À Lunel, L’Esthète de l’Art accueille les aquarelles d’Anna Pourchot, une artiste passionnée par les oiseaux et leur observation. Derrière la précision de ses œuvres se cache une démarche faite de patience, d’émotion et de sensibilisation au monde vivant. Une exposition qui fait également écho à un projet participatif imaginé par l’association autour de l’Arbre de la liberté.

Des oiseaux observés avant d’être peints

Chez Anna Pourchot, l’oiseau n’est pas simplement un sujet à reproduire. Il est d’abord observé, parfois durant de longues heures, avant de devenir peinture.

Cette passion remonte à son adolescence. Après une interruption, l’artiste l’a retrouvée il y a une vingtaine d’années, multipliant notamment les périodes d’observation sur les étangs. Elle évoque même des nuits passées dehors à suivre les oiseaux et leurs passages migratoires.

Cette connaissance du comportement animal se retrouve dans ses aquarelles. Plumages, becs, attitudes ou instants de chasse sont représentés avec une grande précision, mais Anna Pourchot cherche surtout à restituer quelque chose de plus difficile à saisir : l’attitude et la sensibilité de l’oiseau.

Une technique d’aquarelle particulière

Cette précision tient également à sa manière de travailler.

Contrairement à une approche consistant à humidifier largement le papier, Anna Pourchot travaille progressivement en ne mouillant que la partie qu’elle souhaite peindre. Elle peut ainsi déplacer ses pigments en jouant sur différents degrés d’humidité et de séchage.

Elle utilise également du papier bambou, dont le grain lui permet d’obtenir des détails particulièrement fins.

Le résultat donne à ses oiseaux une présence étonnante. Une fois le travail engagé à partir de ses observations et de photographies, l’artiste explique aussi arriver à un moment où elle « lâche prise » et laisse en quelque sorte l’oiseau prendre possession de la page.

L’art pour attirer le regard sur la fragilité du vivant

Derrière la beauté des aquarelles apparaît aussi une préoccupation environnementale.

Anna Pourchot évoque des espèces en voie de disparition et même un oiseau qu’elle n’a jamais eu l’occasion de revoir. Ses œuvres portent ainsi l’émotion accumulée pendant toutes ces années d’observation.

Son objectif n’est pas tant d’attirer l’attention sur l’artiste que sur la sensibilité des oiseaux eux-mêmes et la fragilité du monde qui les entoure.

Quand l’aquarelle rencontre le haïku

Autre particularité visible dans certaines œuvres : des écritures disposées verticalement.

Anna Pourchot a longtemps travaillé autour du haïku, cette forme d’écriture poétique brève. Le texte peut apparaître pendant ou après la réalisation de l’aquarelle, sans chercher à simplement décrire ce que montre la peinture.

Peinture et écriture restent indépendantes, tout en dialoguant entre elles. La disposition verticale invite aussi le visiteur à s’arrêter pour déchiffrer le texte et, finalement, à prendre davantage de temps devant l’œuvre.

Une rencontre qui tombe au bon moment pour L’Esthète de l’Art

Dans la seconde partie de l’interview de TV Lunel, Patricia Roux, qui anime l’association L’Esthète de l’Art, raconte une rencontre presque évidente avec l’univers d’Anna Pourchot.

L’association travaillait déjà sur un projet autour de l’Arbre de la liberté, situé sur la place, avec l’envie de rendre celle-ci plus conviviale.

De l’arbre sont naturellement venus les oiseaux. Puis le modelage, la peinture et la poésie.

C’est à ce moment que Patricia Roux rencontre Anna Pourchot et découvre ses aquarelles. Les deux projets se rejoignent alors naturellement.

Plus d’une centaine d’oiseaux autour de l’Arbre de la liberté

Le projet va prendre une forme particulièrement originale avec une exposition éphémère autour de l’Arbre de la liberté.

Plus d’une centaine d’oiseaux ont déjà été réalisés en amont. Des ateliers permettront notamment de les peindre, mais aussi de découvrir le modelage et de créer son propre oiseau.

Anna Pourchot animera également un temps autour de la poésie et de l’expression. Les petits textes réalisés pourront éventuellement accompagner les oiseaux installés dans l’arbre.

Mais Patricia Roux insiste sur une dimension essentielle du projet : les ateliers ne sont pas uniquement destinés aux enfants.

« Ce qui est important pour nous, c’est d’accueillir la famille. »

Parents et enfants sont ainsi invités à partager ensemble un moment de création.

Faire entrer de nouveaux publics dans une exposition

Au-delà de l’animation, cette initiative correspond pleinement à l’un des objectifs de L’Esthète de l’Art : permettre à des personnes qui ne fréquentent pas nécessairement les expositions de rencontrer une artiste et de découvrir son travail.

L’exposition consacrée à Anna Pourchot doit rester visible à L’Esthète de l’Art jusqu’au 15 octobre.

Une belle rencontre entre peinture, poésie, biodiversité et création collective, dans laquelle les oiseaux deviennent finalement le fil conducteur entre l’artiste, l’association et les familles lunelloises.

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