À plus de 50 ans, Corinne Alonso, habitante de Mauguio, prouve qu’il n’est jamais trop tard pour relever de nouveaux défis. Invitée de l’émission Lunel Hebdo sur TV Lunel, elle est revenue sur son incroyable parcours qui l’a conduite des salles de sport aux podiums européens de bodybuilding, après avoir vaincu un cancer du sein.
Une championne d’Europe au parcours hors du commun
Lorsque Corinne Alonso évoque son parcours, difficile d’imaginer que tout a commencé presque par hasard. Sportive depuis toujours, pratiquant notamment la course à pied et le judo, elle découvre la musculation en observant la transformation physique impressionnante de sa mère, alors âgée de 70 ans.
Quelques mois plus tard, elle pousse à son tour la porte d’une salle de sport. Une décision qui va changer sa vie.
Rapidement, l’envie de compétition refait surface. Compétitrice dans l’âme, Corinne décide en 2024 de se lancer dans le bodybuilding, une discipline exigeante qui demande une préparation physique et mentale particulièrement rigoureuse.
Aujourd’hui, le pari est largement réussi : après avoir décroché un titre de championne de France, elle vient également de remporter le titre de championne d’Europe dans sa catégorie.
Le bodybuilding féminin, bien loin des clichés
Contrairement aux idées reçues, le bodybuilding féminin se décline en plusieurs catégories.
Corinne Alonso concourt dans la catégorie « Bikini Fitness Master », réservée aux athlètes de plus de 50 ans. Cette catégorie privilégie l’harmonie générale du corps, la finesse de la silhouette et l’équilibre musculaire plutôt qu’un développement musculaire extrême.
Sur scène, les concurrentes défilent en maillot, maquillées, chaussées de talons hauts de 12 centimètres et exécutent plusieurs poses imposées devant un jury qui évalue leur présentation physique.
« Je trouve important de conserver une certaine féminité », explique-t-elle durant l’émission.
Une préparation qui bouleverse le quotidien
Derrière les médailles se cache une discipline de tous les instants.
La préparation d’une compétition repose sur trois piliers :
- Une alimentation extrêmement stricte.
- Des entraînements quotidiens.
- Une organisation sans faille.
Pendant plusieurs mois, chaque repas est pesé au gramme près. Sucre, alcool, sel et aliments transformés disparaissent du menu. Les journées sont rythmées par cinq prises alimentaires parfaitement calibrées.
Cette rigueur entraîne également des sacrifices sociaux.
Sorties entre amis, repas festifs ou simples apéritifs deviennent difficiles à concilier avec les objectifs sportifs.
« Je me suis mise dans une bulle pendant plusieurs mois », confie-t-elle.
Une revanche après la maladie
L’un des moments les plus émouvants de l’entretien intervient lorsque Corinne Alonso évoque son combat contre le cancer du sein.
Il y a onze ans, elle affrontait la maladie et les traitements. Dix ans plus tard, elle se retrouve sur scène devant des centaines de spectateurs, en pleine possession de ses moyens physiques.
Pour elle, ces titres représentent bien davantage qu’une simple victoire sportive.
Ils symbolisent une renaissance.
« Il y a dix ans, j’avais cru que j’allais mourir. Aujourd’hui, la vie me sourit », résume-t-elle avec émotion.
Son témoignage constitue un véritable message d’espoir pour toutes les personnes confrontées à la maladie ou à des épreuves difficiles.
La force du mental
Si la préparation physique est essentielle, Corinne Alonso insiste également sur l’importance du mental.
Pour surmonter le stress des compétitions internationales, elle a notamment fait appel à un coach mental afin d’apprendre à se détacher du résultat et à mieux gérer la pression.
Un travail qui lui a permis d’aborder les championnats d’Europe avec davantage de sérénité et de confiance.
Car dans le bodybuilding comme dans de nombreux sports individuels, la victoire se construit autant dans la tête que dans les muscles.
Prochaine étape : les championnats du monde
Grâce à son titre européen, Corinne Alonso est désormais qualifiée pour les championnats du monde qui se dérouleront prochainement en Espagne, à Santa Susanna.
Une nouvelle aventure qui représente à la fois un défi sportif et financier.
Contrairement à de nombreuses disciplines reconnues par le ministère des Sports, le bodybuilding ne bénéficie pas du même niveau d’accompagnement institutionnel. Les athlètes doivent souvent financer eux-mêmes une grande partie de leurs déplacements et de leur préparation.
Pour cette nouvelle échéance, Corinne Alonso pourra néanmoins compter sur le soutien de ses proches, de ses collègues et de tous ceux qui suivent désormais son parcours exceptionnel.
Un message d’espoir pour tous
Au-delà du sport, l’histoire de Corinne Alonso délivre un message universel : il n’est jamais trop tard pour poursuivre ses rêves.
Qu’il s’agisse de reprendre une activité physique, de relever un nouveau défi professionnel ou de reconstruire sa vie après une épreuve, son parcours démontre que la détermination peut ouvrir des portes que l’on pensait fermées.
Une leçon de courage, de résilience et de dépassement de soi qui a marqué cette nouvelle édition de Lunel Hebdo.
