Dans ce nouveau numéro de Lunel-Asso, Gilles Bonnière-Soto reçoit Guy Dumas, président de La Pescalune, l’association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique du secteur de Lunel. Du Vidourle au canal de Lunel, en passant par les brochets, les truites et les impressionnants silures, une émission pour découvrir la pêche locale mais aussi tout ce qui se cache derrière une simple carte de pêche.
Exceptionnellement tournée dans le studio de TV Lunel en raison des fortes pluies annoncées, cette nouvelle rencontre de Lunel-Asso nous emmène paradoxalement… au bord de l’eau.
La Pescalune : bien plus qu’une association de pêcheurs de Lunel
Guy Dumas préside depuis douze ans La Pescalune, une association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique.
Et parler simplement des « pêcheurs de Lunel » serait réducteur : l’association rayonne également sur plusieurs communes environnantes.
Avec 655 cartes de pêche actuellement, La Pescalune rassemble un public très varié, des enfants aux retraités, en passant par des pêcheurs pratiquant différentes techniques ou participant à des compétitions.
La pêche dont il est question ici reste cependant une pratique amateur et associative.
Pêcher, mais aussi protéger le milieu aquatique
Au fil de la discussion avec Gilles Bonnière-Soto, une autre dimension apparaît rapidement : une association de pêche ne s’occupe pas uniquement des pêcheurs.
Elle intervient également sur le milieu dans lequel vivent les poissons.
Les bénévoles peuvent ainsi participer à des opérations de nettoyage et de débroussaillage mais également à l’alevinage, c’est-à-dire l’introduction de poissons dans les cours d’eau.
Une partie de l’argent provenant des cartes de pêche revient à l’association. Guy Dumas l’utilise notamment pour commander différentes espèces : gardons, carpes, brochets ou encore sandres.
Les poissons proviennent notamment de piscicultures, tandis que les truites peuvent venir de la pisciculture de la Fédération de pêche de l’Hérault.
Chaleur et manque d’eau : les pêcheurs aussi observent le climat
La protection du milieu aquatique prend encore davantage de sens avec les épisodes de forte chaleur.
Guy Dumas explique que certains cours d’eau ont particulièrement souffert, allant parfois jusqu’à l’assèchement.
La situation locale a été moins critique, mais lorsque l’eau est trop basse et trop chaude, il n’est évidemment pas question d’effectuer des lâchers de truites.
Toutes les espèces ne réagissent d’ailleurs pas de la même manière : la truite est notamment particulièrement exigeante concernant l’oxygénation de l’eau.
Derrière la pratique de la pêche se trouve donc également une observation permanente de l’état des rivières et de leurs écosystèmes.
Que peut-on pêcher dans le Vidourle ?
Le Vidourle occupe naturellement une bonne partie de la conversation.
Classé en deuxième catégorie dans le secteur, il abrite différentes espèces de poissons.
Gardons, carpes, brochets, sandres et autres poissons blancs peuvent notamment être recherchés selon les secteurs et les techniques utilisées.
Et chaque pêche a ses spécialistes.
Certains recherchent la carpe, d’autres les carnassiers. Il existe également des pêcheurs de compétition, avec du matériel et des techniques spécifiques.
Pour Guy Dumas, l’apprentissage se fait souvent par transmission : on commence jeune, accompagné par un parent ou par quelqu’un qui possède déjà une expérience de la pêche.
Le silure, géant du Vidourle
C’est probablement l’un des passages les plus étonnants de l’émission.
Gilles Bonnière-Soto interroge Guy Dumas sur le silure, impressionnant carnassier présent dans le Vidourle.
Le poisson peut atteindre des dimensions considérables, jusqu’à approcher les deux mètres pour certains spécimens évoqués durant l’entretien.
Sa pêche demande donc un équipement adapté : fil ou tresse résistante, matériel dimensionné et parfois de gros vifs.
Et une fois le poisson au bout de la ligne, l’affrontement peut durer longtemps.
Une heure de combat n’a rien d’impossible : il faut fatiguer progressivement l’animal avant de pouvoir le ramener.
De quoi donner une tout autre image de la tranquille partie de pêche au bord de la rivière !
Quand Guy Dumas retourne son bateau sur le Vidourle…
La pêche produit aussi quelques souvenirs.
Guy Dumas raconte ainsi avec le sourire le jour où il a réussi à… retourner son bateau sur le Vidourle.
Seul à bord, un mauvais déplacement du poids combiné à une manœuvre du moteur suffit à faire basculer l’embarcation.
Heureusement, l’histoire se termine bien. En plein été, Guy rejoint la rive à la nage et ne perd finalement que sa batterie.
Autre souvenir : sa rencontre avec un silure alors qu’il utilisait un équipement qui n’était pas prévu pour un poisson d’une telle puissance.
Cette fois, c’est le poisson qui gagnera : après s’être montré, il finit par casser la ligne.
C’est aussi cela qui plaît aux pêcheurs : on ne sait jamais réellement ce qui se trouve au bout de la ligne.
La pêche, une autre manière de profiter de la nature
Au-delà de la prise elle-même, Guy Dumas insiste sur un autre plaisir : celui d’être dans la nature.
Pêcher, c’est aussi passer du temps au bord de l’eau, observer son environnement et accepter cette part d’incertitude qui accompagne chaque sortie.
Une approche qui explique également pourquoi certains pratiquent la pêche depuis l’enfance et continuent durant toute leur vie.
Carte de pêche : plusieurs formules selon les pratiques
Contrairement au permis de conduire, il n’y a pas d’examen à passer pour obtenir une carte de pêche.
Plusieurs formules existent en fonction de l’âge, de la durée ou du territoire sur lequel on souhaite pratiquer.
Guy Dumas évoque notamment une carte permettant de pêcher dans de très nombreux départements français, mais également des formules destinées aux jeunes ou des cartes de courte durée.
Pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec Internet, le président de La Pescalune continue également à accompagner personnellement les pêcheurs dans leurs démarches.
Canal de Lunel, Vidourle, BRL : attention à la réglementation
La fin de l’émission permet également de découvrir une particularité du territoire lunellois : tous les lieux de pêche ne sont pas soumis exactement aux mêmes règles.
Guy Dumas évoque notamment le canal de Lunel, le canal du Rhône à Sète, le Dardaillon, le Vidourle ou encore le canal BRL.
Le canal de Lunel constitue notamment un secteur particulier où la carte de pêche n’est pas exigée selon les explications données dans l’émission.
Sur le canal BRL, en revanche, la pêche est normalement interdite. L’association a pu y organiser des concours après avoir obtenu une autorisation spécifique et une convention.
Autrement dit, avant de sortir les cannes, mieux vaut se renseigner sur la réglementation applicable au secteur choisi.
La Pescalune accueille aussi les nouveaux pêcheurs
Avec environ 655 cartes de pêche, l’association conserve une communauté importante, même si Guy Dumas se souvient d’une époque où elle dépassait le millier.
Et il n’est pas nécessaire d’être un pêcheur chevronné pour s’intéresser à l’association.
Débutants, jeunes pêcheurs ou pratiquants expérimentés sont les bienvenus.
À travers cette rencontre avec Guy Dumas, Lunel-Asso montre ainsi une nouvelle facette du tissu associatif local : celle de passionnés qui pratiquent leur loisir tout en participant à la connaissance et à la préservation des milieux aquatiques autour de Lunel.
Une bonne occasion, peut-être, de regarder différemment le Vidourle et les canaux qui entourent notre territoire.
