Bonjour et bienvenue dans Paroles de Démocratie.

Nous sommes entre les deux tours des élections municipales à Lunel. À l’issue du premier scrutin de dimanche, trois candidats restent en lice pour ce second tour : Paulette Gougeon, Anthony Belin et Stéphane Dalle, dans une configuration de triangulaire.

Vidéo disponible à partir de 11h le 20 mars 2026


Toutes les videos de Anthony Belin dans le cadre de Parole de démocratie.


Transcription

Gilbert Wayenborgh :
Bonjour et bienvenue sur Parole de démocratie. C’est le numéro 4, c’est-à-dire que nous nous trouvons entre les deux tours, et j’ai le plaisir de recevoir Anthony Belin.

Anthony Belin :
Bonjour Gilbert.

Gilbert Wayenborgh :
Quels sont les messages qui vous ont été envoyés par les électeurs au premier tour ?

Anthony Belin :
Les électeurs ne m’ont pas envoyé un message à moi directement, mais je dirais qu’ils ont envoyé un message clair au pouvoir en place. Il y a eu un rejet massif. D’un côté, un rejet de l’ancien premier adjoint, maire par intérim à trois reprises, qui s’est défilé à trois reprises devant le pouvoir. De l’autre, un rejet de la maire sortante par intérim, qui a perdu sa majorité, qui n’arrive pas à faire adopter un budget, qui n’arrive pas à organiser un conseil municipal ni même un débat d’orientation budgétaire.

On a le sentiment que les Lunellois ont envoyé deux cartons jaunes qui signifient en réalité un carton rouge. D’abord en rejetant ce pouvoir en place, ce système qui a usé les habitants à travers une guerre intrafamiliale à laquelle on assiste depuis trop de mois. Ensuite à travers une abstention très forte, qui s’explique selon moi par le trop grand nombre de listes pour certains électeurs, mais aussi par le climat de cette campagne où, sur fond de querelles personnelles, on règle des comptes, on met les gens de côté, on monte les uns contre les autres, et au lieu d’aborder le fond, on le contourne.

Gilbert Wayenborgh :
Depuis le premier tour, avez-vous eu des échanges avec les autres listes ?

Anthony Belin :
Nous n’avons pas eu d’échange avec d’autres listes. Nous avons laissé la porte ouverte à des discussions, mais elles n’ont pas eu lieu. En revanche, nous avons rencontré des acteurs de la société civile, des responsables associatifs qui nous ont appelés pour manifester leur inquiétude, des commerçants qui s’inquiètent de l’avenir du centre-ville, des acteurs économiques qui veulent aujourd’hui du développement économique sur notre territoire.

Quand on regarde le jeu politique qui se met en place, le constat est clair. Je suis le seul candidat à proposer une zone d’activité économique en sortie d’autoroute. Je suis le seul à m’opposer fermement à la délégation de service public pour la piscine intercommunale. Je suis le seul candidat à vouloir revoir le dossier de la gendarmerie et l’épée de Damoclès qui pèse sur la ville. Je suis le seul à proposer de rallumer les lumières dans les rues, mais aussi dans le cœur des Lunellois. Je suis le seul à promettre une baisse de la fiscalité, quand en face on propose surtout de maintenir le système en place et de préserver ses avantages.

Gilbert Wayenborgh :
Plusieurs sensibilités politiques se sont exprimées au premier tour. Sur quels points pensez-vous pouvoir rassembler ?

Anthony Belin :
Oui, je pense qu’on peut rassembler. Ce que j’observe, c’est qu’il y a eu plusieurs blocs. Il y a eu l’extrême gauche, la droite unie et ce que j’appelle l’extrême centre. Cet extrême centre a proposé une offre composée de quatre candidats. Deux de ces candidats se sont maintenus et ont fait des choix politiques pour le second tour qui sont ce qu’ils sont.

Parmi les autres, certains partageaient des idées plus ou moins proches des nôtres. D’autres s’étaient engagés contre un système qu’ils dénonçaient dans les médias, notamment sur des sujets comme les radiations sur les listes électorales ou le refus de salles pour organiser des débats et des rencontres avec les habitants. Quelque part, les électeurs de ces listes ont aujourd’hui un choix clair : soit voter pour des candidats qui ont fait des alliances que je dénonce, soit voter pour quelqu’un qui peut réellement faire sortir ce système.

Gilbert Wayenborgh :
Aux électeurs des autres listes, qu’est-ce que vous dites ?

