Une fiction policière, un enquêteur singulier, des énigmes à résoudre et des décors que les Lunellois pourraient bien reconnaître. Avec « Ram Noir », Bélier Noir Productions s’est lancé dans un projet particulièrement ambitieux : réaliser une série de 16 courts-métrages interactifs avec les moyens d’une production indépendante. Sandy Lorenzatti et le comédien Jocelyn Robichon sont venus présenter le projet au micro de Gilbert Wayenborgh sur TV Lunel.
Une série policière où le spectateur mène aussi l’enquête
« Ram Noir » repose sur un principe original : ne pas laisser le public simplement regarder l’enquête, mais lui permettre d’y participer.
La série imaginée par Sandy Lorenzatti, de Bélier Noir Productions, est constituée de 16 courts-métrages. Chaque épisode propose une nouvelle enquête menée par Ram Noir, interprété par Josselin Robichon.
Mais la particularité du projet tient à sa construction interactive.
Chaque enquête est divisée en deux parties. Dans la première, le spectateur découvre la situation, les personnages, les suspects et surtout les différents indices disséminés dans la vidéo.
À la fin de cette première partie, c’est à lui de jouer : il peut observer, chercher les indices et proposer sa théorie dans les commentaires.
Quelques jours plus tard arrive la seconde partie : la solution.
Ram Noir poursuit alors son enquête et révèle progressivement ce qu’il a découvert, permettant au spectateur de vérifier s’il avait vu juste… ou s’il est passé à côté d’un indice.
Des énigmes cachées dans les images
Bélier Noir Productions a cherché à varier les mécanismes utilisés au fil des enquêtes.
Un comportement peut devenir un indice. Un élément du décor peut avoir son importance. Certaines informations peuvent également être cryptées ou prendre la forme de messages codés.
Le spectateur est donc invité à faire ce que beaucoup font déjà instinctivement devant une fiction policière : essayer de résoudre l’affaire avant l’enquêteur.
Cette participation doit également permettre de créer une relation différente entre la série et son public, notamment grâce aux commentaires publiés entre l’enquête et sa résolution.
Lunel devient l’un des décors de « Ram Noir »
Si toute la série n’a pas été tournée à Lunel, la ville occupe une place importante dans la production.
Plusieurs lieux lunellois ont accueilli l’équipe, notamment la mairie de Lunel, les arènes et leur salle des trophées, mais également des commerces.
Les spectateurs connaissant la ville pourront donc s’amuser à reconnaître certains endroits, parfois transformés par les décors et la mise en scène.
Pour Sandy Lorenzatti et Josselin Robichon, ces tournages ont également été rendus possibles grâce à l’accueil des établissements, des partenaires et des personnes ayant accepté de mettre leurs locaux à disposition de la production.
Une manière aussi de découvrir certains lieux familiers sous un tout autre angle, plongés cette fois dans l’univers visuel de « Ram Noir ».
Une production indépendante particulièrement ambitieuse
Derrière les épisodes se cache un projet d’une ampleur inhabituelle pour une production disposant de moyens limités.
Au moment de l’interview, 12 épisodes sur les 16 prévus avaient déjà été tournés.
Au total, Sandy Lorenzatti évoque près de 47 comédiens et une vingtaine de techniciens ayant participé à la série.
Le projet s’est construit progressivement : d’abord les castings et les comédiens, puis les techniciens, les décors et les différents lieux nécessaires aux scénarios.
Avec une contrainte majeure : faire beaucoup avec peu.
Récupération, débrouille et passion
Pour donner une véritable identité à la série sans disposer du budget d’une production professionnelle classique, l’équipe a beaucoup misé sur la récupération et la recherche d’accessoires.
De vieux téléphones à cadran ont ainsi été récupérés dans les familles, tout comme certains vêtements. D’autres éléments des costumes ont été trouvés sur des plateformes de seconde main.
Une démarche qui illustre assez bien l’esprit général du projet : compenser le manque de moyens financiers par la créativité, les rencontres et l’implication collective.
Les journées de tournage n’ont d’ailleurs pas toujours été simples. Certaines se sont prolongées jusque très tard dans la nuit, avec encore de nombreux plans à réaliser.
Sandy Lorenzatti insiste ainsi sur l’importance de l’équipe dans la réalisation du projet : une aventure qui n’aurait pas pu être menée seule.
Ram Noir, un enquêteur avec une certaine légèreté
Le personnage interprété par Josselin Robichon possède également une tonalité particulière.
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une série comique. Le comédien préfère parler de légèreté : Ram Noir peut provoquer le sourire sans nécessairement chercher à faire rire.
Ce décalage permet au personnage d’évoluer dans des situations très différentes.
Car derrière les enquêtes se construit également progressivement son histoire. Au fil des épisodes, le spectateur doit en apprendre davantage sur son passé, ses relations et sa personnalité.
Certains épisodes abordent ainsi des situations plus tendues ou plus émotionnelles, donnant progressivement davantage de profondeur au personnage.
Une diffusion prévue sur les réseaux sociaux
La production était toujours en cours au moment de l’interview, avec quatre épisodes restant à tourner et un important travail de postproduction : montage, mixage et étalonnage.
L’objectif annoncé par Bélier Noir Productions est une diffusion sous la forme d’un rendez-vous régulier.
Le principe envisagé est simple : deux rendez-vous par semaine, avec l’enquête puis sa solution quelques jours plus tard.
« Ram Noir » doit être proposé sur les différentes plateformes de Bélier Noir Productions, notamment YouTube, Facebook, Instagram et TikTok.
En attendant la diffusion des épisodes, des images de tournage, vidéos et bandes-annonces permettent déjà de découvrir l’univers du projet.
Et pour les Lunellois, le jeu pourra donc être double : résoudre les enquêtes de Ram Noir… tout en essayant de reconnaître Lunel derrière les décors de la fiction.



