Pour sa première émission de rentrée, Lunel Hebdo reçoit Olivier et Nicolas, les deux passionnés à l’origine de l’association We Rock et du Just’N Fest. Les 2 et 3 octobre 2026, le festival metal et hard rock retrouvera la salle René-Valette à Saint-Just pour une nouvelle édition qui confirme son ancrage dans le territoire lunellois.
Il y a des projets qui naissent autour d’une table, d’autres d’un dossier soigneusement préparé. Le Just’N Fest, lui, est parti d’une phrase lancée presque comme un défi : « Si vous n’êtes pas contents, faites ! »
Olivier et Nicolas l’ont prise au mot.
Invités de Gilles Bonnière-Soto dans Lunel Hebdo, ils racontent comment deux voisins de Saint-Just, réunis par leur passion pour le rock et le metal, ont fini par créer un festival dont la notoriété dépasse aujourd’hui largement les limites du village.
Deux parcours différents, une même passion pour la musique
Chez Olivier, la musique est présente depuis l’enfance : piano, solfège, flûte traversière, puis guitare et composition. Une culture musicale également transmise par son père, amateur de Beatles, Rolling Stones ou Led Zeppelin, qui l’amènera progressivement vers le hard rock et le metal.
Le parcours de Nicolas est différent, mais avec un point commun : là encore, la musique est une histoire de transmission familiale. Pink Floyd, The Who, puis Nirvana et d’autres univers plus rock ou alternatifs vont progressivement construire ses goûts musicaux.
Le hasard fera le reste : devenus voisins à Saint-Just, ils commencent à fréquenter ensemble les concerts, jusqu’au Hellfest. Et c’est finalement une discussion avec un élu du village qui va servir de déclencheur.
Alors qu’ils s’interrogent sur la place du rock dans les manifestations locales, la réponse tombe : pourquoi ne pas organiser eux-mêmes leur événement ?
Le défi est relevé.
De We Rock au premier Just’N Fest en neuf mois
Les compétences des deux hommes se complètent. Nicolas possède une longue expérience du monde associatif tandis qu’Olivier connaît davantage l’univers musical et travaille professionnellement dans le web et le graphisme.
Ils créent alors l’association We Rock en janvier 2019. Quelques mois plus tard, en octobre, la première édition du festival voit déjà le jour à la salle René-Valette.
Neuf mois seulement auront été nécessaires pour passer de l’idée au premier festival.
Dès le départ, les organisateurs choisissent une programmation progressive. Le premier groupe joue un rock plutôt psychédélique, puis les sonorités deviennent progressivement plus puissantes jusqu’au metal.
Une manière de faire découvrir cet univers musical à un public qui n’en possède pas nécessairement les codes.
Faire tomber les clichés autour du metal
C’est aussi l’un des fils rouges de l’entretien.
Le metal souffre encore d’une image parfois caricaturale : musique violente, public inquiétant, nuisances ou débordements. Olivier et Nicolas racontent au contraire un festival où se côtoient des publics très différents et une communauté particulièrement attentive aux autres.
Lors de la première édition, les organisateurs avaient même distribué aux voisins de la salle une enveloppe contenant des bouchons d’oreilles… accompagnés d’une invitation à venir découvrir le festival.
Depuis, les éditions se succèdent sans incident majeur ni plainte du voisinage, expliquent les deux organisateurs.
Au fil des années, le Just’N Fest a ainsi trouvé sa place à Saint-Just et bénéficie d’un soutien local plus important.
Un festival qui fait aussi vivre le territoire
L’événement dépasse désormais le simple cadre musical.
L’arrivée des festivaliers génère de l’activité pour les commerces et les hébergements, y compris au-delà de Saint-Just et sur le territoire de l’agglomération.
Le festival s’appuie également sur une équipe de bénévoles désormais bien rodée. Billetterie, bar, décoration, logistique, communication, sécurité : derrière les concerts se cache une organisation beaucoup plus importante que ce que le public imagine parfois.
Et le travail recommence presque immédiatement après chaque édition.
Après une dizaine de jours pour souffler, les organisateurs se remettent à chercher les groupes de l’année suivante. Certains artistes doivent d’ailleurs être réservés un, voire deux ans à l’avance.
Le défi du financement des festivals associatifs
L’émission permet également d’aborder une réalité moins visible : le financement.
Pour une association, monter un festival signifie rechercher des partenaires, déposer des demandes de subventions et constituer des dossiers administratifs de plus en plus complexes.
Une charge particulièrement lourde pour des organisateurs qui exercent parallèlement leur activité professionnelle.
À cela s’ajoutent les cachets des artistes, les transports, l’hébergement, les contraintes techniques et l’ensemble des dépenses nécessaires à l’accueil du public.
C’est aussi ce qui limite, pour le moment, la possibilité d’accueillir les très grands noms du metal : derrière le cachet d’un groupe international se trouvent toute une équipe et des exigences techniques et logistiques considérables.
Just’N Fest 2026 : rendez-vous les 2 et 3 octobre à Saint-Just
Pour cette nouvelle édition, We Rock donne rendez-vous aux amateurs de rock, hard rock et metal les vendredi 2 et samedi 3 octobre 2026 à la salle René-Valette de Saint-Just.
Au-delà des concerts, le Just’N Fest propose tout un univers autour de la culture rock : marché rock, scène off, merchandising, stands, food-trucks, animations et jeux.
Une nouvelle édition qui montre qu’un festival né de la passion de quelques bénévoles peut, année après année, devenir un rendez-vous identifié bien au-delà de son village.
Et peut-être donner envie à ceux qui pensent encore que « le metal, ce n’est pas pour moi » de pousser pour la première fois la porte de la salle René-Valette.
À découvrir dans Lunel Hebdo sur TV Lunel : l’entretien de Gilles Bonnière-Soto avec Olivier et Nicolas de We Rock.