Anthony Belin :
Je leur dis qu’ils ont le choix : soit faire changer Lunel, soit maintenir le système. Soit on remet Lunel sur les rails, soit elle continue à s’enliser. Soit on laisse les mêmes personnes, là depuis une trentaine d’années, continuer à exercer leur pouvoir et préserver leurs avantages dans une logique d’entre-soi, soit on donne une chance à Lunel de se relever.

Gilbert Wayenborgh :
Donc en quelque sorte, vous appelez à un vrai changement.

Anthony Belin :
Oui, à un vrai changement, à une vraie rupture. C’est pourquoi, dans ma communication de ces derniers jours, j’en appelle au vote utile. Il faut se rassembler. Et quel que soit le choix qu’ils ont fait au premier tour, qu’ils soient restés chez eux ou qu’ils aient voté pour d’autres listes, les Lunellois ont l’avenir de Lunel entre leurs mains.

Gilbert Wayenborgh :
Lunel a connu ces dernières années des débats politiques parfois vifs. Comment comptez-vous gouverner la ville et travailler avec les différentes sensibilités ?

Anthony Belin :
Déjà, je trouve que sur cette campagne, il n’y a pas eu de grands débats politiques de fond. On n’a pas assez abordé les idées, les projets, les problèmes réels des Lunellois. Avec mon équipe, nous avons travaillé un programme structuré, chiffré, inscrit dans le temps. Nous avons tenté d’apporter des réponses concrètes aux difficultés exprimées par les habitants.

Je regrette que cette confrontation d’idées n’ait pas été davantage mise en avant. Grâce à Parole de démocratie, nous avons pu détailler pendant plus d’une heure notre programme et notre vision de Lunel, mais dans l’ensemble, le débat public est resté trop centré sur les conflits entre listes plutôt que sur les attentes des habitants.

Si je deviens maire de Lunel, je serai un maire qui décide, un maire qui tranche, un maire qui tient son équipe. Mes équipiers le savent. Nous aurons à répondre aux attentes des administrés, à nous occuper des quartiers oubliés, à reprendre les voiries, les trottoirs, à créer des réseaux de placettes, à traiter ce que les habitants nous ont remonté pendant toute cette campagne. Nous ne serons pas là pour gérer des querelles d’ego ou des guerres intestines. Cela, je ne le veux pas.

Je ne serai pas un maire qui se défile devant ses responsabilités. Quand un choix se présente, je sais dire oui ou non, mais jamais oui et non en même temps. Si les Lunellois me font confiance, je serai un maire à plein temps, au service de leurs problématiques du lundi au dimanche, du matin au soir.

Gilbert Wayenborgh :
Quand on vous écoute, on a l’impression que vous souhaitez beaucoup écouter la population.

Anthony Belin :
Bien sûr. Dans notre programme, nous proposons une mairie mobile qui ira dans les quartiers. Je propose aussi de rétablir des permanences du maire sans rendez-vous. Je serai présent le dimanche matin dans Lunel pour que les habitants puissent venir m’interpeller directement sur leurs problèmes. Nous organiserons aussi des visites de quartier.

Et ce lien direct, nous l’avons déjà pratiqué pendant la campagne. Cela fait plus de six mois que nous faisons du porte-à-porte. Nous avons frappé à environ 3 750 portes. Une fois élus, nous voulons continuer ce travail de terrain. Toutes les deux semaines, nous serons au contact des administrés.

Le porte-à-porte crée une vraie relation de confiance. On a eu des échanges très sincères, parfois avec des gens qui n’étaient pas de notre sensibilité politique, mais avec lesquels nous avons pu parler longuement de Lunel. Ce sont des moments très enrichissants et je veux que cette proximité continue après l’élection.

Gilbert Wayenborgh :
Venons-en à l’Agglo, qui est aussi un sujet important. Quelle stratégie allez-vous défendre à Lunel Agglo ?

Anthony Belin :
Il faudra apaiser le rôle central de Lunel dans cette agglomération. Aujourd’hui, sur fond de querelles, Lunel a perdu la présidence. C’est pour moi une erreur stratégique dont sont responsables les rivalités politiques locales. Je le regrette fermement, parce que Lunel a perdu en influence sur son propre territoire et se retrouve reléguée au rang de spectatrice.

Je ne peux pas l’accepter. Le maire de Lunel devra renouer le dialogue avec l’ensemble des maires du territoire et briguer la présidence de l’agglomération pour impulser une dynamique forte, sur le développement économique, la gestion de l’eau, des déchets, du périscolaire, bref tous les sujets centraux. Cela fait presque trente ans que Lunel n’a pas créé de vraie zone d’activité économique. Cela veut dire trente ans sans création suffisante d’emplois et de richesse sur le territoire.

