Comment aider un adolescent qui ressent certaines émotions ou stimulations avec une intensité particulière et qui peine à mettre des mots sur ce qu’il vit ? Dans ce nouveau numéro d’Écho des Femmes, Christine Ginel reçoit Olivia Atsio, consultante en communication qui accompagne notamment des adolescents autour de ce qu’elle définit comme l’« ultrasensibilité ».

Une émission consacrée à l’écoute, aux émotions et surtout à la communication entre les adolescents et leur entourage.

Un parcours personnel devenu une méthode d’accompagnement

Pour Olivia Atsio, le sujet est d’abord intimement lié à son propre parcours.

Elle raconte avoir elle-même ressenti dès l’adolescence ses émotions et celles des autres avec une grande intensité, sans toujours parvenir à les comprendre ou à les exprimer.

Son expérience professionnelle auprès d’enfants en situation de handicap pendant plusieurs années lui a ensuite permis d’observer des façons très différentes d’exprimer les émotions : certains enfants peuvent crier, d’autres se mettre en retrait ou encore utiliser des comportements non verbaux.

Un constat l’a particulièrement marquée : il faut savoir s’adapter à chaque enfant.

C’est de cette expérience personnelle et professionnelle qu’est née son activité Cher Olivia, créée il y a deux ans.

Aider les adolescents à mettre des mots sur leurs ressentis

Olivia Atsio accompagne principalement des jeunes âgés de 10 à 17 ans, même si elle reçoit également de jeunes adultes.

Son objectif est de les aider à mieux identifier ce qu’ils ressentent afin qu’ils puissent ensuite le communiquer à leur entourage : parents, enseignants, éducateurs sportifs ou encore professionnels qui les accompagnent.

Dans son approche, l’adolescence constitue une période particulièrement importante parce qu’elle concentre de nombreux changements et apprentissages.

Olivia Atsio insiste également sur un point : elle ne présente pas l’ultrasensibilité comme une maladie, mais comme une caractéristique de la personne qu’il faut apprendre à connaître et à apprivoiser.

Quand les cinq sens influencent la communication

Une grande partie du travail présenté dans l’émission repose sur l’exploration de la sensibilité sensorielle.

Vue, ouïe, toucher, goût ou odorat : selon Olivia Atsio, certaines personnes peuvent être particulièrement sensibles aux informations reçues par un ou plusieurs de leurs sens.

Une simple phrase comme « Range ta chambre » sert ainsi d’exemple tout au long de l’émission.

Pour un parent, le message peut sembler parfaitement banal. Mais l’adolescent peut être sensible à l’intonation de la voix, au langage corporel ou à la manière dont cette demande lui est adressée.

La perception du message peut alors devenir très différente de l’intention initiale.

Olivia compare cette sensibilité à celle d’un « sismographe humain », capable de percevoir de très petites variations.

Comprendre ce qui se passe avant que l’émotion déborde

Lors de ses séances, Olivia Atsio commence par partir d’une situation concrète vécue par l’adolescent.

Elle l’amène ensuite à s’interroger : qu’a-t-il entendu ou observé ? Quelle sensation est apparue dans son corps ? Quelle émotion a suivi ? Et comment a-t-il finalement interprété la situation ?

Cette décomposition doit permettre au jeune de mieux comprendre les mécanismes qui précèdent une réaction de colère, de peur ou de retrait.

L’enjeu est notamment d’éviter l’accumulation de ressentis que l’adolescent ne parvient pas à exprimer.

Car tous les jeunes ne passent pas nécessairement par la parole. Certains peuvent plus facilement communiquer en dessinant, en utilisant des couleurs ou encore en mimant une situation.

Redonner à l’adolescent une place active

Une particularité de l’accompagnement présenté par Olivia Atsio est la place donnée à l’autonomie.

Dans le cadre qu’elle décrit pendant l’émission, elle travaille directement avec l’adolescent et l’encourage ensuite à communiquer lui-même avec ses parents.

Un carnet peut par exemple servir à noter les situations rencontrées entre deux séances : ce qui s’est passé, ce qui a été ressenti et la manière dont le jeune a réussi — ou non — à communiquer.

Ces expériences deviennent ensuite une base de discussion lors du rendez-vous suivant.

L’objectif est progressivement de permettre à l’adolescent de mieux comprendre son propre fonctionnement et de trouver les mots pour expliquer ses besoins.

La famille, mais aussi l’école, le sport et les relations sociales

Les difficultés de communication ne concernent évidemment pas uniquement les relations avec les parents.

L’école, les devoirs, les examens, les relations avec les enseignants et les camarades peuvent également générer des situations difficiles.

Le sport constitue un autre environnement important, avec la compétition, les entraînements et la pression liée aux matchs.

Olivia Atsio explique ainsi vouloir replacer l’adolescent au centre de l’ensemble de son environnement relationnel afin qu’il puisse progressivement mieux communiquer dans chacune de ces situations.

Elle rappelle également qu’elle ne pose pas de diagnostic médical. Lorsqu’une évaluation plus approfondie lui semble nécessaire, elle oriente vers des professionnels compétents.

Des ateliers pour rencontrer d’autres adolescents

En complément des accompagnements individuels, Olivia Atsio organise également des ateliers collectifs répartis en deux tranches d’âge : 10-13 ans et 14-17 ans.

Pendant environ deux heures et en groupes limités à une dizaine de participants, les adolescents peuvent partager leurs expériences.

Cette dimension collective permet aussi de découvrir que d’autres jeunes peuvent rencontrer des situations similaires tout en les vivant différemment.

Une manière, surtout, de rompre le sentiment d’isolement que certains adolescents peuvent ressentir.

Observer et écouter avant de vouloir interpréter

Pour les parents qui s’interrogent, Olivia Atsio propose avant tout deux actions simples : observer et écouter.

Une réaction particulièrement intense ou répétitive ne signifie pas automatiquement qu’un enfant est ultrasensible. Elle peut en revanche constituer une raison de chercher à comprendre ce qu’il vit et, lorsque cela est nécessaire, de demander l’avis d’un professionnel.

Au fil de cet échange avec Christine Ginel, une idée revient ainsi régulièrement : derrière un comportement que l’adulte peut parfois interpréter comme une simple crise d’adolescence peut se trouver un jeune qui ne parvient tout simplement pas encore à expliquer ce qu’il ressent.

Avec ce nouveau numéro d’Écho des Femmes, TV Lunel ouvre donc un espace de discussion autour de la communication avec les adolescents et de la nécessité d’écouter leur manière, parfois très personnelle, de percevoir leur environnement.

À découvrir dans l’intégralité de l’émission Écho des Femmes sur TV Lunel.

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