augmentation du besoin dans ce domaine.

Donc l’idée, c’est : qu’est-ce que j’ai envie de faire venir, et comment je fais pour le faire venir ?

Par exemple, je parlais de l’agriculture. Si j’installe des agriculteurs sur des terres agricoles — mais il n’y a même pas besoin d’en acheter, il y en a déjà qui appartiennent à la collectivité — et qu’il y a une production agricole qui existe, alors il devient plus facile de faire venir une entreprise qui va faire de la transformation agricole et alimenter les cantines ou les restaurants en produits transformés.

Quand je dis transformés, je veux dire qu’on ne prend pas simplement les pommes de terre pour les mettre dans une assiette : il faut les éplucher, les découper, par exemple. C’est cela, la transformation agricole.

Donc la politique de la ville peut être proactive pour faire en sorte qu’il y ait les bases pour que les entreprises puissent venir développer la stratégie de territoire que l’on a envie de mettre en place, et qui corresponde à l’avenir.


Effets du programme et échéances

Gilbert Wayenborgh :
Les effets de votre programme, ils vont se voir tout de suite ? À quelle échéance ?

Lise Flores :
Moi, je pense que d’ici un an, on peut voir les effets du programme.

Il y a tout un point dont on n’a pas parlé, par exemple tout ce qui est fiscalité. On peut travailler sur une fiscalité progressive, qui soit plus juste, et qui permette directement aux gens d’avoir une amélioration de leurs conditions de vie.

On veut aussi travailler sur le logement, notamment grâce à la fiscalisation sur les logements vacants, et donc mettre à disposition rapidement des logements, et faire baisser de fait les loyers.

Parce qu’en réalité, ce qui fait que les loyers augmentent, c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’offre de location.

Donc cela, ce sont des choses qui peuvent se faire assez rapidement. C’est vraiment de la décision politique.

Ensuite, il y a des choses qui sont plus longues, comme par exemple mettre en place des panneaux photovoltaïques sur un ensemble de bâtiments. Cela prend du temps, il faut mettre en place des coopératives, etc. Cela agit aussi sur les dépenses des personnes, mais c’est plus long.


Conclusion

Gilbert Wayenborgh :
On arrive malheureusement déjà à la fin. Je pense que le programme mérite encore d’être développé.

Lise Flores :
Ah oui, je n’ai pas tout dit. Rendez-vous sur notre site internet.

Gilbert Wayenborgh :
Je vous propose aussi que les internautes utilisent le QR code qui s’affiche pendant la vidéo, pour poser des questions aux candidats, y compris à vous, bien sûr, et que l’on traitera dans une prochaine émission de Parole de Démocratie.

Merci beaucoup, Lise Flores, et à très vite sur la chaîne de TV Lunel et dans Parole de Démocratie.

Lise Flores :
À bientôt.