Gilbert Wayenborgh :
Et pour revenir sur la piscine, qu’en pensez-vous ?

Anthony Belin :
Le projet de piscine peut être contesté, mais il est désormais lancé. À mon sens, on aurait pu réfléchir autrement, peut-être en imaginant d’autres répartitions territoriales. Mais les élus ont fait leur choix, et il faudra l’assumer.

En revanche, ce qui n’est pas acceptable, c’est la délégation de service public prévue pour son fonctionnement. Selon ce qui est annoncé, les associations pourraient devoir payer 40 euros de l’heure pour utiliser une ligne d’eau. Pour Lunel, cela représenterait une charge importante de fonctionnement pour un équipement déjà financé par l’argent public. On va donc faire payer les associations pour utiliser une piscine que les habitants ont déjà payée.

Et en plus, la collectivité continuera à supporter une partie des coûts d’entretien, d’énergie et d’exploitation. En résumé, le contribuable paie la construction, puis continue à payer pendant que l’exploitation bénéficie à un acteur privé. C’est une logique que je refuse.

C’est pourquoi, si je préside demain l’agglomération, je stopperai le processus de délégation de service public. Un équipement financé avec l’argent public doit rester dans le giron du service public. Deux solutions peuvent être étudiées : soit une gestion en régie publique avec les agents compétents, soit la création d’une société publique locale qui pourrait gérer cet équipement mais aussi, à terme, d’autres équipements comme les arènes, le stationnement ou la salle Castel.

Gilbert Wayenborgh :
On arrive au terme de cet entretien. Un dernier message pour les électeurs de dimanche ?

Anthony Belin :
D’abord un message de mobilisation. L’offre s’est clarifiée entre le premier et le second tour : il ne reste plus que trois candidats et le choix est désormais limpide. Les électeurs doivent comprendre qu’ils ont entre les mains l’avenir de Lunel.

Je considère que d’un côté, il y a la continuité du système en place, avec ses alliances, ses arrangements et ses blocages. Et de l’autre, il y a la possibilité d’une alternance franche. J’appelle donc à la mobilisation de tous ceux qui veulent que Lunel se relève. Le choix de dimanche, c’est soit continuer comme avant, soit décider de reprendre son destin en main.

Gilbert Wayenborgh :
Sur ces paroles, on va s’arrêter là. Parole de démocratie pour les élections se termine ici. Je vous invite à aller voter dimanche, de 8h à 18h, pour le candidat de votre choix. Passez un bon vendredi, un bon samedi, et dimanche, allez voter.


Synthèse de l’entretien

Anthony Belin appelle à une rupture politique nette pour Lunel

Dans ce quatrième entretien de Parole de démocratie entre les deux tours, Anthony Belin présente le scrutin du second tour comme un choix clair entre la continuité du système municipal actuel et une rupture politique qu’il dit incarner.

Le candidat estime que le premier tour a exprimé un rejet du pouvoir en place, à la fois envers la maire sortante Paulette Gougeon et envers Stéphane Dalle, qu’il critique pour leurs responsabilités respectives dans les divisions politiques locales. Il insiste aussi sur le poids de l’abstention, qu’il relie au climat de campagne et à la multiplication des listes.

Anthony Belin affirme n’avoir conclu aucune alliance entre les deux tours, mais dit avoir reçu de nombreux soutiens et signaux d’inquiétude venus du tissu associatif, économique et commercial. Il défend plusieurs marqueurs forts de sa campagne : développement économique via une zone d’activité en sortie d’autoroute, baisse de la fiscalité, opposition à la délégation de service public pour la future piscine intercommunale, retour de l’éclairage public et réaffirmation de la place de Lunel dans l’agglomération.

Sur la méthode, il promet une gouvernance plus directe, plus tranchée et plus présente sur le terrain. Il met en avant la création d’une mairie mobile, des permanences sans rendez-vous, des visites de quartier et la poursuite du porte-à-porte une fois élu. Il revendique une relation de proximité avec les habitants, nourrie par plusieurs mois de campagne de terrain.

Concernant Lunel Agglo, Anthony Belin veut redonner à la ville un rôle moteur, jusqu’à viser la présidence de l’agglomération pour peser davantage sur les grands dossiers du territoire.

En conclusion, il appelle les électeurs à se mobiliser massivement dimanche, en présentant ce second tour comme un moment décisif pour « remettre Lunel sur les rails ».