Dans cette émission de Lunel Agora, Gilbert Wayenborgh reçoit Pascal Bliot, ancien chauffeur de bus à Lunel, atteint depuis 2016 d’un glioblastome, une forme particulièrement agressive de tumeur cérébrale. Malgré un diagnostic très sombre et deux opérations du cerveau, Pascal continue de se battre et consacre désormais son énergie à sensibiliser le public et à accompagner d’autres malades. Son témoignage est tiré de la transcription fournie par l’utilisateur .
Un diagnostic qui bouleverse une vie
Rien ne laissait présager ce qui allait arriver à Pascal Bliot. Chauffeur de bus dans la région lunelloise, il commence à ressentir une grande fatigue. Deux malaises successifs, des troubles neurologiques puis une perte momentanée de la parole conduisent finalement à des examens approfondis.
Les médecins découvrent alors une tumeur cérébrale de sept centimètres. Le diagnostic tombe : un glioblastome, un cancer du cerveau rare et incurable qui touche environ 3 500 personnes par an en France.
Une opération du cerveau en étant éveillé
Pris en charge à Montpellier par le professeur Hugues Duffau, spécialiste reconnu en neurochirurgie, Pascal subit en juin 2016 une intervention particulièrement impressionnante. Pendant plusieurs heures, il est réveillé afin que les chirurgiens puissent cartographier les zones du cerveau responsables de la parole et de la motricité.
À son réveil, il ne parle plus et ne marche plus. Commence alors un long combat :
- six années de kinésithérapie ;
- deux années d’orthophonie ;
- plusieurs mois de rééducation intensive.
Une détermination qui lui permettra progressivement de retrouver une grande partie de son autonomie.
Une deuxième opération en 2022
Comme tous les patients atteints de glioblastome, Pascal effectue un IRM tous les trois mois. En septembre 2022, les examens révèlent une reprise de la maladie.
Douze jours plus tard, il est de nouveau opéré. Les médecins lui annoncent que cette intervention sera plus risquée encore que la première. Malgré l’angoisse et les nuits sans sommeil, l’opération se déroule finalement avec succès. Le chirurgien parvient à retirer toutes les parties les plus agressives de la tumeur.
« Je vis au jour le jour »
Onze ans après le diagnostic, Pascal Bliot continue à vivre avec cette maladie chronique. Il sait que chaque IRM peut tout remettre en question, mais refuse de céder au découragement.
Sa force, il la puise dans sa famille, auprès de sa compagne Cathy, mais également dans son engagement au sein de l’association Des Étoiles dans la Mer, qui œuvre pour les personnes touchées par les tumeurs cérébrales.
Le projet de la Maison des Étoiles
L’association porte un projet ambitieux : la création de la Maison des Étoiles, une structure d’accompagnement destinée aux malades et à leurs proches.
L’objectif est de proposer :
- un soutien psychologique ;
- des espaces adaptés aux patients ;
- une prise en compte du rôle essentiel des aidants ;
- un accompagnement humain face à la maladie.
« Il faut parler de la maladie »
Pour Pascal Bliot, le plus important est de ne jamais rester seul face au cancer.
Il raconte notamment avoir aidé un autre patient atteint du même glioblastome à retrouver espoir simplement en échangeant avec lui pendant plusieurs heures. Son message est clair :
« Il faut beaucoup en parler. Il ne faut pas garder ça en soi. »
Aujourd’hui, son combat est devenu celui de tous les malades et de leurs familles. Il continue d’intervenir dans les médias et sur les réseaux sociaux afin de faire connaître cette maladie encore méconnue.
Un message d’espoir
Alors que le pronostic initial était très réservé, Pascal Bliot est toujours là onze ans plus tard. Son parcours illustre la force du mental, l’importance de l’entourage et les progrès de la médecine.
À travers son témoignage dans Lunel Agora, il souhaite rappeler que derrière chaque diagnostic se trouvent des hommes, des femmes, des familles et surtout une formidable envie de vivre.
