Dans cette nouvelle édition de Lunel-Hebdo, Gilles Bonnière-Soto reçoit Ingrid B, artiste peintre autodidacte dont les œuvres débordent de couleurs, d’imagination et de poésie. De ses premiers dessins d’enfant à ses expositions, en passant par un voyage déterminant en Afrique, elle partage son parcours, ses inspirations et sa passion pour la création.
Une passion pour le dessin transmise dès l’enfance
Pour Ingrid B, tout commence dans l’enfance. Sa mère, elle-même passionnée de peinture, lui transmet très tôt le goût du dessin. Crayon en main, la petite fille dessine partout, jusque dans ses cahiers d’école.
Pourtant, ce n’est que vers la vingtaine qu’elle réalise ses premiers tableaux. À cette époque, elle exerce le métier de coiffeuse, sans jamais abandonner son besoin de créer. Dessins, bijoux et autres réalisations manuelles occupent ses moments libres.
Le véritable déclic intervient lors d’un voyage en Afrique. La richesse des couleurs, les rencontres humaines et l’ingéniosité des personnes croisées sur place provoquent chez elle une véritable révélation artistique.
De retour en France, elle décide de se consacrer davantage à la peinture.
Ses premières toiles, exposées dans un restaurant, trouvent rapidement des acquéreurs. Une boutique de décoration montpelliéraine s’intéresse ensuite à son travail. Au début des années 2000, elle ouvre sa propre galerie à Aigues-Mortes, qu’elle conservera pendant cinq ans.
Un univers artistique immédiatement reconnaissable
Au fil des années, Ingrid B développe un style personnel qu’elle rapproche de la figuration libre.
Ses personnages aux grands yeux, ses formes arrondies et ses couleurs éclatantes constituent aujourd’hui une véritable signature.
Dans ses tableaux, on retrouve régulièrement des sirènes, des marins, des baleines, des fleurs exotiques, mais aussi des taureaux, en référence aux traditions du Sud.
La mer occupe une place essentielle dans son inspiration. Passionnée par l’océan et le surf, l’artiste explique que certaines idées surgissent spontanément, parfois lorsqu’elle est dans l’eau, parfois au volant de sa voiture.
Et s’il fallait retenir une couleur parmi toutes celles de sa palette, ce serait sans hésitation le bleu turquoise, omniprésent dans ses créations.
Une artiste autodidacte qui revendique sa liberté
Ingrid B n’a jamais suivi de cours aux Beaux-Arts. Elle a appris seule, en expérimentant les techniques et les matières.
Après avoir commencé avec la peinture à l’huile, elle privilégie aujourd’hui l’acrylique, dont elle apprécie les possibilités et l’intensité des pigments.
Cette liberté artistique n’a pas toujours été comprise. À ses débuts, certaines critiques lui reprochaient de ne pas respecter les conventions picturales.
Mais l’artiste a choisi de poursuivre son propre chemin, sans chercher à se conformer aux attentes.
Pour elle, une œuvre doit avant tout traduire une émotion authentique. La peinture n’est pas une simple recherche esthétique : c’est une manière d’exprimer sa personnalité.
La protection des océans au cœur de certaines créations
Derrière les couleurs joyeuses de ses œuvres se cache parfois un message plus engagé.
Profondément attachée au milieu marin, Ingrid B a notamment réalisé des créations destinées à sensibiliser le public à la pollution des océans.
Marquée par la présence de déchets dans des espaces naturels pourtant isolés, elle a imaginé une exposition intégrant des objets récupérés en mer.
Plastiques, chaussures abandonnées et autres déchets sont ainsi devenus les supports d’une création artistique mettant en scène des poissons malheureux.
Une manière originale de transformer des objets rejetés en supports de réflexion.
L’artiste travaille également sur des sculptures et des statuettes qu’elle personnalise avec son univers graphique. Certaines de ses créations s’inspirent notamment de la Vierge et de Sainte Sara, figure emblématique des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Pendant le confinement, la peinture comme invitation au voyage
L’un des moments les plus touchants de cet entretien concerne une toile réalisée pendant la période du Covid.
Alors que les déplacements étaient limités, Ingrid B ressent le besoin de créer une œuvre évoquant l’évasion.
Elle imagine une grande composition peuplée de personnages féminins, de fleurs exotiques et de toucans. Un univers lumineux, presque paradisiaque, en contraste avec l’enfermement de cette période.
Partagée sur les réseaux sociaux, cette création suscite de nombreuses réactions positives.
Encouragée par ces témoignages, l’artiste réalise également une petite vidéo de ses œuvres installées dans son jardin, offrant au public une visite artistique virtuelle.
Une expérience qui lui confirme combien l’art peut apporter du réconfort et permettre de s’évader, même sans quitter son domicile.
Ingrid B expose au Grau-du-Roi en décembre 2026
En fin d’émission, Ingrid B annonce une nouvelle exposition prévue pendant tout le mois de décembre 2026 à la Villa Parry, au Grau-du-Roi, à proximité de l’Office de tourisme.
Cette exposition fait suite à sa victoire au concours de création de l’affiche des 80 ans de la fête votive du Grau-du-Roi.
Une occasion pour les amateurs d’art de découvrir ses tableaux, ses couleurs et son univers singulier.
L’artiste souligne également l’importance des rencontres avec le public, des échanges et des émotions suscitées par ses créations.
Une rencontre placée sous le signe de la créativité
À travers cet entretien, Gilles Bonnière-Soto nous fait découvrir bien davantage qu’une technique picturale.
C’est le portrait d’une femme passionnée, fidèle à son univers, qui a construit son parcours artistique en suivant son imagination et ses émotions.
Une nouvelle rencontre culturelle à retrouver dans Lunel-Hebdo sur TV Lunel, le média de proximité qui donne la parole aux artistes, aux créateurs et aux personnalités de notre territoire.
Retrouvez l’entretien intégral d’Ingrid B avec Gilles Bonnière-Soto dans la vidéo de cette émission.




